CHAPITRE III
LE DIKEB d'étiquette.
' Je trouvai Iç lendemain, cliez la marquise , une assemblée fort nombreuse. EUe me présenta son neveu. C'était un assez beau garçon de dix-neuf ans , chef de bataiHon dans une légion , que î'appris être en garnison à Paris. Je remarquai parmi les dames la baronne, que j'avais vue la veille. Il y avait aussi des officiers généraux et supérieurs, des chevaliers de Samt-Louis, mais presque tous très-âgés. Je me- trouvai placé dans le cercle entre le neveu de la marquise et l'ennuyeux abbé.
Le neveu, qui s'appelait le chevalier de F. , était mis avec un soin extrême; aussi il se regardait avec complaisance, et tournait souvent la tête à gauche pour admirer son épaulette. Je lui adressai la parole : il est bien flatteur, moosienr,d'être à votre âge aussi élevé en gradel Officier supérieur, et pas encore vingt ans ! — Oh 1 monsieur, je devais prétendre à mieux que cela , mais il s'est fait tant d'injustices ! on a si peu d'égards pour nous! Je devrais être colonel ; il y en a certainement en dans ma fa-
mUls ^i ODt obtenu ce grade avant Fâge que l'ai atteint. — A ce que je vois, moosiear, quoique jeune, vous avez déjà de bien beaux services: la décoration que vons portez en est le certificat.^— Oui , monsieur, certainement. .J'ai prouvé mon zèle pour là bonne cause. Je me #uis fait inscrire dans les voloutaires royaux , en 1 8 1 5. Il est vrai que j e ne suis point parti , mais c'est parce que j'e'tais indisposé. Mes droits n'en étaient pas moins les mêmes ; cependant j'ai obtenu , avec beaucoup de peine , le grade de chef de bataillon. Croiriez-vous qu'on ne voulait me faire que capitaine? Il faut pourtant que je me contente de ce qu'on m'a accordé; vont avouerez que pour un jeune homme qui tient aux premières familles de France , c'est bien peu de chose ! — Avez-vous (ait quelqu'une
de ces campagnes fameuses ? — Quoi! sons
Buonaparte! — Dans l'armée française, ^-i- Grâces an ciel, je suis de ce côté à l'abri de tout reproche. Vouliez-vous qu'un honime de mon Tang servjit avec un tas de gens sans aveu? — IVon, non, iuterrompit l'abbé, monsieur le chevalier n'a jamais voulu en entendre parler, et c'est ce qui lui donnait des droits à être mieux traité qu'il ne l'a été. — Jugez , reprit le chevalier, combien il est pénible pour moi ,
doot la c4)ndi)U9 a tpujoucs été p^re , de me trouT«r il^ns le iDéme coi^avec des gens sang naissapce . qui oQf gagpé leur grade au service de fiiionaparte! : — Mai«f iqoQsiçur, ne I«^ye»!t-il8 pas servir le Roi cpippa.çiUppitsçrvii Buonaparte?— Oui , ils ea ont donné de }>elle9 pneures I Croye^-moi, le Koi ne peut compter qne sur nous. — Aïais, monsieur, une conduite piire, CQfixm^ vous appeler la vôtre, ne suffît pas pour commander des troupes; car enfin l'instruction , l'habitude du commandement, la connaissance de son mé^er./...— Tout cela, monsieur, s'acquiert quand on veuts'eu donner la.peine. D'ailleurs est-ce auschefe à entrer dans taus pes détails? n'avyns-noos pas des sous-officiers que cela regarde spécialement? Les officiers de l'ancienne armée font sonner bien haut ces connaissances du métier, parce qu'ils n'ont que cela à faire valoir. Ils osent encore parler de leurs services quand on veut bien leur faire la grâce de les oublier. H n'y a pas jusqu'à leurs sous-officiers , qu'ils sont toujours à vanter comme néce^ïres à la formation d'un corps « comme méritant de l'avancement. Il faut bien endurer tout cela maintenant; mais un jour viendra, je l'espère, où on nous débarrassera de ces hommes dangerenz , qui nous voient
