I.oi du 8 juillet 1890 sur les <lélégués mineurs (art
Art. 2(> du décret du 10 lévrier 1892 (cha[)itre relatif aux carrières);
Titre IV du projet de <lécret du 20 juillet 1896 ;
Chapitre de ce recueil, relatif aux procès-verbaux de visite ^les mines;
Cliapitre de ce recueil, relatif a\i travail des fenimcs ci des enfants dans les manufactures, notanmient la loi du 2 novembre 1892 (art. i5), le décret du 21 avril 1893 et les circulaires des 24 et 20 avril 1893 ;
Ag*uillon, n®"* (>1(> et suiv. et 917 ;
Férauil-Giraud : Observations sur la constatation des intractions aux lois et règlements sur les mines (Jl. />., 1889,193).
S septembre 1S33.
Circulaire .
Secours eu cas d’accidents,
Monsieur le Préfet, les articles i5 et 16 du décret du 3 janvier i8i3 ont prescrit des dispositions qui tendent à assurer aux ouvriers mineurs tous les secours nécessaires, lorsqu’ils sont victimes des accidents auxquels ils sont si souvent exposés. Aux termes de ces articles, les exploitants doivent entretenir sur leurs établissements des médicaments et des moyens de secours. Ils doivent aussi entretenir à leurs frais un chirurgien, lorsque leur entreprise a de l’importance et qu’ils occupent un nombre notable d’ouvriers. Un seul chirurgien peut être attaché à
IIECÜÊII^ METIlODlQtJE
plusieurs établissements à la fois si ces établissements se trouvent rapprochés. Son traitement est alors à la charge des propriétaires dans la proportion de leur intérêt.
Je vous invite à vous faire rendre compte, par M. l’Ingénieur en chef des mines, de la manière dont ces dispositions importantes ont été et sont exécutées dans votre département, et à m’adresser, avec le rapport de cet ingénieur, vos observations particulières.
septembre IHTS.
Circulaire. — Procès-verbaux d’accidents de mines
et de contraventions.
(yt. M., 1872, 116).
Le ministre ])rie les préfets d’inviter les injçénieurs à tenir TAdininistration au courant des décisions judiciaires intervenues à la suite de procès-verbaux de contravention (i).
2? Juillet 1877.
Circulaire. — Révision des instructions relatives aux soins à donner aux ouvriers mineurs en cas d’accidents.
En prévision de la révision de ces instructions, le ministre prie les préfets d’inviter les exploitants à fournir des renseignements sur la nature des maladies et des accidents spéciaux observés chez les ouvriers minevirs, sur les moyens mis en usage pour y porter remède, et sur les précautions prises pour les prévenir.
(i) Sur le même point, voir la circulaire du 6 juillçl 1881 et celle du 19 juillet
HK I-K<;iSr.ATI(>IV MINÉKAI.K
6 Juillet IHHl,
Circulaire.
Procès-verbaux d'accidents
Monsieur le Prélet, les procès-verbaux qu’aux termes de l’art. i3 du décret du 3 janvier i8i3, les ingénieurs des mines sont tenus de dresser, à la suite des accidents arrivés dans leur sous-arrondissement, ont un double objet : Tun est de provoquer l’action administrative, si les circonstances de Taccident semblent la rendre nécessaire ; l’autre, d'éclairer la justice sur la question de responsabilité, qu’on ne peut bien apprécier, dans la plupart des cas, sans être initié aux détails de l’exploitation. C’est pour ce motil* que l’art. î2i dudit décret prescrit aux ingénieui's de transmettre immédiatement leurs j)rocès-verbaux, d’une part, à l’autorité administrative, et, d’autre part, à l’autorité judiciaire.
J’ai pu constater cependant que cette prescription n’était pas toujours exactement suivie ou comprise, dans son es[)rit, comme elle devait l’étre.
