‹ Recueil politiqueChapitre 37 sur 63 · LEROND EST MIS EN LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LEROND EST MIS EN LIBERTÉ

KjEPENOktii te présicienF contianait de (site des dëmardies pour rélargisBement de Lerond. IndigDC de riajustice coausise à son ^ard ^ il iBeiiïçaït d^ recpurir su chef de l'efat luimém^e, ponr faire cesser iiqe iojuste |>ersécutioii. Ses coorageBEQs réclanutions commençaient à intimider l'autorité , qui sentait bien qu'un Itomme de ce caractère était fort gênant pour les honnêtes gens , qui aiment ji satiâ&ire leurs pcUles passions aux dépens de ia liiwrte de ceux auxquels iisen veulent. Ëofin^ ses remontrances, ses sollicitations, ses menaces , obtinrent l'effet -qu'il s'^n proposait. On seiHtt i« daqger de le forcer à recourir aux autorité Supérieures : on voyait qu'il était homine à le faire ; et que les -mesuFes contre lesqtieiles il r^lpmait cwornençaient à' devenir odieuses à tout le monde. Lerond fot donc mis en liberté. Cette heureuse nouvelle lui fut fk^rtée par celui même qui y avait tant contribué , et qui trouva sa plus douce récompense dans les témoignages

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de joie et de reconnaissance qtie Lerond lui donpa.

A peine apprit-ôn an village l'élargissement de ce brave Homme ; que ce fut une joîe générale. Tout lé monde allait féliciter Catherine , et lui Élisait espérer que la liberté dé •son pète et de son frère suivrait de près celle 2e Lerond. M. de Fierenviile et Robert étaient - consternés j ils voyaient depuis long-temps qu'on paraissait disposé à revenir aux sentimens de modération. Ils s'étaient plusiears foii communiqué les tristes conjectures que cela leur faisait faire , et ils àvàtënt été d'accord pour prédire que la France elâlt perdaè > si on ne continuait pas de la ^ùvèrnér d'apurés les principes qu'ils Avaient si Uën mis en vigoeur dans le village. Ils résolurent de se réafeniiër chez eux pour ne point voir atrivcr tètônd , et ne point être témoins dé là joie dé ces Coquins de paysans , dont il n'y avait pàs moyen de tempérer les éclats.

On savait que Lerond devait kmyëc lé \eademain. Tout le monde ftit à sa rencontre ; ïï ne pouvait suffire aux témoignages- d'àSTection qu'on lui donnait. Catherinb plèora en l'ëra' brassant. La joie qu'elle éprouva fut bien te^'- . pérée , en songeant qu'il revenait seul ^ et que ' 7

les deux infortunés qui l'avaient accompagné daus son douloureux voyage , gémissaient encore sous la plus tyrannique oppression.

Lorsque Lerond eut répondu aux £élicita- 'tiiMisde tous ses amis, et aux touchantes caresses de ses deux vieux serviteurs , auxquels sa maison avait été confiée pendant son absence, il entra chez Catherine : leur première pelisée fut de s'entretenir des moyens de reodre à la liberté son père et sou frèi'e. Il n'y -a point à balaneer, dit M; Simon; si les eSbrts du président ne réussissent pas, il faut, Lerond, que TOUS alliez vous-même à Paris , que vous éclairiez les dépositaires de l'autorité sur l'abus que leurs subalternes font de celle qui leur est confiée , que vous rendiez à la société deux hommes qui n'auraient jamais dû en être séquestrés. Vos plaintes seront entendues j vous trouverez des hommes disposés à les accueillir et à les Élire parvenir jusqu'aux pieds du trône, s'il est nécessaire. .

La modération va prévaloir ; l'opinion publique commence à faire justice de ces plates coteries, de ces ateliers de dénonciations qui ont &it un moment trendiler les citoyens paisibles et honnêtes. Un dénonciateur, de quelque prétexte qu'il colore sa coa-

duite, r^mt jamais que le plus vil des hommes; jlo'y a pointd'opinion,point de devoir, y^oint' de serment qui puisse le justifier; le gou* Terneihenl le reconnaît tous les jours, Texpé' rience lui démontre que ceux qui ont fait éclater leur dévouement par ces infimes manœuvres, avaient moins en vue l'intérêt du trànâ qne le désir d'une liche vengeance , ou les calculs d'une cupidité eCTrénée. Le Roi va faire rentrer dans le néant ces hommes qui se sont mis entre son peuple et lui , pour arrêter les effets de sa bonté et de sa modération. Allex donc mêler votre voix à toutes celles qui s'élèvent contre eux • secondez les efforts courageux de ceux qui veulent leur arracher le masque dont ils se sont couverts ; que leur con* duite, dénoncée à l'indignation publique, les fasse , je ne dirai pas rougir , mais trembler , car la crainte est pins puissante que la honte aur cette espèce d'hommes.

En rendant service à deux infortunés , vous serez utile à la nation toute entière. Vous éclairerez ceux qui la gouvernent, surces abus d'autorité qui doivent enfin avoir un terme , et auxquels leur nom n'a que trop souvent servi d'appui, quoique leurs intentions y aient toujours été opposées. Lerond avait prévu , à cet

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égard, les copseils de M. Simon > qui e'taient parfaitement d^accord avec, ses intentions. Il fut décidé qu'aussitôt qu'on aurait connaissance du résultat des dernières démarches que devait faire le, président , si ce résultat n'était pas favorable, Lerond partirait pour Paris.

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