toujours d'an œil d'envie. — ^Monsieur, ce n'est pas ainsi qu'en a jugé votre sage sonverain. Pins indulgent que tous, il ne proscrit persOfine. n a su amalgamer ensemble les élémens (Tui paraissaient les plus opposés, et c'e^ cette lieareuse fiision qui doit amener de si importons résultats pour le bien public. — Oh ! monteur, TDS fusions, vos amalgames, c'est justement ce qu'il est impossible d'opérer, et c'est la manie de le tenter qui nous perdra. — Ce que vous regardez comme impossible est déjà fiiit; car enfin vos régimens sont organisés. J'en ai TU qui m'ont paru fort beaux , et je suis sûr que le Roi peut compter fermement sur eux. — Oui , sans doute p jusqu'à un certain point j car nous sommes là nous antres, etil ne faudrait pas... — Ëhl roonsiëBr, tous comme les autres, vous feriez votre devoir. Ecoutez , on ne peut bien juger des choses dont on ne voit que le dehors. Je désirerais voir un peu voscaraarades daDS leur intérieur. — Qu'entendez - vous par mes camarades? — r.ies officiers de votre corps. — 11 n'y en a que deux ou trois parmi eux qm puissent être mes camarades. — Ils le deviendront tous peut-être. — Jamais. — Soit. Mais jie pourriez-TOus pas me mener parmi eux, à eur pension, par exemple? — Comme je nevis
pas à lenr pension , cela n'est pas possible; maïs il y a demain un repas de corps.... — Eh bien! demandez-leur la permission de m'y préseater. — Je n'ai pas de permission à leur demander pour cela. Je vonsy présenterai. Cesl beaucoup que TOUS leur fassiez l'honneur d'y assister. Je voudrais bien, moi, pouvoir m'en dispenser; mais cela n'est pas possible. — Il me semble qu'une telle réunion ne doit rien avoir que d'agréable pour vons? — Oui , si elle était composée comiœ elle devrait l'être. — Bon Dieu 1
feut-il toujours s'en tenir — Monsieur le
chevalier a raison , s'écria l'abbé, qui voulait ramener sur lui l'attention; un homme bien né, qni pense-bien , ne peut se trouver volontiers avec ces soldats parvenus, qui ne savent quç parler de leurs féroces exploits, et dont, pardessus tout cela , la fidélité est très-équivoque. ■ ' L'abbé prononça ces mots très-haut. Aussitôt nn individn, que j'appris être un ex -député^ les paraphrasa longuement , et finit par dire que, si on les avait laissés faire, la composition de l'armée n'eût pas o£fert un pareil scandale. Ou annonça que le dîner était servi. Je me trouvai placé, à table, entre la baronne et encore ce maudit abbé. La conversation s'anima par degrés. On parla du malheur du temps , en-
core aggravé par la mauvaise r&olte. Un convive parla d'une émeute qui avait eu lieu d^us une ville de province. Parbleu, dit un grôi bomme, comment voulez- vous que cela soit autrement? On « réveillé l'audace de la canaille ; on veut qu'elle compte pour quelqQ0 cbose dans le gouvernement; .elle en fera bien d'autres si on n'y met ordre. — Pour moi , s'e'cria le cbevalier, je voudrais bien me tn^uver avec mon bataillon dans une occasion pareille; comme je vous ferais justice de cette canaille ! — Ali ! monsieur , lui dis-je , pouvez- TOus former un pareil vœu? £st-ce contre vos concitoyens que vous devez désirer de vous signaler? est-ce le sang Crançaisqui doit rougir votre épée pour la première fois? Souhaitez plutôt que la misère du peuple cesse; car soyez sûr que ce n'est que le sentiment de ses maux qui peut le hire sortir de la soumission à laquelle il est accoutumé. — C%! monsieur, c'est aveccetteindulgence pour la canaille....- — Maïs dites-moi donc ce que vous entendez par la canaille! — J'entends cette classe sans considération, sans fortune, sans naissance.... — Ab ! sans naissance ! permettez moi de vous dire, en ce cas, que vous rangez dans la canaille une "«lasse de citoyens bien nombreuse , bien utile
