DES HI5SI0 NS
Xjes missions avaient pour but, dans leur origine, de soumettre à Téglise romaine les' , pays où les lumières de la foi n'avaient pas encore pénétré (i). Ignace de Loyola se sentit une vocation toute particulière pour ce genre de conquête , et ce fut son ordre qui produisit les plus célèbres paladins de cette chevalerie errante spirituelle.
On se demande par quel hasard on s'est avisé que la France , dans ces derniers temps, eût besoin de missionnaires. La rc ligioD catholique n'est-elle pas établie chez nous sur des fondemens sohdes I Le culte n'est-il pas encouragé par les largesses du
(i) . . , n ti'j a guhn qoe les religions intolérantes <]ai Ment an grand xèle pour s'ëlablir ailleurs , partie qa'une religion qui peut tolérer lea autres ne songe gfl&re à sa propagation. {Krpnt dtt Lois, lir. sxr, chi^. 10. }
Ci4) GoaTemementetin-otégéeparson autorité?
Oui; mais api-ès une rérolutiou comme la nôtre , est-ce que tous les lieus de la morale ne sont pas relâchés? E&t-ce que l'iucrédulité n'a pas jeté de profondes raciucs ? Est-ce qu'il ne faut pas confondre les impies et les réduire au silence, éclairer ceux quidoutçntet affermir ceux qui croient?
Voilà donc le' but avoué des missions.
Ain3i,que le Gouvernement s'épuise en mesures de conciliation , qu'il lâche d'éteindre les haines et d'effacer tous les souvenirs qui pourraient les rallumer , nous aurons des missionnaires bien imbus de l'esprit do l'Eglise , qui prêcheront qu'il n'y a point de paix avec l'impie ; que quiconque communique avec lui participe à sa.
spuillure; que tout ce qui a été fait par Timpie, sous le règne de l'impie, quoique consacré par les lois, est damuable et doit être voué à l'exécration. El qu'est-ce qu'on entend parHiBpieî C'est quiconque a pri^ part à la révolution ; c'est quiconque, se fiant aux institutions et aux lois qu'élu a
(i5) amenées , a uaé d'une des facultés que ces lois lui accordaient.
I>a première réâexion qoi se présenta ici, c'est pourquoi çn a jugé que les ec- ' clésiastiques légalement .institués étaient insuffisaus pour diriger leur troupeau. A^ t-OD craint qu'ils manquassent de zèle ou de lumières ? Habitués à vivre au milieu de ceux dont le salut leur est confié, ne doivent-ils pas mieux les connattre que ces étrangers tout-à-coup transplantés parmi eux , et par conséquent na doivent-ila pas mieux savoir proportionner à leurs besoins la nourriture spirituelle qu'ils doivent leur administrer? L'envoi de ces fougueux auxiliaires n'a-t-il pas dû être consid-iré par eux comme une preuve' de défiance , et pour ainsi dire comme un certificat de mécou' lentement pour leur maniera de r«&ipli|leurs fonctioas?
Un bon cuné sounis aux lois et ui Gou^vemement , oooapé de maintenir la bonne harmonie parmi «es ouailles , n'écoutant que son bon «ens , qui lui dit que le but
(i6) de la retigîon est de réunir les hômmea / que son cœur , qui lui dit que le premiei! «leroir d*un chrélieu c'est la charité ; un tel prêtre dut être bien surpris lorsque d'ardeus propagateurs dé la foi vinrent renverser son ouvrage , prêter à la parole apostolique le langage du fauatisme , semer la discorde où régnait la tranquillité^ Vinquiélade où régnait la confiance , substituer aux bonnes œuvres et aux paroles de paix des cérémonies surannées et des apostrophes virulentes , et faire croire aux esprits rétrécis que l'indulgence dans un ecclésiastique n'était que faiblesse , et la piété douce et éclairée une absence de zèle.
Un prêtre tel qce celui que je suppose « et tel qu'on en trouve peut-être encore parmi les curés de campagnes, cette classe du clergé la plus respectable et la moins favorisée, eût pu dire aux missionnaires :
a Qui êtes- vous , qui venez tout trou-^ hier parmi ■ nous ? fu-je demandé votre coopération, ou mon troi^)eau'art-iliin-
t>Ioré Tùs secours î Noua n'iTons pas eu besoin de vous jusqu'à présent pour rem-
. plir nos devoirs de citoyens et de chrétiena. Vous TOUS dites les amis du Roi , et vous parlez , vous agissez dans un . esprit essentiellemeBt. opposé à celui q.ui dirige toutes ses actions. Vous vous dites les soutiens du Gouvernement , et vous ne cherchez qu'à détruire les effets de sa sage modération. Vous vous dites des messagers de paix , et vous prêchez Ja discorde avec les paroles de l'Evangile.