En premier lieu, la célérité, si nécessaire en pareille matière, et dont l’art. 21 lait une obligation, laisse trop souvent à désirer. Les ingénieurs ne doivent pas oublier (jue si l’exploitant néglige de les avertir aussitôt qu'un accident grave est arrivé, il commet une véritable contravention aux art. ii et 1*2. Il est donc important que le procèsverbal mentionne la date de l’avertissement et la date à laquelle l’ingénieur l’a reçu.
L’art. Il n’oblige l’exploitant à donner connaissance au maire de la commune et à l’ingénieur des mines que des accidents qui auraient occasionné la mort ou des blessures graves k un ou plusieurs ouvriers. Ces expressions de blessiu'es g'rcwes ont paru k quelques ingénieurs nécessiter une définition. On coin|)rend qu’il est impossible de la formuler d’une manière précise ; mais dans tous les cas où le médecin hésitera k se prononcer sur la gravité des conséquences possibles de l’accident, l’exploitant devra le considérer comme grave et en donner avis k l’autorité administrative (î2).
Une fois averti d un accident, l’ingénieur, ou, k son défaut, le garde-mines, doit se rendre sur le lieu de l’événement et, sa visite laite, rédiger le procès-verbal.
Ce document doit être l’exposé circonstancié des faits mis en évi-
(1) Voir le chapitre relatif à la réglemeiitalion des appareils à vapeur.
(2) <c Sera réputée blessure ^rave toute lésion qui xiaraîtra de nature a entraîner soit la mort, soit une incapacité de travail j^erinanente, absolue ou jjartielle, ou une incaj)acité tenn>oraire de x^lus de 3o jours. » (Art. 28 du x>rojet de décret du 25 juillet 1895.)
UKGUKir. MÉTHODIQUE
dence pai* renquete ; les conclusions à tirer, tant au point de vue adniinistratif que judiciaire, des faits constatés dans le procès-verbal ont leur place naturelle dans les avis qui viennent à la suite. J’ai remarqué que, trop souvent, les ingénieurs, lorsque les procès-verbaux ont été dressés par les gardes-mines, se bornent à les viser ou à les approuver purement et simplement (i). La séparation que je viens d’indiquer, entre le procès-verbal proprement dit et l’avis motivé, leur i*appellera le rôle qui leur appartient spécialement à cet égard.
Enliii, je ne saurais tro2) recomniander aux ingénievirs d’examiner avec le plus grand soin, lorsqu’un accident se j^roduit, les conditions générales de l’exploitation, de saisir l’Adininisti'ation de toutes les observations et ])ropositions que l’événement j^eut leur suggérer. J’aj)pelle à cet égai’d leur attention j)articulière. sur les accidents qui ont leur origine dans une inllammation de grisou. Ces deiTiiers, par les indications qu’ils fournissent sur l’état de la mine, et à raison des mesures de j)récaution qu’ils j)euvent nécessiter, doivent, dans tous les cas, être considérés comme pouvant compromettre la sûreté des travaux, et, conformément à l’art. 12, être l’objet d’une enquête administrative et donner lieu à la rédaction d’un i^rocès-verbal. J’ajoute qu’à toute inflammation de grisou survenue dans une mine, l’ingénieur des mines doit rédiger un rapport sj)écial et circonstancié sur les conditions d’aérage de ladite mine, en mentionnant la profondeur de rexj:>loitation, le nombre d’ouvriers, le chiffi'e d’extraction, et en y consignant, le cas échéant, ses propositions sur les modifications que peut réclamer un état de choses reconnu vicieux ou dangereux.
Des observations analogues s’appliquent au cas d’incendie. Un rapport spécial et circonstancié devrait être également rédigé à l’occasion de tout accident jDroduit 2)ar la dynamite, dont certains eflèts, encore mal définis, réclament une étude attentive.
Les procès-verbaux, contrairement à la procédure actuellement suivie, doivent toujours être transmis par l’entremise de l’ingénieur en chef, qui les adressera, le jdIus tôt possil>le, avec son avis personnel, au procureur de la République et au j^réfet, et qui devra, de suite, leur donner avis en cas de retard nécessité par l’enquête.