à VéM , bien ëclaîrée , à qui tous inspirez 1« désir de se venger du méprisque vous en faites, et qui se donne sans doute la consolation de rendre cette dénomination outrageante i ceux qui l'en gratifient.' — On voit, ntonsicBr, que vous o'étes pas ^u fa(t de notre situation. — Je m'y metsà chaque instant, raonsienf. — Baht s'écm un indiridu en costume d'officier général , qu'avoiifi-nous à craindre de eette canaille que vous paraissez tant redouter? N'avoos-nouS pas les alliés pour la mettre k la raison, si elle osait boQger? Voilà justement, dit la bar(Mine, ce qui doit nous faire déplorer à jamais l'aveuglement et la maladresse du gouvemement. C'est pendant qu'on pouvait disposer de cette force imposante , qu'il fallait tout de suite remettre les choses sur le pied où on voulait les avoir. C'était le moment d'arracher nos biens h. , leurs indignes possesseurs, de nousrendre cette prépondérance dans l'état, qui ne serait que le prix de notre fidélité et de nos sacrifices , de rétablir cnfln le dei^é dans ses possessions et son autorité. Cétait là ce qd'un gouvernement sage aurait fait. U avait la force en main, personne n'eût remué. Maintenant on serait déjà accoutumé à ces changemens, et la c^ose marcherait d'elle-même; mais on a eu peur. On4l
parlé de ropioion : comme si l'opinion dn peu* pie faisait quelque chose, comme si on n'eut pas dû accoutumer ce peuple à n'en plus avoir 1 On a parlé de la nation, comme si la nation ne résidait pas dans le souverain , et dans la noblesse qui l'approche de plus près ! Enfin , on s'est comporté de manière que la présence des alliés ne nous a procuré aucun des bienfaits qu'on devait en attendre, et qu'il pe nousen reste que les charges énormes qu'elle entraîne. Un cri général d'admiration s'éleva quand la baronne cessa de parler. Oui , s'écria un in- . dîvidu décoré d'un cordon noir, madame la baronne a expliqué d'an seul mot toutes les fautes du gouvernement; il n'a point profité de ses avantages. Yollà ce que la postérité la plus recnlée lui reprochera! Mais au nombre des importantes améliorations qu'on pouvait faire^ n'oublions pas qu'on devait commencer par mettre un frein à cette manie de s'instruire , qui avait gagué toutes les classes. Bientôt les gens de qualité n'auraient plus trouvé personne pour leur servir de laquais. Tout le monde voulait parvenir. Cesgredins-là, mécontens de leur obscurité, s'étaient persuadés qu'avec du courage et des talèns on pouvait devenir général , qu'avec du savoir et de l'éloquence ou
pouvait devenir président, conseiller d'état : que sais-je ? A qaoi n'aspiraient-ils pas ! Heureusement on a conimeucé à les faire rentrer dans le néant; mais ce n'est point encore assez. Il n'y a pas un grimaud qui ne se donne les airs de raisonner; et, en vérité, si on voulait leur répondre , on serait quelquefois einbarrassé. Tout cela vous parle d'indépendance , d'égalité, de liberté. II est temps de mettre ordre k cet abus. Un peuple est toujours trop éclairé. Cest des lycées qu'est sortie cette jeunesse turbulente qui a fait tant de mal à la France et qui témoigne encore si peu de respect pournods. Non, non, point de salut point de repos, tant que l'éducation , entièrement confiée aux ecclésiastiques , n'aura point reçu desages limites, qui forcent les jeunes gens à se circonscrire dans la sphère pour laquelle ils sont nés.
