‹ Recueil méthodique de législation minéraleChapitre 80 sur 134 · C. Transfusion du sang · texte numérisé non relu

C. Transfusion du sang

On a, dans ces derniers temps, perfectionné les procédés de la transfusion.

Ce dernier moyen, (ju’on ne doit employer (jue dans les cas extrêmes, compte des succès.

Knlin, il ne faut pas recourir à la saignée, « qui est une mauvaise chose dans l’asphyxie par le charbon ; car on soustrait des globules sanguins à un organisme ejui les a déjà perdus en |>artie. »

ASF»HVXIE F»AR SUBMERSION

Premiers secours à, administrer aux noyés.

Dans les mines, il y a deux causes d’asphyxie [>ar submersion : chute dans le puisard ; 2® percement d’eau.

i<» Les chutes dans le puisard peuvent être simples ou compliquées: simples, quand le j)atient tombe, d’un lieu [)eu élevé, directement dans l’eau, ou (piand, par une fausse manœuvre du machiniste, la cage ou la benne qui le porte j)longe dans l’eau ; compliquées, quand il est préci- ])ité d’un lieu élevé et qu’il s’est heurté contre les parois du puits avant d’étre immergé.

Dans les percements d’eau qui occasionnent l’asphyxie par submersion, il est bien rare que le patient soit simplement noyé : la plupart du temps, roulé par le torrent avec des bois, des moellons contre les parois des galeries, il est meurtri, assommé, broyé.

Quoi qu’il en soit, blessés ou non, les noyés des mines ont besoin des memes secoui*s ({ue les autres noyés ; ce qui presse avant tout, c’est de ranimer la vie près de s’éteindre ; plus tard, s’il y a lieu, on songera à réduire les fractures, à panser les plaies.

Dans l’intérieur des travaux, tout manque pour les secours à donner aux noyés. On ne peut pas coucher commodément le patient pour pratiquer des frictions, pour opérer la resjiiration artificielle. Il n’y a pas de linge chaud, l’air est souvent mauvais; il faut donc remonter le noyé au jour.

On se trouve ici en présence de deux indications presque contradictoires. D’un côté, il ne faut bouger le noyé que le moins possible; d’un autre côté, il importe que l’air frais lui arrive largement.

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I oiir cssaxer ccpeiiilant de rcnij)lir ces deux indications, on laissera le iu>yé dans la mine, si l’air n’y est pas trop altéré, en le pla(,ant ])rès des ouvertures.

Dans le cas contraire, on le remontera au jour le plus vite possible, en évitant les secousses et les mouvements rudes, et, soit en attendant que la cage soit prête, soit lorsque le patient y sera déjà installé, on nettoiera la bouche et les narines sans perdre une minute ; on dégagera la poitrine et le ventre, en relâchant ou en coupant les vêtements.

On aura soin d’éloigner du j)alient les personnes inutiles, afin que l'air Irais puisse lui arriver aussi largement que possible. On frictionnera à sec et rapidement les parties découvertes ; enfin, on donnera, avec la main ouverte, deux claques vives et bien appliquées sur la région de l’estomac. Si ces premiers moyens ne réussissent pas, on pratiquera immédiatement la respii*ation artificielle.

13e la benne ou de la cage, le noyé parvenu au jour sera transporté, toujours doucement et sans brusquerie, dans la chambre de la machine, soit à bras d'homme, soit sur un brancard, s’il s’en trouve un tout prêt.

II faut être pénétré de cette vérité que, dans le traitement des noyés, la pronqititude, la douceur et la persévérance sont absolument nécessaires pour assurer le succès.

Que le noyé soit dans la mine ou qu’il ait été porté au jour, on pratiquera la respiration artificielle de la façon suivante : le patient sera tourné sur le ventre ; on placera, sous l’estomac, un rouleau de vêtements bien serré et noué ; le front du malade sera posé sur l’avant-bras droit un peu replié, en inclinant sa tête de manière à tenir la bouche éloignée du sol.

S’agenouillant alors, avec les deux mains étendues on pressera sur le dos du patient, de tout son poids, à deux ou trois reprises, dans l’espace d’une demi-minute. Ces pressions ont pour but de faire sortir l’eau, les mucosités et autres matières accumulées dans la bouche, dans la gorge et dans l’estomac.

