‹ Recueil politiqueChapitre 10 sur 63 · LE RÉFUGIÉ · texte numérisé non relu

LE RÉFUGIÉ

çaise dftie toatm le» périodes de sftréToht tîoD. L'hérc&me dé ses armées, réckC de leurs TiettHre»et db leurs eonqtidtes , m'iasfwèrent «ne admkaticw que allait jusqu'à TenUionsiaBnie, et lorsqnefparveime'aaplus haut point de sa puissance, la France dictait des lois à l'Europe , mon imaginatioD , exaltée par le spectacle de tout de gloire> voyait dans les Français des êtres privilégiés et en quelque sorte surnaturels.

Mou ame était douloureusement oppressée, lorsque détournant les yeux des prospérités de la France , je les reportais sur ma patrie. Cette nation généreuse , qui reoiermait dans son sein tous les germes ^e grao-

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(75) deiir , dont h» explnfts paMéa annQDçaient ce qq'^Ue pouvait finre «boom» i^agéedanf ÙDfl Cupide iïKrtift» In^MÎt dw.>ouva anu g\W9 KMW l'empùe <b^»cour a-ribe et d'un ministre perBde ou corrompu. Tousle&fiBii Esp«g!iMiits s'ittdignaMat, oMuna mai, d*Un ét^dfî«bQ»0ft nbuii»Uùwt»et, pof tasb leori rag^s ver& la Fsavee^ilaaeniJiJaiieutimpIoceE d'elLe la Ëo 4ib IfNur Iw^ubut et ^a»* tre8;d^Mi4é««-

tii^ Fwnce, puut «vtHC eontandii la Toeq dftla qatioii; d? §(va«tt&.iwé^(alii&uuija|in cèrenl ^'«Ue aiwt ^lé Iw jAiteAur noua, 9% que notre wct aU«it dfuiager. Toua ks «oaura s'ouvrifootii Voapâraiice, sam- mé-' kitge ^auQEHVB tenreuE. l<e pMipI» se précipite an - devant d«a premiera gueraieFS fraocftù qù toHcJkèceBit le sol de l'Espagiia ; moi-même, pac^if^owit Teaiflioiiaiaame géaécal k je ks saluai da nom da libérateors; et qu'on ne dise point que c'était le pveatîf^ . iMkaché à un hommt qui aaas. aveu^kit : c'était la nation , la naticai. a^». qaa nouâi aimiona , que noua adaui^oiu..

Dç8 •évéttemeta aussi impréytu que clé' plorables changèrent bientôt l'aspect dea choses. Une mesure à la fois impolitiqae et odieuse frappa de stupeur l'Espagne entière.

Tous les hommes qui étaient intéressés à ce que le peuple ne sortit pas de i'état d'ignorance et d'apathie où il végétait, tournèrent l'acUTÎté dont le besoin commençait à l'agitel', contre ceux qui lui apportaient de nouvelles idées , de nouvelles lumières, de. nouvelles institutions j et, tirant habilement parti des circonstances, qui ne favorisaient que trop leurs projets, ils combinèrent le patriotisme naissant avec 1» fanatisme dès long -temps enraciné; et k l'aide de ce double levier, ils soulevèrent la population entière contre les œèateurs d'un nouvel or^re de choses.

Pour nous, qui avions cru de grands changemens nécessaires à la prospérité , à l'afiranchissement de l'Espagne,- qui, malgré un système que nous étions loin d'approuver, croyions encore à. la possibilité

■ ( 77 ) d*alteinclrQ ce. but; qxà, au milieu de cet élan national que nous admirionB, ne distinguions que trop lés vues secrètes de la plupart 'de ceuK qui l'encourageaient et le propageaient, nous ne renonçâmes pas à nps premières espérances ^ et . ne crûmes pas devoir traiter en ennemis ceux que, ]a veille encore , nous traitions eri libérateurs. Je ne prétends pas justifier! cette opinion , que l'expérience n'a pas confirmée > que la fiïrtune: contraire a fait depuis regarder comme uq. crime; je veiix seulement prouver que, dans notre conduite, nous n'envisagions que le boniieur, la prospérité > la gloire de l'Espagne.

Mais quand jnême , partageant les sentirnens de l'immense majorité du peuple, nous eussioBS voulu . nous ranger sous les drapeaux de nos concitoyens, lès passions terribles qu'on avait mises en jeu nous en eussent, repoussés impitoyablement. Nous étions les première qui avions accueilli les Français. Nous avions les premiers, disaiton , aveugjé le peuple sur les intentions de

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( 7« ) ees ddDgennx Kbénitouts. t)è»-lor5, on né variait plus en noui qab ktirs bom[Jlibes ; et oè eiùan înéniBsible^^ danà hi^bél une rdûton pius t»lMe n'eût va qu'&ne errèar excusable, ijoiu etiT«lof>{>ft datis ¥krt€t âe nwt laneét contre les «nvahlMiauM db VEispagae.