Sur la copie destinée à l’Administration, les ingénieurs ajouteront, s’il y a lieu, à la suite du j)rocès-verbal, un paragraphe spécial indiquant les mesures qu’ils proposent j30ur jDrévenir le retour d’accidents de même nature.
Je vous recommande. Monsieur le Préfet, de vouloir bien, de votre coté, me transmettre, dans le plus bref délai, avec vos observations, s’il y a lieu, le double de chaque procès-verbal qui vous est adressé par l’ingénievir en chef des mines. C’est à celui-ci qu’il aj)partient ensuite, aux termes de la circulaire du f23 se23teinbre 1872, de tenir mon administration au courant des décisions judiciaires intervenues.
(i) Voir la circulaire du 3o avril i883.
DK KKdISKA TION MIXKUAKK
Dans la plupart des cas, il sullira de faire connaître la date des jugements et les pénalités prononcées.
Pour les accidents ou contraventions dont les suites judiciaires présentent un intérêt spécial, en raison de leur gravité ou du désaccord sur 1 appréciation des responsabilités, les agents du service des mines prendront, autant que possible, copie des jugements dans les greüés, en prolitant lie leurs tournées i*égleinentaires ( i ).
AYril
Circulaire. — Accidents survenus à Pextérieur des mines.
Monsieur le Préfet, la ejuestion de l’intervention du service des mines, en ce qui touche les accidents (jui se produisent sur les exploitations de mines, en dehors des travaux souterrains, a été récemment soulevée par les ingénieurs de deux arrondissements minéralogiques comprenant des districts miniers des plus importants.
J’ai soumis cette question au Conseil général des mines, et, d’accord avec ce Conseil, je considère qu’il résulte des articles ii et i3 du décret du 3 janvier i8i3 que les ingénieurs ont à intervenir, pour la constatation des accidents survenus dans les mines on dans leurs dépendances immédiates^ toutes les fois que lesdits accidents; soit dans les travaux souterrains, soit à l’extérieur, proviennent du fait même de l’exploitation. Ainsi, leur intervention est strictement réglementaire lorsqu’il s’agit d’accidents occasionnés par la manœuvre, sur le carreau de la mine, d’engins destinés à l’extraction ou au transport des minerais, puisque cette manœuvre constitue, avec les travaux souterrains, un ensemble indivisible pour l’exploitation de la mine. Mais il n’en est pas de même pour les accidents qui se produisent dans les usines affectées a la fabrication du coke ou des agglomérés, lesquelles sont complètement distinctes de l’exploitation de la mine.
Kn définitive, les ingénieurs doivent, conformément aux articles susmentionnés du décret de i8i3, constater, par procès-verbaux, les accidents survenus dans les mines ou dans leurs dépendances, même à la surface, lorsque ces accidents résultent du fait de l’exploitation.
(i) Voir la circulaire du 19 juillet 1882.
RF.CUKII. MÉTHODIQUE
lO juillet 1 8H3.
Procès-verbaux d’accidents de mines ou de carrières et de contraventions. — Motifs du classement sans suite. — Avis à donner par les parquets aux ing^énieurs des mines
31 Jani^ier 1S83*
Circulaire. — Révision de l'instruction relative aux secours à donner aux ouvriers mineurs en cas d’accidents. — Envoi de l'instruction.
Monsieur le Préfet, aux tenues de l’article i5 du décret organique du 3 janvier i8i3, concernant la surveillance et la police des mines, les exploitants doivent se conformer à une instruction règlementaire approuvée par rAdininistration, et indiquant les moyens les plus propres à conjurer les dangers qui menacent trop souvent la santé ou la vie des ouvriers mineurs.