On tournera ensuite le patient sur le dos, la face en haut. Le rouleau de vêtements sera placé sous les reins, de telle sorte qu’il fasse saillir les fausses côtes à un niveau un peu supérieur à celui de la bouche. Une personne placée en avant du noyé et, pour ainsi dire, à cheval sur lui élèvera et abaissera successivement les membres supérieurs, de façon à établir une respiration artificielle.

On pourra alterner ce moyen avec le suivant : on se mettra à genoux, à cheval sur les hanches du patient. Les coudes bien appuyés au corps, on appliquera les deux mains, les doigts étendus sur la base de la poitrine, et, saisissant ainsi la taille à la hauteur des fausses côtes, on exercera des pressions intermittentes, pesant de tout le poids du corps sur les mains, déprimant fortement les côtes, comme si on voulait faire évacuer vers la bouche tout ce qui est contenu dans la poitrine.

Puis on se rejettera brusquement en arrière, dans la première position.

UECUKll. MÉTHODIQUE

Pendant ce temps, un assistant a relevé les deux bras du malade, les a alloniçés et maintenus à terre avec la main gauche, puis, avec la main droite, à l’aide d’un mouchoir sec, il saisit la pointe de la langue et la tire hors de la bouche.

La langue ainsi retenue ne pourra plus, en tombant en arrière, obstruer la gorge et empecher le passage de l’air.

Après cinq ou six pressions, on s’arrêtera pour observer si la respiration est rétablie. Les frictions sur les membres doivent être faites concurremment par d’autres personnes.

Au début, les pressions doivent être exercées quatre à cinq fois par minute, puis, en activant graduellement la manœuvre, on les reproduit dix, douze et jusqu'à quinze fois dans une minute.

On imite ainsi le temps et les mouvements de la respiration naturelle qu’il s’agit de rétablir.

On doit continuer ces manœuvres, même si elles restent sans succès, apparent, pendant au moins deux heures, jusqu’à ce que le patient commence à respirer. On ne doit pas interrompre ces premières et courtes inspirations naturelles, mais les aider par des pressions faites à propos.

On doit se souvenir toujours que la persistance énergique dans des soins bien dirigés est souvent suivie de succès inespérés.

Pendant qu’on s’occupera de rétablir la respiration, dès que l’on pourra disposer des moyens de réchauffer le noyé, on les appliquera sans relâche. On promènera des fers à rej>asser chauds, par-dessus la chemise ou le peignoir, sur la poitrine, au creux de l’estomac, sur le bas-ventre, au pli des aisselles; on frictionnera les cuisses et les extrémités inférieures avec ces étoffes en laine. On frottera la plante des pieds, l’intérieur des mains.

Aussitôt que la respiration sera rétablie, le patient sera déshabillé complètement; il sera enveloppé dans des couvertures de laine, mis au lit dans une chambre convenablement chauffée, mais où Pair frais circulera librement, et on le laissera absolument tranquille. Son repos ne sera interrompu que pour lui donner du grog à l’eau-de-vie chaud ou tout autre stimulant que l’on aura sous la main, à petite dose, toutes les dix ou quinze minutes pendant la première heure, et ensuite aussi souvent qu’il semblera nécessaire. Dans aucun cas, il ne faut introduire le moindre liquide dans la bouche d'un noyé, à moins qu’il n’ait repris l’usage de ses sens et qu’il puisse avaler facilement.

Nous conseillons d’exercer les mineurs aux manœuvres décrites dans l’instruction précédente.

En moins d’une heure, chacun pourra acquérir l’habileté suffisante pour la bonne exécution des moyens proposés.

