CHAPITRE X
CIIAND ÉV^EHENT.
IL y avait dans le village une ^espèce de taie où les paysans se réuDÎssaient le soir. Lerùod avait coutume 'd'y aller, et il y mena ce jourlà Thomas fîls. Robert y était aussi dans un coin , avec un garçon de dis-huit à vingt ans , auquel il avait appris à lire. C'était un grand benêt, qui faisait tout ceqae'soh maître lui di-, sait , sans y entendre malice , et sans avoir Tintention de faire du mal. Robert lai avait fait la leçon sur ce qu'il avait à dire à Lerond pour tâcher de le faire causer. Quand Lerond fut assis à une table , où il buvait de la bière avec Thomas, le grand benêt fut à lui. Eh bien ! monsieur Lerond , il vous est arrivé une drôle d'histoire! — Oui, mon garçon.' — Ah dame ! c'est que ces seigneuts-là , ça: se croit autoriséà tout dire. Pas de réponse.—: Nous étions pourtant bien plus heureux autrefois , n'est-il pas vrai ? — Tu es un sot , lui dit Lerond. — Je sais pourtant bien ce que je dis , allez : quand l'autre était là, il n'aurait pas souffert... Imbécile I est-ce que ta croîs que c'est le Roi qa ^
a^Lurise toutes lessottisesdeM.deFiereavilIe?
— Oui , je le crois. — 11 est pourtant bien loin de là ; il voit du même ail tous ses sujets , et ,
s'il savait qu'on les vexât Robert , dans son
coin , bouillait d'impatience en voyant que Le* rCHid ne se laissait pas entraîner par ce qu'on lut disait. La conversation continuait d'une manière insignifiante ; mais le hasard servit Ro-^ beft mieux que toutes lespre'cautions qu'il avait prises. Le grand benêt disait à Lerond : Tout de même , monsieur i<erond , vous vous êtes fait faire là un bel habit ! — Tu trouves.... — Oui; mais on vous Ta &it trop large , cela vous donne l'air d'un grand-père. — Cela m'est égal > dit Lerond , j'aime à être k moiji aiae. Je veux qu'un habit soit ample: ma foi, ^ve l'ampleur; avec l'ampleur on n'est jamais gêné. -»■ H a crié vive l'empereur (i), s'écna Ilobert; qu'on l'arrête, il a crié vive l'enjpevenr I — Tues un imlM>stenr ,-dit Levoqd ; Thomas est témoin...
— Oui f oui : ThoQias dira cQimne toi ; mais
(i) Ce jeu de moto paraîtrait sans doute d'un Irbs-maavais goAt, si l'on ne savait qu'à soixante lîenes de Paris itft été le sojfit d'un procès int^até à an pauvre homme <^ , apTM avoir été acquitté par tel jugM , fut remis en prism par /'««fonV-
fiastien est là... — Moi, M, Robert? je n'ai pas ealeaà.ti hi&a distiactement... — J'ai entendu, iBOÎ-, tu doisaveir entendu aussi. Allons , mes amis , prêtez-moi niaio-forte poor arrêter ce nialveiUaiit qui&it entendre des -cris «ëditieuK. Pas'iAi piaysan tie 'bougeait : lapin-' ^art f Occupés à Causer entre-efik » n'avaient rien «ntendu de ce qui s'était dit. Us restiiîeiit la 'bouche béante , et ne pouvaient pas se mettne daios l'idée que Lerond eàt &it ce dont on l'aocusait. Dans tOu las caâ, aucun n'«tait disposé à arrêter Lerbnd.poUr faire' plàisiràM.-i^ebert. 'Comment , cnait M. {loberti^ vous ne -me sCr coudez pas pcMur arrêter ee imsérable! Vous voulez -donc -qu'on votis regbrde coœntis ses complices ? Je vois bien qu'il faut quç je TOifS -donne l'exes^e.
îlobept> surmontant s» tinùditç naturelle, 'mwche à lienond» et 'Veutjâ :sai5i,r an collef. -A fteine ee &f&it-41 &it le -geste, qu'un coup de poings ^lœ Lerûad lui sfpUqqa tk toutes •ses-ferâe^ sur le visage , - l'envoya, tomber de 'l'aijitrèo^të^ela chambre. Ce'iut'w).-boali£tfr pour lui : car Tbomasfils, transporté de i'^- Tcuir, allait s'étoicer sur lui et l'eût bs^emmé. Rdseii se releva' tout 'SBqglaift. Il ne m44qua|t {^w que cela; réb>ellk«f vtMS de &it çonitïe
Fautorîté : et tous , coquins , qni ne me vengea pas, vous êtes d'accord avec lui ; je ^ous ferai tous arrêter. Âh ! tous tous réunissez dans un lien public pour inToquer le nom de l'usurpateur ! TOUS TOulez assassiner un magistrat qui s'oppose à vos cris d& réTolte !- Tremblez , misérables , tremblez : TOtrc châtiment n'est pas éloigné. Robert' sortit , laissant tons les spectateurs fort étonnés de ce qui Tenait de se passer, et Lerond et Thomas, en particulier, fort inquiets du résultat qu'allait aToir cette scène. Bastien disait qu'il avait bien entendu ampleur et non point empereur ; mais il sTait tant de confiance dans M. Robert, qu'il ne pouvait croire qne celui-ci se fût trompe.
On resta long-temps à conférer sur cette malbeureuse a6aire. Tons les paysans,- sur le dire deBàstien> étaient prêts à attester Tinnoceoce de Lerond. Une agitation péniMe régnait dans cette rétinian d'bommes si tranquilles jusqu'alors. Os se quittèrent triâtemeùt et formant -les plus tristes conjectures sur ce qui allait arrÎTer.
Ponr Robert, il n'arait même pas touIu se laTCr le-visage. lise présenta, tout sangluit, chez M. deFierenTÎlle, pour iaire plus d'impressdon
sar lui. On Inî dit que M. de FierenvUle e'tait coucW; il n'en persista pasmoimà entrer; ety malgré la serrante, il courut à la porte de la chambre , qu'il onvrit bnuqaement.