L’instruction du docteur Salmade, actuellement en vigueur, datant du 9 février de ladite année i8i3, il a paru qu’a raison des progrès accomplis depuis lors par la science médicale, il y avait lieu de procéder à sa révision. Dans ce but, il a été fait appel aux lumières de l’Académie de médecine qui, à la suite d’une enquête prescrite par l’un de mes i3rédécesseurs en vue de recueillir certains renseignements spéciaux demandés par ladite Académie, a adopté un projet d’instruction rédigé et présenté, au nom de la section d’hygiène publique, par M. le docteur A. Proust.
J’ai décidé, conformément à l’avis du Conseil général des mines, qu’il convenait de substituer cette nouvelle instruction à celle du docteur Salmade, et j’ai l’honneur de vous en envoyer, avec la présente, un nombre suffisant d’exemplaires pour être distribués à chacun des exploitants de mines de votre département. En leur adressant cette instruction,
(i) Voir la circulaire du 6 juillet 1881 (in fine).
niî r.i-;oisi>ATi<>N minkkalk
je vous prie, Monsieur le Préfet, <le leur faire remarquer qu’elle est
terminée par un résumé des principaux moyens qui doivent être conseillés
en cas d’accident dans les mines. (Test là, comme le dit la section d’hygiène publitpie, une sorte d’instruction populaire qu’il serait utile de répandre à un grand nombre d’exemplaires, et d'allicher partout dans les galeries de mines, de telle fa<,‘oii ([ue les ouvriers l’eussent toujours à leur disposition. \’c>us voudrez bien aussi appeler particulièrement l'attention des dits exploitants sur les prescriptions relatives à la composition do la boite de secours et aux médicaments qui doivent se trouver auprès des mines.
Instruction sur le caractère des accidents auxquels sont exposés les ouvriers mineurs et sur la nature des secours qui doivent leur être donnés, par M. le docteur A. Proust, au nom de la Commission d’hygiène publique de l’Académie de médecine.
OBSERVATIONS RRÉLIMIN AIRES.
Depuis le 9 février i8i3, époque à la([uelle le docteur Salmade a réiligé l'instruction concernant les accidents dans les mines, les conditions sanitaires des ouvrici's, notamment dans les houillères, se sont notablement améliorées.
Aujourd'hui, la descente dans les travaux s'opère à l’aide de bennes, généralementj guidées, et non plus par des échelles. Les galeries de roulage sont vastes. Le traînage s’ell'ectue par des chevaux ; l’aération est faite par des moyens puissants; et les plans de l’exploitation, relevés exactement, permettent de savoir oii l’on est et oii l’on va.
Ces améliorations ne sont cependant pas générales, et il est permis de dire que, même dans les mines les mieux tenues, les plus habilement dirigées, les ouvriers sont encore exposés à des causes nombreuses d’accidents et d’insalubrité.
La température élevée des mines profondes ou enllammées, la fumée, les gaz méphitiques et surtout le grisou sont des menaces de danger qui n’ont pas été supprimées et contre lesquelles, aujourd’hui comme il y a soixante ans, il faut être en garde.
De nos jours, des catastrophes terribles, où 3oo hommes ont péri en un instant, nous rappellent qu’il faut toujours veiller. Si quelques progrès ont été réalisés, il reste beaucoup à faire.
L’instruction présente, qui est destinée à remplacer, ou du moins à compléter celle du docteur Salmade, en conservera le cadre. Elle est destinée aux directeurs des mines et à leurs préposés, afin qu’ils puissent donner les px*emiers secours. Ces soins doivent être d’autant plus prompts que les accidents entraînent quelquefois la mort avant l’arrivée du médecin.
UKCUKir. METHODIQUE
4io
Il serait donc utile que les médecins attachés aux mines fissent, par an, deux ou trois conférences aux chefs mineurs, presque toujours appelés les premiers au moment des accidents. Ces conférences seraient suivies de quelques exercices pratiques, destinés à apprendre les pansements et à donner des indications sur le maniement des blessés, sur la façon d’employer les médicaments et les instruments que doit contenir la boîte de secours, et surtout sur la manière de pratiquer la respiration artificielle. Grâce à ces divers moyens, l’instruction aura toute son ellicacité.