. Fourmoi, maconsciencenemereprodie rien : faiconstammentencouragédanaleurs bons senUniens les chrétiens que je voyais assidus à remplir leurs devoirs de religion; j'ai tâché de réchauffer la piété de ceux en qui je voyais moins de ferveur ; je ne me suis jamais OQCi^pé de cette classe si nombreuse des indifférens près desquels "mes sermons n'eussent servi de rien; je n'ai point cherché à les convertir, parce. que j'y aurais perdu mes peines ; mais je me suis gardé
. de les maudire, parce qu'ils sont encore
:,i,7=^-h»Go6gle ■
( 18 ) mes frères; je m» suis conteuté da les recommandera la misériicotde da Seigneur, en attendant qu'il hû pl^se d'ouvrir leurs yeux- à U vérité et leur coeur à la foi.
B Mais TOUS , qu'avez-Yous fait ? Prenant le langage de l'inspiration , tous avee exalté les chféUens fervens , et lorsqu'il s'est trouvé parmi eux un esprit faible , TOUS en aves fkit un énerguméue j vous Hvez éloigné des autels les cbrétteni moins zélés qne je tâchais d'mcourager , et qui ont été effrayés du langage que tous prêtez à la religion ; vous oTCB enfin révolté," ejcaspéré cette classe nombreuse que f avais toujours ménagée - d'indifiiéreos tous les avea rendus ennemis ; Voms leur ave» fait haïr ce qu'ils se bornaient à ne pas aimer j vous leur avez inspiré des sentimens de vengeance contre lés prêtres dont jns- ' ■qu*à présent ils se contentaient de ne pas écouter les sermons.
» Attaquant sans ménagement tout ce qui choque vos opinions ou vos affections , vous n'avez pas même respecté ce qui est
(19) consacré par les lois de TËUt , et par vos imprudsnles sorties tous avez également trouUé la paix iniéiieiiTe des familles et Tordra de la société. Non oontens de cela , vous aves lancé vos anathèmes contre It» eodéâastiques gui , cédant à l'emfHre des circanetanoes , ont oontinoé de SMfTJr là religion par lears efiorta, et leur prochain par do boanes fBuvires , an lieu de con- •erver, oomnie tous, dans une '41b oiseuse et inutile, leur superbe opiniâtreté; voua B^aiKs pas ménagé daTanta^e ce qui émèwàt cEn chef de l'Eglise , et si 1m «•> faits ouverts i la raison, n'euEsNit pas appâi k mépràex ces Taipes sobtililés, voua rmwfg ressufloité 1m qoerelle» r^giéasee , 'oemme roa» en Avez ùàt oahra d'autres ^tn aatre genre.
» Que m*import« après eela que , faroliaéapar une autorité trc^ indulgente, vont fvomeniezsoleandleaacnt descrucifix dans les ciws' et sur la» places publiques? Que» raris à la vue d-une foute qu'attire pto- «6t. la aoBVCttoté Aa spectacle que la stUn-
télé de la cérémptûe, vous toub applatr^ dissiez de vos triomphes ? Ces crucifix qae vous plantez , 'auxquels pendent des hardelées d'ex voto , excitent la vénératicm de quelques vieilles femmes et la risée de tout le reste. Laissez les.choses saintes dans les tetnfdes sans les exposer sur la -vcàs publique aux profanations du premier passant. Les temples sont assez ^ands pour contenir la foule des fidèles qui veulent y prier.
