FRACTURES
On reconnaît que l’os ou les os d’un membre sont fracturés, à la déformation du membre, au gonflement, à rimj)ossibilité des mouvements, à la douleur et à d’autres signes encore que le médecin seul est apte à connaître.
Dans le doute, il sera sans inconvénient d’agir comme s’il y avait fracture et d’avoir recours aux moyens que nous allons indiquer :
Dans les j^reiniers 'secours (jue l’on doit administrer à des blessés atteints de fracture des membres, il faut se préoccuper surtout d’obtenir rimmobilité, afin de calmer la douleur, d’empêcher les fragments osseux de déchirer les tissus et de compliquer les blessures.
On a recours, à cet eflét, à des attelles brisées qui sont constituées par deux bandes de toile de dimension variable, superposées et réunies l’une à l’autre par des coutures longitudinales et parallèles, de façon à former une douzaine de gaines (plus ou moins) destinées à recevoir des planchettes larges de i5 millimètres environ. Ces attelles plus ou moins longues, plus ou moins larges (il en faut de toutes les dimensions), rigides dans le sens de la longueur, sont appliquées sur le membre fracturé, qu’elles enveloppent presque entièrement ; elles sont maintenues par quelques tours de bande.
Les personnes étrangères à la médecine, qui donneront les premiers soins aux blessés, ne doivent pas exercer de traction dans le but d’obtenir la réduction des fractures.
Dans la plupart des cas même, elles ne devront pas dépouiller le membre atteint des vêtements qui le recouvrent, tout souillés qu’ils soient.
S’il s’agit d’une fracture de l’avant-bras ou du bras, on emploiera ,
DK KKGISKATIDN MINÉRALE
après rapplicaiion de raltelle brisée, un bandage fait avec un grand mouchoir, plié en fichu, dont les deux bouts extrêmes sont noués autour du cou. On forme ainsi une anse où le membre est appuyé et soutenu.
Pour les fractures de la colonne vertébrale, du bassin, des cuisses, des jambes, les soins a donner sont plus compliqués. Voici d’ordinaire comment les choses se passent :
Un ouvrier mineur est blessé durant son travail dans l’intérieur des mines ^ il est atteint d une fracture de jambe onde cuisse j ses camarades accourçnt, le relèvent ; souvent le plus vigoureux d’entre eux le prend sur son dos et le conduit ainsi, à travers les galeries, à la recette du puits ; d autres fois on le porte à deux ; d’autres fois encore on le place dans un wagonnet qui roule sur de petits rails plus ou moins agencés. Dans tous les cas, le membre est ballant, les fragments des os brisés se heurtent et déchirent les chairs. Arrivé à la recette du puits, on le place, tant bien que mal, dans la cage pour le remonter au jour ; on l’en retire, il faut ensuite Tinstaller dans une voiture ou sur une civière pour le conduire chez lui ou à l’hôpital, et enfin le mettre dans son lit.
Si l’on songe que toutes ces manœuvres se font tandis que le membre blessé est mal contenu ou non contenu, on s’imagine aisément les tortures du patient et les aggravations, quelquefois irréparables, qui en résultent.
M. le docteur Uiembault, appelé journellement à constater les inconvénients de ces procédés, a fait construire un appareil destiné à relever et a transporter les blessés ; la manœuvre en est assez simple ; en une séance, des hommes de bonne volonté apprennent à le manier et à diriger les manœuvres qu’il exige, avec le concours d’ouvriers les premiers venus, et qui, même, n’ont pas été exercés.
Règle générale. Quand, dans les mines, un homme est atteint aux membres inférieurs, à la région vertébrale, au tronc ; qu’il est incapable de se mouvoir, de se relever seul, il faut le laisser là ou il est tombé, à moins de circonstances exceptionnelles comme une menace d’éboulement, ou d’un grave péril quelconque ; les camarades venus à son Stecours iront, les uns avertir le chef mineur, d’autres chercher l’appareil, -d’autres enfin resteront auprès de lui.
On placera le blessé dans cet appareil, qui est une sorte de gouttière de Bonnet, montée sur un brancard. (Voir la manœuvre de l’appareil.)
JPL.AIES, MÉMORRAGIES.