ASRMYXIE.
L^'air que l’on respire à l’intérieur des mines présente une composition qui varie, non seulement d’une houillère à une autre, mais encore dans la même, suivant des circonstances multiples. On peut afiîrmer toutefois qu’il ne présente jamais la composition normale.
D’après une analyse que fit autrefois Moyle de l’atmosphère de quelques mines du duché de Cornouailles, l’air ne renfermait que 17 parties d’oxygène, au lieu de 121, et o,oo85 d’acide carbonique, au lieu de o,ooo5 (en volume). De nos jours, ^I. Tournaire, ingénieur en chef des mines, résume ainsi son opinion sur ce point :
« L’air se charge dans la mine de beaucoup plus d’acide carbonique que la respiration des hommes et des animaux, la combustion de la poudre et des lampes, n’en auraient pu produire; et la proportion de l’oxygène y est inférieure constamment à celle de Tair normal. »
On respire donc mal dans les mines, comme le témoigne d’ailleurs l’expérience suivante : Un homme de trente ans, par une température de 10 degrés et une pression barométrique de 761, respire vingt et une fois par minute. Il descend dans un puits de 5oo mètres de profondeur; à l’intérieur des travaux, la température est de 3o degrés, la pression de 778, il respire trente-six fois par minute.
Outre sa pauvreté en oxygène^ sa richesse en acide carbonique, l’atmosphère des mines contient des gaz provenant de la décomposition des matières végétales et animales. Les couches de houille exhalent des gaz carburés ; enfin les incendies, les explosions de grisou produisent des fumées, de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone. Nous allons passer en revue ces différentes causes d’asphyxie dans les mines.
Grisou. — Le grisou est un mélange de gaz, dont la composition, variable selon les mines, se rapproche de la formule suivante :
Hydrogène protocarboné 80
Hydrogène bicarboné 2
Gaz divers (azote, acide carbonique) 18
Le grisou, quand on l’enflamme, brûle avec une belle flamme bleue ; mélangé à l’air dans certaines proportions, il devient explosible ; à la dose de 6 pour loo, il commence à être dangereux; à 10 pour 100, son
niî ï.lîfllSI.ATION MINKKAI.K
4ll
pouvoir explosible est à son niaxiinnn ; il diminue ù i(i pour loo, et dis-paraît à 3o pour loo.
I^a détonation du grisou développe une pression d’environ 6 atmosphères, puis les gaz, qui sont à ce moment à une température très élevée, se refroidissent facilement ; la vapeur d’eau, résultant de l’explosion, se condense ; il se fait alors un retrait que l’on peut évaluer à 20 pour 100 du volume primitif, retrait qui appelle l’air extérieur avec une grande violence. Aussi, lorsqu’une explosion de grisou a lieu dans une mine, il se produit, suivant la quantité de gaz qui a détoné, des désordres plus ou moins graves qu’on peut résumer ainsi :
llrùlu res, production de gaz délétères, courants d’air d’une extrême violence, qui bouleversent les travaux et renversent les ouvriers.
Pniissicr*es charbonneuses. — Dans les mines sèches, les galeries sont remplies de poussières de charbon, provenant de l’abatage de la houille dans les tailles et du piétinement des hommes et des chevaux. Ces poudres, soulevées et suspendues dans l’air, sont explosibles ou tout au moins inllainmables. Une détonation de grisou a lieu; la pression considérable qui en résulte fait tourbillonner les poussières, qui prennent feu à leur tour ; cette nouvelle explosion agit comme la première et lui fait suite en gagnant de nouvelles galeries, dont elle soulève et enllainme les poussières. C’est ainsi que l’orage s’alimente en marchant, et ravage tous les travaux.