» Cessez donc de noua vanter vos services et vpti^ utilité j c^séz d'absorber, pour prix de cette prétendue utilité , le fribut dV)£[randes que la charité des fidèles ferait'mieux de consacrer au soula^ment de Tindigence. Peu vous importe ce. qui va résulter de votre pernicieuse éloquence, de Vos imprudentes provocations; -vous parte? ; d'autres lieux vont.étre le théâtre de vos piiédications , de vos mixacles , de vos inspirations ; mais nobs qui restons , nous allons recueillir le. fcuit amer de vos extravagances} aous allomiivoiri détruira
)asqa*li la trace des ' impressions funestes que TOUS avez laissées : pour moi , je cousidère ce soin comme mon premier devoir, mais je ne me flatte pas d'y parvenir avec autant de promptitude que vous en avez mis à renverser mon ouvrage. »
- Je crois que le missionnaire > quelque ferme qu'il fût sur les principes, serait fort embarrassé pour répondre à ce bon prêtre j mais je crois aussi que le prêtre qui serait assez sage ponr penser ainsi ne serait pas assez hardi pour le dire : il aimerait mieux passer condamnation que de s'exposer à être signalé comme prêtre indigne , prêtre révolutîonnaire^et autres imputations dont le fàtix zèle gratifie quiconque le contrarie. ' Ce zèle qui animait les réformateurs- et qui eut un instant 'de triomphe, fit décider l'établissement des missions ; et bientôt , par ses soins , cette lumineuse institution fit des progrès que les journaux prônèrent avec une onction vraiment epo»
tolique,et dont la France entière fut étonnée. Des troupes de prédicateurs arrivèrent
dans une ville et annoncèrent qu'ils y prêcheraient tant de temps, à-peu-{H'ès comme des comédiens annoncent qu'ils donneront tant de représentations , et pour rendre le rapprochement juste en fout poiot, ils ' Toulurent, comme ces derniers , joindre à la puissance de la parole le prestige du spectacle. D'où venaient ces hommes? qui les avait envoyés ? y arait-il une loi de l'Etat qui les investit du pouvoir d'aller où bon leur semblerait faire des sermons et des processions? On ne s'informa pas même décela : ils s'annonçaient comme réfarma" tenrs à une époque où on n'était pas encore revenu de cette manie; ils venaient prêcher , rafFermir la rel^on à une époque où on mettait encore Ja religion partout; ils s'annonçaient comme les soutiens du trône et les épuroteurs des mœurs dans un moment 'où les fonctionnaires publics se croyaient encore obligés de paraître re> . gai'der des déclamations furibondes comme des preuves d'amour pour le Roi, et des oapucinades comme des cours de morale;
( »3 ) iU 5*étayaieDt de la protection du Gouvernement dont ils se disaient les champions. Aiiisî ridée du crédit , cette idée toii>oars si puisante sur les bommes, les accompagna et les soutint. Fant-il s'étonoer aprèscela qu'il» aient trouvé tous lea fonctionnaires di^>oséa à les accueillir à bras ouverta , qu'ils aieni été Sétés , choyés dans les sociétés bien pensantes , qu'ils sa wiont iosinués dans les seorets des familles, îtnpatronisés dans l'intérieur des ménages, et que, plus audacieux è. mesure qu'ils obtenaient davantage^ ils aient fini par mettre si peu de mesure dans leurs discours, et par organiser* ces mémorabbs prooesflioDS où r<Hi ne sait^e qu'il faut admirer 'davantage da lidicale ou de l'impudence? Une chose qui a étonné beaucoup de monde « c'est que des magistrats , des £ouclionnaires respectables > des corps consttlués aient eu quelque sorte légitimé par leur présence -ces absurdes oérémoaies; maid ceux qui <mi téflaoigné cette surprise connussent peu le cœur htunain. Dèsl'ins-
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taut qu'âne action , quelle qu'elle soit, paraltmiacheminemeiitau crédit, une recommandation près du pouvoir , say&z sûrs qu'une fbale de gens voudront s'en doa- •Mer le mérite, et sitôt qu'un fonctionnaire s'y est soumis , il n'y a point à balancer , il faut que tous les autres s'y soumettent, sous peine de passer pour ennemis de la religion, et mal pensant par conséquent. Aiusi la faiblesse d'un seul, dans ui^ cas semblable, entraine, nécessite , pour aÏBsi dire , celle des autres; car chacun est bien aise de conserver sa place ou de ne pas nuire à son avenir. L'ambition , qui fait faire tant de bassesses ,' suggère ici qu'on peut bien sans inconvénient participer à une sottise dont on sent tout le ridicale ; et quand les yeux a'oU-vî-ent , quand la raison prévaut , la fermeté d'un sénl fait aussi cesser cet assaut de pusillanimité^: parce qu'il a refusé , on ose refuser soi-même ; on reprend' son caractère avec la même facilité qu'on y avait renoncé. Mais ces hommes fermes ne se rencontrent pas souvent.