Ce discours obtint les mêmes applaudisseinens que le précédent. Four moi , j'étais stupéfait de tout ce que j'entendais , et je dis à celui qui finissait de parler : Au moins, messieurs, les alliés ne vous auraient pas secondés dans cette réforme ; car , loin de vouloir étouffer le développemeot des lumières , ils profitent de tout ce qu'ils ont vu chez vous pour enrichir
leur pays par des étaMissemens utiles aa progrès des sciences et de l'iDstmction publique. Il me semble que vous nuiriez à votre gloire nationale, si, après avoir long-temps servi de modèles, vous vouliez rétrograder, lorsque tout les autres peuples font leurs efforts pour parve* nir au bût que vous avez atteint long-témpt avant eux. — Gloire uationalel qa'est-ceque cela signifie? dirent d'un âir khëcontent pIl^sieurs convives. Enfio un d'eux nie répondit : Monsieur, ce qui peut convenii- aux alliés nft noos convient pas à nons. Ils n'ont pas, comme nous, la terrible leçon de l'expérience. — A propos des alliés, dit un antre, il but convenir qu'ils nous font bien payer les services qu'ils nous ont rendus ! — Oui , mais on a encore l'indignité de &ire peser ces cfaarges-là sur nous comme sur les antres, nous fidèles servitears, nous soutiens de la bonne cause! Cest sur ce peuple qui a causé leur retour , qu'il allait tout rejeter ; c'est pour lui qu'on est oblige de les conserver : si on pouvait compter sur sa tranquillité.... — AfaI monsieur, m'écriai-je, ne &ites point cette injure à vos concitoyens. C'est le sentiment de leur devoir, c'est leur amour pour votre bon Roi qui les maintient dans l'or^ dre et dans la soumission: ce n'est point la pré-
seoce de ces cent cinquante mille étraingers." L'indignation y l'bamiliation qu'ils éprouvent de les voir chez eux, serait propre an contraire à les faire sortir de Ibur état de tranquillité , s'ils ne réfléthissatént que cette armée étrangère est uoé chaîne imposée au Koi lui-même ^ comme à la nstiou^ et que ce prînCe n'est pas ]e dernier à sentir toute l'amertume attachée à de pareilles conditions. Je ne revenais pas de ma surprise , en voyant que moi , étranger aa milieu de Français, j'étais le seul qui pensât, qui parlât avantageusement de la nation..Quoi qn'il en soit, monsieur, me répondît le même Iiomme , nous les gardons et nous les payons , et il est probable qu'on ne voit pas tout en beau comme vous. Le gouvernement prend des précautions pour se garantir de la trahison et de la perfidie. U va an-iver à Paris des régimens suisses. — Fonvez-vous , monsieur, les voir arriver avec joie ? — Pourquoi pas? cela fera un très-bïm iefiiet. -^ Dieu veuille que vous ne vous trompies pas ! — Quelle raison aves-vous de craindre le contraire ?< — Croyez-vous que cette garde royale si belle, si dévouée, si fidèle, f{ue cette troupe éminetnment nationale voie avec plaisir associer à ses nobles fonctions des étrangers qu'on a été acheter ? La France man-
qae't-elle donc de bons citoj'ens , de soldats courageax et fidèles, poor qu'on soit obligé de confier la défeose du prince à des brai merce* naires ? IVavez-Toas point nn grand nombrede bons officiers qni végètent dans l'inaction et dans l'oubli? Fant-ïl en faire Teoir à grands frais, qui sont étrangers au pays qu'ils vont servir? Us ne s'attacheront point à un sol qui ne les a pas vus naître. Amenés eu .France par l'intérêt, ils n'éprouveront jamais ce noble enthousiasme, cet amour de la patrie, qui a fait des héros de vos soldats et de vos officiers. Croyez-moi, le spectacle de cette milice étrangère froissera l'amour-propre