Après rex[)losion, on trouve dans la mine, sous les bois de soutènement, des croûtes légères de coke (jui indiquent qu’il y a eu du charbon brûlé. D’après Tanalyse de ces croûtes, on a pu calculer qu’un kilogramme de poussières soulevées et enflammées a dégagé 6i grammes de gaz, c’est-à-dire 84 litres (pour une tonne, 84-ooo) à la température et à la pression ordinaires ; mais ce volume a été considérablement amplifié par rignition. On juge par là de la terrible puissance destructive d’une explosion de grisou dans une mine sèche poudreuse.
Nous citerons comme exemple les terriljles catastrophes qui ont eu lieu, en novembre 1871, et en février 187O, au puits Jabin, de Saint** Ktienne. L’oxyde de carbone semble ici avoir été la cause de la mort de 18G ouvriers dans un cas et de 70 dans l’autre.
Acide carbonique . — L’acide carbonique existe dans l’atmosphère des mines en proportion plus considérable que dans l’air normal. Quelquefois il s’accumule dans les travaux en grande quantité ; grâce à sa pesanteur, il occupe la partie inférieure des galeries, souvent a une hauteur de plusieurs centimètres ; quelquefois il les remplit tout entières. Suivant certains auteurs, il serait exhalé par les couches exploitées. Ce qui est certain, c’est que les incendies le produisent ; enfin, il peut avoir pour origine des gîtes calcaires qui circonscrivent les couches houillères et communiquent av’^ec les travaux jjar des failles.
Dans une mine du Gard, on a observé, non pas une explosion, mais une expansion de gaz carbonique qui a bouleversé les travaux et tué
les ouvriers qui s’y trouvaient. A part ces cas exceptionnels, l’acide carbonique est un gaz qui, bien que dangereux, puisqu’il est irrespirable, produit peu d’accidents, parce que, grâce à son poids spécifique élevé, il occupe les parties basses, éteint les lampes et décèle ainsi sa présence. Les ouvriers le connaissent et s’en méfient.
Fumées. — Quand un incendie se déclare dans une mine, la fumée envahit les travaux voisins et même quelquefois les travaux des étages supérieurs et inférieurs; elle est très dangereuse parce qu’elle contient presqvie toujours une forte proportion d’oxyde de carbone, et tue très promptement les ouvriers qui la respirent.
Travaux abandonnés, — L’air des travaux abandonnés est assurément fort dangereux ; les animaux qu’on y plonge périssent rapidement. On a cru d’abord que c’était à la présence de l’acide carbonique qu’il fallait attribuer cette inlluence nocive ; mais il paraît démontré aujourd’hui que cet air vicié est presque complètement privé de gaz oxygène, qui a été détruit par la putréfaction de matières végétales et animales.
Coups d'eau. — A une époque déjà lointaine, les ouvriers mineurs étaient exposés aux accidents résultant des coups d’eaux et notamment à l’asphyxie par submersion. L’exploitation pénétrait dans de vieux travaux pleins d’eau, dont on ignorait l’existence ou tout au moins la position exacte; l’irruption de l'eau faisait alors, suivant sa masse, des dégâts plus ou moins terribles. Aujourd’hui que, dans toutes les mines, on possède des plans exacts des galeries et des travaux, ces accidents sont devenus très rares et ne seront qu’exceptionnement observés dans la suite. Maintenant donc, il nous semble que l’asphyxie par submersion, grâce à la bonne tenue des exploitations, ne doit plus guère être rangée parmi les accidents des mines.
Traitement de V aspliy^xie. — Que l’asphyxie soit produite par le manque d’air, par la fumée, l’acide carbonique, etc., elle est toujours facile à reconnaître. Il y a cessation subite de la respiration, des battements du cœur, du mouvement et de toutes les fonctions sensitives ; le visage se gonfle et se marque de tâches rougeâtres, les yeux deviennent saillants, les traits se décomposent et la face est souvent livide.
Quelle que soit la cause de l’asphyxie, elle réclame les mêmes secours immédiats.
« L’indication à remplir dans le traitement de l’asphyxie est de four- « nir l’oxygène qui manque, de cliercher à régénérer le sang, et de faire « que les globules qui ne sont pas encore complètement morts puissent « de nouveau absorber de l’air et le porter dans l’organisme. » (Cl. Bernard.)