(=6) Ce sont les hommes faibles qui, dans les temps difficiles , don neut presque tonjonrs l'impulsion; non contens de lear- propre àbaisâemeni: , ils forcent les autres à le partager, et dans le premier moment de vertige-, ils -vont jusqu'à se préiraloir d'one complaisance dont ils rougiront le reste de leur vie.
Si les sermons , les processions des mis-^ sionnaires n'eurent pas par>-tout le mémti succès, par-tout du moins ils produisirent les mêmes efFetsj c'est-à-dire qu'ils enthoiisiasmèrent quelques dévotes , qu'ils mécontentèrent beaucoup de monde, qu'ilit firent pitié à tous les gens sensés , qu'ils inspirèrent aux mauvais plaisànsurie foule d-'épigrammes, de brocards et- de chansons, et qu'ils donnèrent lietu à des scènes plus ou moins scandaleuses , dont le résultat fut plus ou moins fâcheux. On vit des femmes qui ne se croyaient plus mariées , parce que Jenr mariage avait été béni par un prêtre constitutionnel ; d'autres qui routaient quitter leurs maris parce
(>6) qu'ils étaient acquéreurs de domaines uationaux (i)j on dédama publiquement non - seulement contre les prêtres asser' mentes, mais même contre œux qui araient adhéré au concordat de iSoi , au point qu'il existe en France des pays ou on fait une distinction de grande et de petite église. On publia avec profusion des rétractxUicHis réelles ou suppoaées de plusieurs prêtres , qu'on ne manquait pas de présenter comme un exemple à suivra ; eufin, comme si la France n'était pas assez dî- 'visée par les ojanions politiques , on faisait tout pour y rallumer les dissentions religieuses.
Si la conduite des missionoaires , envisagée sous son côté sérieux , produit des réflexions graves et affligeantes y elle a aussi nn côté plaisant sous lequel elle peut don-
(i) Il est juste de déclarer qoe lei missionnaires ne prêchaient point contre les Kqaëreurs de domaines nMJODaux , nÙB leulement contre ks ééteitUurs de
(»7) net Uea à des réâe;sioiiB gaies et à des cooûdératîoDs très-réJDijÛBsantes. Si ^'écrivais pour âaUec la maligiûU humûoe , )e ne maucfuenûs pas de tirer un grand parti de tout ce<|ueje sais àce Hj^et; mais )*écris pour Tamoiu: de la Taîaoa et de la venté-: je dois donc aie coatenter d'indiquer quelques faits } sans me perm^tre les {faisantaries dont il tt'oavre un cham^ si vaste devant moi.
lia luperstitipa fut de tout temps une nûne que les feus adroits e^^ploitèFeut aux dépens des inlbécilles ; cette ressource n'a pas^téonbliée daiis les circonstuices d<»it nous parlons. Les a^nus , les chapelets , le» rosaires el autres brimborions furent offerts à la carîosiljé des fidèles qui purent se les procurer, «p payant, bien entendu^ oar sans aident point de salut. Cet innoœat tcafio fit passar; quelque ai^nt de la. bourse des gens simples dans celle des révérends' pères, le tout ad majorem D^ glorùan : des boutiques étaient dressées à cet efTet sous k pocte des église^. Si lésas
(28) revenait parmi nous , il aurait encore des vendeurs à chasser du tiemple.
liOs -vitieé qui furent honorées par ces bienheureux furent bien aussi induites à quelques petites dépenses pour les défrayer et rémunérer leurs bonnes œuvres ; niais, quant à cela, il n'y a rien à dire : les choses se faisaient franchement et sans détour* . Avant leur arrivée , on prévenait la VÎIle de ce qui lui en coûterait. Il y eut mémo des miinictpàUléH qui , trouvant les charges hors de proportion avec les 'bénéfice, refusèrent tout net la Ëtvenr qu'on leur of-' frait ; ce qui , par parehilhèse , fait bien. peu d'honheur à la piété des habitans.