Aiocs , pnoscrits par nos «Micito^ns , sons n'avra* 'd'sutot *ifipm i dCaùtfe e^ératce, quB dvis k générosité dMIftntMrrs de notre difignàee y et ihHe néoMSttë irigdti- MtM8 iioas ÛBpo«a la lot de iHfVk de* intérète qût nm» talion» fxHi'i^âfr «ttttoro doTontr ceux dft la piitrie(; mtâ& qae tioS compatriotes y croytâBnt Wf«Mi«Ht3itfHi1 eppoaéS' Aàad, n tns nous TtmëA fttttKhét à la caèseâ'vD soavernn qoftf Is tufttén tejetaiC, •t6o«nis<àtoiiteiie«-TiciiiâfLiâi9ii^safCiftane dornt épnrarvr.

Poor moii je ne -vbahei prit pMtét leé umesctoBCre nieffO(M»|Mtrieus;i«'fus ettt»

^yé dftiw K«ininiMra^n m^^n!u««> «t ekw»|fé conmi* ^fiNdims «me idtM' ptiy-

(79) qu'il est possible d'ëpranwr de triiteite «C d'aaiertui]ie;4jbUgé dememettzc satuceNM entre ht vainqueurs et les twiuhu, de st^ crifier Jes intérdts de nos oecioîtoyens auK nouveaux iotéféts que j'amis'émbnusdse t<awins de Tarages que je me pouvais etupéofaer, et ne lecueiUant pour réanapense «le le mépm des Espagnole, quand je Sùseis tout pour aWger les timffe^doat las ■oeablaient leurs ennemis. Une aeula obnsolationjiieRSIait, «"éurit do voir qu'Us M 4^»eiltaieat pas kur caractèee; et quand «on eoiplai m'obligeail île lea engager à poser les armas, je se pouvais m'anpéchet drapphudir intérieurement à leur fierté , à kur femsetë inébranlable , ^oi me garantisssjeiil d'avanoe l'inatilité de mes «Hbito. Bnfin la -rictnae oowonsa la généreuse résistsK» de l'JfispagDo. Les FnmçaU , IrahU de tootea paris par la fortune , aban- A»ném«rt oetla tonelnato de leur sasig^ où trois oant mille des loues avateattront* leur tomboan. Je bs suivis dsns leur rttrai- ««j plus heuMu» de quitter pooejasnais m*

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(8o) terre natale, que de peser plus lâng-temps sur elle avec ceux que le peuple n'avait voulu regarder que comme des oppresseurs ; consolé d'ailleurs de mon éternel exil y en voyant ma nation s'élever au milieu des ruines, avec un caractère de grandeur, de force , de liberté , que l'inertie de plusieurs règnes lui avait âté , que le malheursenl peut-être pouvait lui rendre. . Le souverain dont le nom les avait rai-' liés dans lès combats fut rendu auxTœiix des Espagnols. Qui n'eût cru qae,'pénétré des obligations qu'il avait à la nation et de Fadmiration qu'elle in^irà au reste de l'£urope, en. recevant d'elle la couronne de ses pères, il lia accorderait en retour la constitution que l'Espagne demandait à ^grands crisî En consentant à régner par les Jois, à'reconnaitré les droits sacrés du peuple , il assurait -à Jamais la prospérité de la JVonarchié. Dès-lors , plus de haines, plus de partis:; 3eB Espagnols ne formaient plus c|u'Une famille ,' et on pouvait espérer que la patrie ouvrirait les bras à ses enfaiia éga-

( 81 ) tés, et y par une récoDciliatipn sincère , leur permettrait de prendre part à la félicité générale. Ces espérances s'évanouirent bientôt. Le despotisme s'assit suc le trône. La superstition , la haine , la méfiance » arrêtèrent pour un temps, qu'il est difScile de déterminer , l'essor de la nation, et forcèrent le germe précieux des vertus qu'elle venait de développer, à se cacher dans l'ombre jusqu'à un moment plus favorahle.

Dès-lors tout espoir de retour fut perdu pour nous. La France devint notre unique asile. Plus heureux que beaucoup d'autres^ j'avais pu rapporter en France quelques débris de ma fortune; et, riche assez pour vivre indépendant, je résolus de. finir mes jours sur cette terre hospitalièrej.et je me fis naturaliser Français.

