‹ Recueil politiqueChapitre 44 sur 63 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Le lendemain , Lerondvit dans la cour an gar* çon de l'aubei^e qni causait avec un soldat habillé de rouge^ Je croyais, dit-il qu'il n'y avait plus d'Anglais à Paris. — Ce n'est point un Anglais, lui dit-on, c'est un soldat de la .garde. Lerond, qni n'avait jamais touIq seiTir> n'en aimait pas moins les soldats, et un.soldat de la garde , particulièrement, lui paraissait mériter de la considération. Le soldat s'étant approché, Lerond chercha à lier conversation avec lai : Eh bien ! mon camarade, lui dit-il, voiu devez TOUS trouver heureux d'être dans le corps où TOUS servez. — Oui, nous l'être bien payé» et la fiande y Pitre pon. — Indépendunmentde cela^ l'honneur d'être chargé de la garde du.prince. — Oui, nous, tafoir seize sous par .chourj tétre bien choU. — De plus, le plaisir de servir sa patrie. — Moi pas safoir ce gi4e fçus feu* tire avec son batrie, -^Comment,! vous ne me comprenez pas quand je parl« du plaisir qu'il y

i34 a à servir la France ? — Oh ! la France ou pien m autre paysiil est tout égal pourmoi- — Qaoil TOUS De fOQS embarrasses pas,,. Moi, m'emparasse te recevoir mon Varchent tous les cinq chours , le reste il recarie pas moi. — Ah çà ! mais c'est pour plaisanter qne vous me tenez ce langage ? car il n'est pas naturel que ce soit là votre &çon de peaser. —Foyez-;/ous ce Poricht' nal gui croit que moi biaisante , comme si l'être pas nadirel ce que che *ra / — Oh ! ne vous fifccbezpas. — Moi y /eut fâcher mot, et vous y peut s en aller à le tiaple. Le soldat , en disant ces mots, quitte' Lerond, qui était dans une surprise inexprimable d'entendre des choses aussi étranges. Parblen , disait-il , voilà la pre^ mtère fois qu'il m'arrive d'en rencontrer un pareil. Je n'en reviens pas.

Dans ce moment ^ Lerond vit entrer dans rhôtd un autre soldat qni avait un bonnet à poil et un habit bleu, Lerond fiit à lui : Vous servez dans ta garde rojale? — J'ai cet faonoenr, lui dit poiimentle soldat. — Vous tous y trou* vos benreuz ? — Un soldat français est toujours heureux lorsqu'il peut servir son prince et sa patrie? — Voua l'avez déjà bien servie , cette patrie? — Mon sang a déjà coulé pour elle, et ce qui en reste lui appartient encore, -r— Vous

i35 servirez de même notre bon Roi? — Noscœurs et nos bras sont à loi.

Lerond li)i prit la main : Voilà, dit-il , le langage d'un soldat firançais , voUà les sentîmeaa que je leur supposais, et je nemetrompais pas.

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