‹ Recueil politiqueChapitre 39 sur 63 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

U, DE riEREHTILLE CHJUfCE DE LAVGAOB.

Un jour, au matin, Lenmd fut bien surpris en voyant entrer chez lui M. de Fierenville. Il le regarda fixement, et, sans le saluer, ni l'inviter à s'asseoir, il attendit ce qu'il allait lui dire. Bon jour, mon cher monsieur I^rond, je suis bien aise de vous revoir. — Veifest-vous ici , monsieur, pour vous moquer de moi ? — Pourquoi cette idée ? Je parle sérieusement. — Comment puis-je Vous croire , quand je sais que c'est à vous seul que je dois tous les désagrémens que j'ai éprouvés ; quand vous êtes cause que Thomas et son Bis sont encore en prison? Retirez-vous;' ne venez pas ra'insulter chez moi,' et craignez de me faire sortir de mon caractère. — Mon cher Lerond , j'ai Àé trompé sur votre compte. — 11 ne fallait pas vous laisser tromper. — Je n'ai pas cru qu'on pousserait la chose si loin. — II ne fallait pas la mettre en train. — Je sUis £k:hé de voir que vous m'en voulez. — S'il n'y a que cela qui vous chagrine, VOUS pouvezvous retirer en paix. Je ne vous veux pas de mal, quoique vous m'en

,ayez fait, et je vous promets de m'occuper de vous le moins que je poarraî. — Écoutez, Lerood , nous sommes dans un moment où il est nécessaire que tous les bons Français s'entendent antre eux. — Cette nécessité a toujours existé , même dans le temps que tous me faisiez mettre en prison. Vous ne me preniez pas alors pour un bon Français; je suis cependant toujours le même. — Que diable! oublions tout cela. — U TOUS est bien ai^é ', à tous , de prêcher cet oubli ; tous pourrez oublier ce queTOus avez fait souffrir aux autres , mais ceux qui ont

souffert ont plus de mémoire J'ai eu tort,

j'en conviens ; mais on m'a tfompé. — Si vous croyez cela , que ne chassez-vous de votre présence le misérable qui a abusé de Totre confiance, ce Robert... — Oh! vous lui envoûtez.:.

, Dans le fait... Je pourrais bien 6uir par croire que c'est un... coquin. — Pourquoi donc le voyez-vous toujours ? — Écoutez... dans le fonJ... il a du, bon. — Soit; j'ai l'honneur de vous saluer.— Écoutez-doïic , Lerond, écoutez... Que diable ! vous ne voulez rien entendre. — Que me voulez-vous? — Çà, plus de rancune. Donnez-moi la maiu. — Je ne donne la main qu'à mes amis. — Eh bien, je veux l'être, moi. U faut venir me voir, venir dîner chez moi. Par-

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