Quand , avec la puissance de la France, . s'écroula le gouvernement auquel l'Espagne dut tous ses malheurs , je tremblai un moment , non pour moi , mais pour mes compagnons d'infortune ; je craiguis de leur voir perdra les secours que la France leur

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( 8s ) arait accordés en dédommagement de tont 6e qu'elle leur faisait perdre.

Mais le soaverain qai montait sur le trône, la charte à la main, derait reconnaître une dette contractée par son peuple. Son caractère d'ailleurs nous répondait assez qa'il ne mettrait point çn question les droits da malheur.

Kous respirâmes donc sous son gouvernement; et oe ne fut que dernièrement qu'une proposition faite à la Chambre, des députés nous fit sortir de cet état de sécurité : on nous représenta comme des aventuriers qui s'étaient dévoués , non point pour la France , mais pour un homme :

comme si , à cette époque, la cause de rhom-' mepouvaitétre distingnée par nous de celle de la nation ; comme si ceux pour lesquels, ■ avec lesquels nous avions combattu , n'étaient plus nos ocuicitoyeDS ! De cette supposition devait suivre naturellement la propositkm d'un ohMiment; et nous ne trouvâmes pas plus d'indulgence dans le traitement qu'on nous destinait , que dans

le jagement qu'on portait de nous. II n'était question que de nous arracher à notre Beul asile , et de nous envoyer mourir en détail sur une plage lointaine et inhospitalière. ITn ministre, digne interprète de la nation , repoussa cette odieuse proposition avec l'éloquence du coeur, avec l'indignation de la vertu. La Chambre prouva , par sou approbation, avec quelle vivacité elle partageait les nobles sentimena qu'il exprimait au nom de ses concitoyens; et noa droits , fondés sur la justice > sur la recoo" naissance peut-être de la nation , ne furent pas méconnus.

Rassuré maintenant sur le sort de mes compatriotes, c'est comme Français que je vous parlerai de TefiTet que cette proposition a produit sur moi.

Dans une assemblée législative , od doit s'attendre à voir soutenir une foule d'opinions contraires sur les objets soumis à ses délibérations; mais comme cette assemblée se compose de l'élite des citoyens , il est des ctroses sur lesquelles il ne doit y avoir

qu'âne o^uion , qu'une voix , qu'un senti** meut. Ces cboees sont celles qui intéressent easentiellenient Thounear, la digmlé, l'équité de la nation. Toute discussion qm. porte atteinte à ce caractère est à-]a-fois impolitique et odieuse, quelle qu'en soit l'issue. Ainsi, quoiqu'un ministre ait repoussé avec toute la st^ériorité d'une éloquence énergique et généreuse la proposi- Uon dont nous étions l'objet , il eût été, à ^Lesirer qu'on n'eût pas rendu son discours nécessaire , et que la France ignorât que dans le sein des représentans , des senttmens semblables -à ceux qu'il combattait fiTaient pu rencontrer quelqu'un pour les - «dopter et les défendre. '

L'humanité , la grandeur d'âme, la générosité, ont toujours été l'essence du caractère français. Ce caractère y qui s'est conservé intact dans toutes les chances de la prospérité et du inaUieurj qui est encore l'objet du respect de ses ennemis, et un sujet de consolation pour elle dans son infortune ; ce caractère doit être rehgieuse-

(86) ment soutenu par les représentons de la nation. Tout principe » tout sentiment qui s'en écartent , sont en quelque sorte un outrage que la nation se fait à elle-même; et avec quelque forcé qu'on les combatte, il eût,été plus consolant de ne pa^ supposer qu'ils pussent trouver place <Ëins des cœurs français.

Connaissez donc bien le caractère de vos repréaeotans , choisissez des bommès telle- ' )nentidentifiésaTeclesintérêtsdelâFrance> qu'ils ne méconnaù^ent pas ceux qui les ont servis dans quelque temps, sous quelque régime que xe :'soit. Choisissez des hommes, qui .9£%ent le précieux as^mblage des vertus qui composent le caractère national : alors vous serez sûr de ne rien perdre de l'estime que l'Europe est encore forcée d'avoir pour vous ; alors vous n'au>rez plus la douleur d'entendre s'élever au- ' cune voix pour insull«r à un dévouemeAt, qui fut de notre part gratuit et dé^ntéressé, pour méconnaUre. les droits du malheur , pour nier les dettes qji'a. contractées la reconnaissance de la nation.

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