1° On soustraira l’asphyxié à l’action des gaz délétères ; on le transportera en plein air ou dans un lieu bien aéré.
12® On lui proj ettera avec force de l’eau froide sur la figure, comme on a coutume de le faire pour les personnes en syncope, afin de provo-
)K MÎOISI-ATION MIXKItAI.E
quer un spasme du diaphra{r,ue, qui se traduit par une espèce de lioquet, et qui est l’indice (jue la res{)iration reprend son cours.
30 On excitera la membrane pituitaire avec un (lacon d’acide acétique ou d’ammonia(pie mis sous le nez.
4“ ()n déshabillera l’asphyxié, et on lui fera rapidement quelques aspersions sur tout le corps.
50 Immédiatement après, on fera des frietions longtemps continuées sur toute la surface du corps et notamment sous les clavicules.
« Cl est la tjue les nerfs restant plus longtemps impressionnables « peuvent réagir plus directement sur les mouvements respii'atoires. » (Cl. Bernard.)
(>® T.I asphyxié étant couché sur le dos, une personne placée en avant de l’asphyxié, et, pour ainsi dire, à cheval sur lui, élèvera et abais.sera successivement les membres supérieurs, de façon à rétablir une respiration artificielle.
Le moyeu suivant doit également être recommandé : on pratiquera des pressions intermittentes sur la ])oitrine.
Pour cela faire, on se placera à cheval sur le patient, les deux genoux touchant chacun l’une des hanches; on appliquera les mains sur le thorax (la droite sur le cdté gauche, la gauche sur le coté droit), les doigts autant que possible logés dans les espaces intercostaux pour stimuler les muscles qui les remplissent.
Après cinq ou six pressions, on s’arrêtera pour observer si la respiration s’est rétablie : cette manœuvre doit être continuée longtemps ; des frictions sur les membres sont faites concurremment par d’autres personnes.
L’oxygénation du sang étant le but que l’on doit se proposer, on devra se servir d’un des nombreu.x appareils qui ont pour but l’introduction de l’oxygène dans les poumons.
Le gaz oxygène est enfermé dans un sac en caoutchouc, de la contenance de a5 ou 3o litres, qui se termine par un tube. Ce tube est introduit dans la bouche de l’asphyxié. On y fait arriver, en comprimant le sac, le gaz qui, sous l’influence des mouvements rythmés du thorax, pénètre dans les poumons. Cette manœuvre ne présente aucun danger.
On s’assurera si le cœur bat, en appliquant l’oreille ou simplement la main à la région précordiale ; souvent le pouls a disparu et le cœur bat encore. Quelquefois les battements sont très faibles ; ce sont des frémissements, c’est un signe qui ihdiqtie que la vie n’est pas éteinte et qu’il ne faut pas désespérer. Du reste, quand même on ne percevrait pas les battements, il faut continuer longtemps, très longtemps, les secours que nous venons d’indiquer, autant que possible jusqu’à l’arrivée du médecin.
Souvent, dans des cas qui paraissaient désespérés, on a pu, à force de persévérance, ranimer des asphyxiés. On entend un léger soupir qui se renouvelle au bout de quelques minutes, et la respiration ainsi que la circulation reprennent leur cours. Aussitôt que le malade donne un
UKCUKir. MKTI1<>1>1QUK
premier sig^iie de vie, ou le place <lans un lit chaud ; on lui lait avaler quehiues cuillerées d’eau inélée avec de Tcau-de-vie, du rhum, de la chartreuse, ou tout autre cordial, et on a soin d’aérer convenablement la chambre oii il repose.
11 nous reste à indiquer brièvement trois moyens de traitement que le médecin seul peut employer :
A. Insulllation d’air ou d'oxygène dans les poumons.
lî. Ouverture de la trachée, afin de ])ousser de l’air ou de l’oxygène dans les poumons.