et la sensibilité des Français. Ils penseront avec douleur que, condamnés a payer et à nourrir cent cinquante mille étrangers , on en a augmenté volontairement le nombre; car. jamais ils ne considéreront que comme des étrangers ces soldats appelés au milieu d'eux sans leur aveu. Us se rappelleront malgré eux cette importante vérité , dont un souverain ne saurait trop »e pénétrer , que tout salaire donné à un étranger est nn larcin &it aux citoyens, — Mais, monsieur, dît la baronne, pourquoi toutes ces déclamations? n'-y a-f-il pas eu de tout temps des Suisses aa service de France? — Oui, madame ; mais
parce que cela a été , ce n'est pas une raison pour que cela puisse être encore. — Alloas, dit un autre, toutes ces discussions sont inutiles. Le gouvernement sait en cela ce qu'il fait; plùt à Dieu qu'il ne donnât lieu qu'à de pareils reproches! Espérons, au reste, que (oSit ira bien. Le Roi a aiïaire à trop forte partie, pour ne point être forcé de rentrer dans la bonne route. Je vais porter un toast au retour des idées saines et conservatrices , au rétablissement de la morale et de la religion , au triomphe de la noblesse et du clergé dans la lutte qu'ils soutiennent I
Ce toast fut reçu avec- acclamation. Je vis que les convives , qui avaient presque tous demeuré en Angleterre, en avaient conservé les habitudes. Ils portèrent successivement des toasts qui furent tous aussi impertinens que le premier. Je me levai aussi à mon tour, et je dis : A l'union de tous les partis , a l'oublt du passé, k l'accomplissement du plus cher souhait du Kot , au bonheur du peuple français! Je fus .tout surpris de voir que tout le monde se regardaitsana parler, et que personne nerépondit à mon toast. Je me rassis vraiment déconcerté et embarrassé de ma personne. L'abbé me dit alors ; On voit bien , moDsieur, que vous êtes
5o étranger. H n'y a que ç^la qui puisse faire excuser la méprise... — Quelle méprise ai-je donc commise ? lui dîs-je avec humeur; les sentimens que j'ai exprimés sont-ils condamnables? — Considérez donc de' quelle classe d'hommes TOUS vous rapprochez avec un pareil langage. . . La maltresse delà maison s'étant levée de table en ce moment, me rendît un grand service) en me débarrassant de la conversation de cet insipide personnage.
Quelques instans après, m'étant approché de la marquise, elle me dit : On voit bien que vous venez de l'Allemagne. Vous avez un vernis de philosophie qui tient à l'espi-it de votre pays; et que vous perdrez avec nous. Nos messieurs étaient d'abord un peu formalisés, mais j'ai pris YOtre parti; j'ai représenté que vous êtes étranger, et j'ai répondu de vos bons sentimens; oubliez donc ce qui vous est arrivé tantôt , on plutôt souvenez-vous-en pour éviter à l'avenir ces petites inadvertances. Ces messieurs > sur ce que je leur ai dit de vous, sont très-bien disposés en votre faveur.
Que dire à cette femme? ce n'était pas le moment de vouloir lui prouver que j'avais raison. Je la remerciai et je m'éloignai. Comme la conversation reprenait le même ton que
5i pendant le dîner, je ne voulus plus m'en mél«r. Je craignais de formaliser encore ces messieurs, et je pris le parti de me retirer. Je m'approchai du neveu , qui, pendant toutes nos discussions du dtner, m'avait regardé avec un mélange de surprise et de pitié, qui annonçait clairement qu'il me prenait pour un imbécile. H conservait encore un peu de cet air quand je l'abordai. Je lui rappelai la promesse qu'il m'avait faite pour le lendemain. Nous nous donnâmes rendez-vous chez sa tante, et je me relirai.
Si.