' Tous 'les clintats cependant, toutes les villes lie ddivent'pas s'attendre à pc»séder les tnissitiiinaires; il faut -que dans les pays où ils vont on vive agréablement' -et ciommodémént. Les miséionnaires devaient se rendre à Bêlle-Iale en mer ; de grands préparatifs avaient été^ faits pour les recevoir : toutes les caisses de vin de Bordeaux, tous les jambons du pays avaient été mis
( ag) en réqoîùtioii. Les missionnaires se mirent en marche i \eav avant-garde arriva à Quiberon : là ^ u^pays aride , des chaumières délabréeafrappèrent désagréablement leurs regards} les habitans , auxquels ils témoignèrent leur surprise , leur dirent que Selle-Iale où ils allaient était caccxe pireu Alors l^'avant-garde , soidie d'une terrew po* nique, se replia sur le corps d'armée ; on tint un conseil où il fut décidé qa'un pays où il n'y avait; ni bonne chère ni offrandes à espérer ne méritait pas de sermons ; en conséquence de quoi la retraite s'effectua en bon ordre. Ce qui prouve que le zèle aveugle de ces bons pères ue leur fait cer pendant pas fermer les yeux sur les avantages temporels et les. commodités terrestres. .
Si tout ceci ae fût passé pendant l'hiTer de 1816, il n'y aurait rien à dire; tout était aloi» à cette hauteur ; c'eût été un fait de> plifs à ajouter à tous ceux qui caractériy . sent cette trop célèbre époque ; mais c'était en 1817 y dans un mojpi^n.t où la.na-
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(3o,) tioni, encourage par im Roî sage» repre* fiait SDR caractère et sa ^gnité> où une Qiambre respectable assainit ioràrïabïement la m>erté pnbKque par une loi a&t leséleclioiis doat nouïgoûtmis déjà les heureux résnhuta ; le goaTernement re^^réstmiatif s'étabhasait; la presse jouissait d'une awt^de liberté^ sùon de droit, dn moins de fait, qu'elle a perdue depins , et qi^ellé derait alors à la cireonspectt6ii quela préstHicedes Péputés imprime toajoars au ministère. L'intérêt que la massé dé la nation ftrenait aux affatrespifbliqnes anmmçtnt qoé son caract^éaTait enfin acquis cette mataritéqn'exigelaFormedesocigouTemesient') des écoles, d'après an nooTeaa système, allaient bientôt porter dans les demiëres classes l'iustriiction et les lumières; et c^étaît ce moment qu'ob dunsissait pour essayer de ramener ïe peu^e aux pratîgaes delà plus aveugle superstition , aax extraTa-^ gancea de la plus honteuse barbarie ! Qu'on se fignrelà surprise d'nn étranger qui , jeté parmi nou9,*eût vu des contrastes aussi
( 5i ) bizarres , des diaparAtes «os» choquantes : n'eût-il paa pour le coup tronvé Imn fondée cette répataticHi de légèreté et d'iaconséquence que nous avons eue si longtemps en finropeî
Il est facile de recfmnaitre ici ce principe opposant , o«tte marche inverse dont on a tant de fob seati les effets tout en en ignorant la soarce : ici du m«ns cette opposition a le mérite de la franchise; elle marche tâte levée ; elle attaqua de iront les lois , les institutions qui loi déplaisent ; elle ne met pas pins de modération dans ses discours que de discernement dans ses démarches ; elle se place au-dessus des lois comme des clameurs , et, fière de sou impunité , elle jouit aux yeux de tons de son aadacieox triomphe. Que dis-je ? Elle a partout -de puissana auxiliaires. Le branle est donné ; chacnn pousse à la itoue ; on interdit des écoliers qui ont été k la comédie. Le chapitre métropditaiu régale son tronpeaud'nn mandement contre Voltaire et J.-J. Rousseau j l'armée en masse
(5a) fait sa première communion : les ioamaox n'ont pas assez dé voix pour.proner toutes c^s merveilles. La Chambre des députés elle-même s'étonue d'avoir daos son sein. des missionnaires d'une nouvelle espèce; le Jérémie de l'assemblée entonae une lamentation sur la corruption des mœurs»
et finit par une sortie contre Voltaire et 3.-3. Rousseau; un collègue, digne de lui le seconde de toutes les forces desou génie, et on se regarde pour savoir si on osera rire.