Plaies. — Même pansement que pour les brûlures ; on les enveloppe d’une couche épaisse de coton (coton hygroscopique, autant que possible) pour les soustraire à tous les contacts, notamment à l’action de l’air.
Hémorragies . — Quand la peau et les tissus sous-jacents ont été divisés, il se fait un écoulement de sang, qui diminue rapidement et cesse même tout à fait4iu bout de quelques instants, à moins qu’un vaisseau
UECUKir. METHODIQUE
important n’ait été ouvert. 13ans ce dernier cas, récoulement persiste, il est abondant, il y a hémorragie.
Si la plaie qui donne du sang siège k la tête, au cou, sur le tronc, l’un des assistants appliquera les doigts sur la ])laie qu’il comprimera jusqu’à l’ai'rivée du médecin ; s’il est fatigué, il se fera remplacer par un avitre, mais la compression ne doit pas cesser d’être exercée.
Si la plaie siège aux membres, comme cela a lieu le plus ordinairement, on a recours aux moyens suivants :
Membre supérieur . — Tout le sang du bras, de l’avant-bras et de la main vient d’une grosse artère qui traverse l’aisselle et passe à la jjartie interne et supérieure du bras, en côtoyant l’os pour descendre ensuite et s’enfoncer, en se divisant, dans les muscles de l’avant-bras. Si donc, en cet endroit, à la partie supérieure du bras, on établit une compression, l’artère est serrée contre l’os; son calibre s’efface, le sang ne passe plus ; on peut s’en assurer en mettant le doigt sur le j)Ouls (au poignet) qu’on suspend à volonté, en opérant cette coin])ression.
Pour obtenir ce résultat, on emploie le tube en caoutchouc d’Esniark, du calibre du pouce environ, long de 90 centimètres, muni à l’un de ses bouts d’un crochet et à l’autre d’une chaîne à anneaux. On enroule deux ou trois fois la partie su})érieure du bras avec ce tube en serrant fortement, et on crochette ; le sang s’arrête immédiatement si la compression est sullisante. Sinon, on l’augmente. Rien n’est plus simple et plus facile ; il n’est pas nécessaire de dépouiller le blessé de ses vêtements.
Membre inférieur. — Pour le membre inférieur, le procédé n’est guère plus compliqué ; l’artère qui nourrit la cuisse, la jambe et le pied, sort du ventre, arrive à l’aine, où elle est située superficiellement et pour ainsi dire couchée sur un os. C’est là qu’elle est accessible à la compression. On appliquera donc, dans la direction de l’aine, une compresse graduée, longue de i5 centimètres, épaisse de 5 centimètres, ou mieux un morceau de caoutchouc ayant la meme forme, ou simplement un mouchoir de poche roulé et ficelé, formant un tampon épais et dur, qvii sera maintenu en place et comprimé parle tube en caoutchouc.
Le tube en caoutchouc devra être long de i"',5o ; à la rigueur, celui de 90 centimètres, qu’on emploie pour la ligature du bras, pourra suffire, à la condition d’ajouter une ficelle à la chaîne pour l’allonger (une ficelle double avec des nœuds pour fixer le crochet). Voici comment on le place :
Si c’est à l’aine droite qu’il faut opérer la compression, on appliquera le bout du tube terminé par le crochet vers la hanche gauche, et on fera maintenir fermement par un aide. Il sera nécessaire de tirer énergiquement. Le tube passe obliquement sur le tampon, descend sur la partie externe de la cuisse, s’engage dans le pli fessier, apparaît à la partie interne et supérieure de la cuisse, remonte, gagne le tampon, croise son bout initial en formant un X, arrive vers la hanche droite, contourne les lombes et revient vers la hanche gauche, qui est le point de départ où s’opère l’accrochement.
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II ne faut pas craindre de distendre fortement le tube, afin de déterminer une pression énergique, (^uaïul cet appareil est appliqué et que rhémorragie est arrêtée, on entoure la plaie de coton ; on peut alors faire remonter au jour le blessé, mais avec les plus grandes précautions, et en lui tenant la tête déclive ; il a perdu du sang, il est faible, il ne faut pas l’exposer à des mouvements qui pourraient déranger le pansement et renouveler le danger. On le placera sur le brancard, comme s’il avait une cuisse ou une jambe cassée, et on aura recours à la manœuvre ordinaire.