‹ Recueil politiqueChapitre 41 sur 63 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

DÉCLAUTIOR DE LEBOHD.

CuEPEHBknilt presideot cobtînuait ses dénnpches«t n'obtenait rien. Catherine se désolait >«t Lerond , impatient, voulait partir desuite pour Paris. M. Simon le retint. Vous avez mainte- . nant , lai dit-il , d'autres devoirs à remplir : tont ce qni se rapporte aa bien public doit passer avant vos afibctiDos particulières, vous êtes Français avant tont Les élections réclament votre présence ; il n'^ a rien qui puisse dispenser les bons cHoyens d'y assister : commencen donc par remplirce devoir. Pénétre^vons biea desintentîonsdaroonarqne,qui vient de donner an .peuple français une'pceaTesi)l!OUcbantf ^le son mnaonr, et contribnez , par vôtre suffrage , à neus choisir des neprésentans qui nous assurait te repot dont nous avons besoin. - Lerond-étaittropboncitoyenpour ne point sentir la jostesse de cette obsnratiou ; et, quoi «|u*il lui en eoMot, il diflFéra sou voyage jus- •qu'après les élections. -''

En se promenant un jour; il rencontra Ro- . bert, qui lui Ht un grand saint, auquel il ne

ii8 répondit pas. U rencoDtra aussi le caré , qni vint à lui , enchanté de le revoir ; il lui parla poliment , mais froidement, et le quitta de snite.

Lerond se disposait à aller le jour suivant aux élections. M. de Fiereavîlle viot le trouver lesoîr : Mon cher Lerond, on m'a dit que vous parliez demain. -^ On est trop bon de s'occuper aut«it de moi. — Ah ça ! je vous en veux de ne pas m'avoir demandé ma voiture ; vous savez qu'elle est tout à votre service. — Vous êtes trop bon ; je craindrais d'almser.... — Pas du tout , mou ami ; mais bisons mieux. Je doîsparliraussi î allons ensemble: d'ailleurs il &ut que nous nous concertions sur ce dont nous sonHnesconvenns.-^Je ne puis, monsieur de Fiereuville, accepter votre proposition; et ie vais vous parler firancbemeot , pour vous ôter toute espèce d'incertitude sur mou compte. . Nous étions tranquilles avant votre «rrivée; nous.aTions pour maire un honnête homme, vous l'avez bit destituer , et remplacer par le plus méprisable hypocrite. Je ne vous avais jamais rien fail;vous«ves employé tous lesmoyeos pour me procurer des mortifications; vous ave» fini par me bire mettre en prison, en bisant sur mon compte un ra{^rt calomnieux. Vous

"9 y avez feit mettre avec moi deux malhenreox qoi ne s'étaient jamais occupés de vous , et qai y sont encore : vous n'avez jamais parlé des paysans qu'en les traitant de canaille et de manans. Tout à coup vous changez de langage ; et vous voulez qu'on croie à la MDcérilé de votre converâon ! Vous venea nous dire que. vous nous r^ardez comme vos enfans ; que vous êtes notre père , que vous voulez notre bien : pourquoi n'avez-vons pas toujours parlé ainsi ? Nous n'avons pas changé ; nous sommes toujoursles mêmes que lorsque vous nous prodiguiez les dénominations les plus outrageantes : comment donc se feit-il que vous ayez deux maaières de nous juger?

Si , en commençant , vous avies employé le langage que vous tenez aujourd'hui , et que TOUS TOUS fussiez conduit en conséquence , nous aurions pu vous croire sincère , et nous vous aurions aimé; car il n'y a rien de si facile que de se feire aimer de nous. Il n'est pas ué» oessaire pour cela de nous 5iire du bien ; il ne faut qu'être honnête et ne pas uoos faire de mal.

Mais vous vons êtes cru tout permis avec des paysans ; vous nous avez témoigné un méprr» auquel DOQS n'étions plus accoutumés ; vous.

êtes deTenu penécnteur, et vous tous êtes fermé pour toujours des cœnrs que tous aurîm pu vous concilier. Ce n'est point un retour aqssi }xt»npt , et dont le temps n'a point pronTé la sincérité, qui peut efiacer de pareilles impressioas et vous attirer notre confiance , que d'abcnrd tous avez jugé au - dessous da vous de mériter. Si à rarenir vous vous cou" doîsec cooiDie vous promettej: de le faire ; si Is temps ne diai^ rien aux Iwnnes dispositions que voos manifestes aujourd'hui ; si vous mettez de côté la îuuteur, la morgue., l'insolenoe •t l'esprit de persécution , pour vous montrer bon , conciUaot , afiable et bienveillant : aXon nous vous croirons de bonne foi , et nous sommes trop justes pour ne pas vous rendre notre cooflaoce et notre affection : jusque-là nous ne voulons point en courir les risques. Notre traïf quillité dépend du choix que nous allons fiiirej trouvei dose bon', monsieur de Fiereuvilk^ que nous choisissions, pour nous représenter , des hommes dont la conduite passée ne noitt donne pas lieu de craindre pour leur conduite à venir.

M. de Fierenville n'avait point songé à interrompre Lerond. Il se mordait les lèvres , et rougissait de colère et de dépitj il sortit brw-

quemeat sans répondre un mot , sans regarder Lerond ni le saluer.

Lerond partit ponr la ville. Ainsi qu'il l'avait promis, il donna sa voix à un citoyen reconi' niandable par ses talens , sa conduite , ses principes modére's; et il eut la satisEictiou de voàr l'unanimité des suffrages se joindre au sien. M. de Fierenville se donna beaucoup de m^u^ vemeut , intrigua beaucoup et u'obtînt rien. B Tencontra fréquemment Lerond dans, le courant des opérations du «oUége électorid ; raaÎB il baissa les yeux et n'eut point l'air de l'avoir aperçu : on n'aime point à revoir cevv fais desquels on a fait de&lMâseeses inutiles.

Lerond vit le pmideot avant de revenir au village. Cette faomi^ respectable n^avitit pw j>erdu l'espoir de faire réussir ses sollicitations^ <Itt'il conUnuait toujours avec beauconpile chaleur. U engagea Lerood à ne point perdre patience, et à ne.&ire.sgn voyage que dans le cas où toutes ses démarches échoueraient. Lerond y tionsentit , quoique anc peine ^ rtretoum« t«»teineut au villiE^e.

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