BRULURES

Dans les mines, les brûlures par le grisou sont les plus fréquentes et les plus graves ; les autres sont généralement insignifiantes et méri-

1>E EE(;iSI.ATlC)N MINÉKAEE

tout à peine d être luentionnées. Le grisou euüainiué est doué d’ime température très élevée, et cependant il ne produit que des Ijrûlures qui ne dépassent guère le 3« degré ; cela tient à ce qu’il a un trajet très rapide : il passe coinine l’éclair, disent les ouvriers. La gravité des brûlures causées par le grisou dépend de leur étendue. On peut dire d’une manière générale (jue, si elles occupent plus de la moitié de la surface du corps, elles sont mortelles, soit par la douleur, soit par des congestions viscéi*ales intenses. Si elles sont plus circonscrites, elles guérissent même rapidement, pourvu qu’elles ne soient pas accompagnées des complications dont nous allons parler.

On a signalé quelques cas d'ouvriers (jui, après une explosion de grisou, avaient été l>ridés légèrement et surtout à la figure; ils étaient rentrés à pied à leur <lomicile ; après l’accident, ils avaient mangé et ne semblaient pas gravement atteints. Cependant ils moururent d’étouffement le second ou le troisième jour.

Dans un cas, on constata à l’autopsie une rougeur intense de la partie inférieure de la trachée ; la muqueuse des grosses bronches tuméfiée, couleur lie de vin, ramollie, se dissociant sous un mince filet d’eau. Les petites bronches étaient obstruées par le gonllemcnt de la muqueuse ; il paraît probable, dans ces cas, que les ouvriers ont avalé le feu, suivant leur langage expressif. (Uiembault.)

Secours aux brûlés. — Il ne sera pas question ici des brûlures légères qui n’ont d’autre inconvénient que de déterminer une incapacité de travail de quelques jours, qui réclament seulement un peu d’huile ou de cérat, et que tout le monde sait panser.

Les mineurs surpris j)ar un coup de grisou ont les cheveux, la barbe, la figure, le dos, la poitrine, les bras brûlés, c’est-à-dire la partie supérieure du corps. Quelquefois aussi, rarement cej)endant, le ventre, le dos, les membres inférieurs sont atteints. C’est un horrible spectacle que de voir ces malheureux, noirs de charbon, à demi-nus (leurs vêtements sont à deini-consuniés et collés sur la peau), tremblants de froid et de fièvre, hurlant la douleur, s’agitant, ne pouvant ni s’asseoir, ni même s’appuyer, à cause de leurs plaies.

Voici la conduite à tenir :

1° Autant que possible, le pansement devra être fait dans la mine, ou tout au moins dans la chambre de la machine du puits.

12° On enlèvera ce qui reste de leurs vêtements en les coupant avec des ciseaux.

3° On ne cherchera pas à enlever la poudre de charbon qui recouvre leur corps ; elle n’est pas nuisible. Il n’en est pas de même des petits grains de charbon, anguleux, de dimensions variables, gros quelquefois comme un noyau de cerise ; ces grains devront être enlevés un à un, soit avec un cure-dents, soit avec un instrument analogue, une allumette taillée en pointe, par exemple. Cette espèce d epluchement sera fait minutieusement ; un corps étranger de cette nature, de cette

RECUKII. MKTHOmQUE

forme, que la pression d’un bandage enfonce dans la peau enflammée, causerait des douleurs intolérables.

4"" On ne lavera pas les plaies, on les enduira d’une couche d’huile (huile d’olive ou d’amandes douces), et on enveloppera le malade de coton ouaté ; le coton hygroscopique, complètement dégraissé, est celui qui convient le mieux. On en ai)plique une triple ou quadruple couche sur le thorax, couche suflisaniment large poui* couvrir les flancs ; on agit de même pour le dos, les bras, etc. ; le tout est assujetti par quelques tours de bande ; il ne faut pas craindre de serrer fort; le coton se tasse.

On a ainsi habillé le ])atient d'une couche épaisse de coton ; il pourra, dès lors, s’appuyer sur le dos, se couclier, s’asseoir ; il en a grand besoin, il est exténué de fatigue, de douleur ; 011 peut le manier, le soutenir, le trans{)orter. Ce pansement a l’avantage d’êti‘e d’une exécution facile et rapide, d’être solide, et il n’a pas besoin d’être souvent renouvelé. Nous indiquons ici les premiers secours à donner aux brûlés. Nous n’avons pas à nous occuper des soins qu’ils réclament dans la suite.

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