Qu'oot produit toutes ces cérémonies burleisques « toutes ces démarches inconsidérées, tout ce débordement de sermonSfde mandemens, de déclamations? Ce qu'ils produiront toujours , c'est-à-dire , un eSet.toat opposé à celui qu'on s'en promettait. L'incrédulité eût fait jouer elle-même tous ces ressorls , qu'elle n'en eût par retiré un plus beau rétultat ; le faux zèle a fait une campagne à son profit Qu'on aille à Rennes et dans toutes les villes qui ont été le théâtre des scènes dont nous parlons; qu'on interroge les amis du hou ord^e , de I^
(53) saille morale , et l'on verra que totf» dé' plorent les effets funestes qu'elles ont produits , autant daus l'intérêt du Gouvernejûent que dans l'intérêt de la religioû. Qu'on EÛlIe dans les villes voisines qui ne (u>nnaissent que par ouï-dire tout ce <}ai s'est passé dans les premières, et Ton saura avec quelle douloureuse anxiété elles Voient approcher la saison où elles pourront craindre d'avoir leur tour. Qu'on voie à Paris l'effet qu'ont produit les interdictions et les mandemens; que leurs auteurs eux-mêmes se rappellentcette foulet .de chansons, d'épigramn^es , dequohbets, de brochures dont ils ont été accablés^ et qa'Us disent si le zèle ne les a point égarés. Que l'expérience du moins ne soit pas perdue , qu'elle serve à éclairer sur les inconvéniens attachés à ces innovations, ou plutôt à ces vieilleries réchauffées d'un autre siècle f qui ne sont plus en harmonie avec nos institutions , et qui ne peuvent plus marcher de front avec elles. Que l'hiver de 1818 n'o£Fre plus de ces scènes af-
(34) fligeantes ; l'empire de la i%l|gion e^ asKS florissant en France j d'uu bwt à Vautre da royaume le culte est en hooneiir; U jouit à-Ia-fois dp la protçctjoQ dtj Gouyernement et de celle des lois.; se$ cérémonies s'observent par-tout aveo l'appareil le plus sqletinel (i) ; nulle part l'iricrédulile n'ose le? troubler ; elle est réduite à étouf?^ far ^s murmures. N'est-ce point là un assev
(i) Lorsque le colle extérieur a une grande magnificence , cela nous flatte etnousdoane beaucoup d'aï* lâchement pour la religion, I^es richesses des temples et celles du clergë noas affectent beaucoup. Ainsi , la misère même des psupUs est qn motif qui les atlach* ^ cette religion , <fvi a .servi de prèuxu à eaux fiii ont cmisé leur misère, ( Esprit dûs Lqis , liv, xxT ^ cbap. 5. }
Ceci a pu être Trai , mais ne l'est plus tnaiatenant. Les peuple» ont acquis assez de lumières pour aimer les institutions qui doivent les rendre heureus de pr^. férence k ce qui sert de ptélexte pour les rendre misérables. Ce n'est pas qu'il manque de gens dispose's à employer ce prétexte pour obtenir le même résultat par les m^es moyen*, o'asHi-dire , i se senrir da maiUeau4elar^i^Qnp9vrie rendre rîcbe^ en rendant,
(55) hem réspltat ïiprès larév<^ùUoa dont nous sortons , jet peut-on en exiger davantge ? lies prêtre» légalçment, ÎDStilués »iffisent à l'euipressemeat 'des fidèlep; lear éloquence sera toujours ffssea persuasive pour ceux qui vont les écauter. Qu*ôa ne craigne point qu'ils manquent de zèle poor Ja.puissance de l'Eglise; ils n'^nt jamais médité- ce.reproche ; ils la m&iùtieodront <%tte puissance , s'ils se pénètrent bien quiï , pour conserver ce qui l^r reste de leur ancien empire, ils ne doivent pas le rendre trop pesant.
Les choses sont donc l)ien comme elles sont. On n'a donc besoin ni de prédicateurs ambulans, ni de représentations ex-
le peuple misérable; mais leurs moyens sont usés et leur charlatanisme est coma.
Il faut convenir du reste que cette dernière phrase est Bssee hardie pour le temps où Montesquieu écrivait. Si les procureurs du roi d'alors eussent été aussi ■crupuleux que ceux de nos jours, i'Esprildes lois eût bien pu encourir la saisie comme séditieux et même contraire aux meeurt.
(56) traordinûres : la raison et la religion ellemême réclament la destruction de cet abns. Les fanatiques et lès coteries du TÎeux temps y perdront , à la vérité , une source de joie et d'édification ; mais la France sera délivrée d'un sujet de scandale , la raison d'une plue honteuse , la tolérance d'une guerre active, et le Gouvernement d'une oppoàtion qui entravait sa marche en inspirant à quelques esprits défians des doutes sur la aincérité de ses intentions.
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