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des bancs. Ils restent oubliés, confondus dans la foule , <}ui ne peut s'empêcher de leur témoigner nn reste d'égards que commandent toujours le courage et le mérite, même dans la disgrâce.
Ce n'est pas tout : beaucoup de nos cama-^ rades , que le hasard a tavorisés ou que des protections Ont tirés de l'oubli général , ont obtenu de l'emploi dans la nouvelle armée. £h bien ! le préjugé qui nous ponrsuit, les met dans la nécessité de sembler méconnaître ceux qui ont été leurs amis, leurs frères d'armes. Ils ne peu» vent fréquenter des gens qui passent pooraToir an mauvais esprit , sans courir les risques de , paraître le partager. Ils s'exposeraient' à des disgrâces en entretenant des liaisons suivies avec des hommes qu'of s'obstine à regarder comme dangereux.
C'est ainsi que des préventi<Kis funestes imposent silence à cette vieille et franche amitié; qui nous entraînerait les uns vers les autres. Cette intimité , saas détourner nos camarades de leur devoir , nous ferait supporter plus &ci* lement l'espèce d'abandon et d'isolément où oa nom laisse. Privés >le cette ressource, ce n'est qu'entre nous que nous pouvoAs nous voir et nous réunir. Mais ces. réunions si innocentes »
1^ naturelles dans notre position, excitent encore des soupçons. Des hommes me'prisablesles dénoncent aux autorités comme des conciliabules dangereux, où se trament des complots et des coDSpiratioDS. Lâches et vils espions dont la vengeauce n'est poiut encore satisfaite , et qui voudraient attirer sur ntyas l'indigaation publique qui les poursuit !
Qu'ils connaissent malle caractère français ceux qui veulent nous ramener par la force et par la violence à des sentimens que nos cœuis adopteraient d'eux-mêmes I Mais ib nous jugent d'après eux. Us ne savent pas qu'on acquiert des droits sur un homme d'honneur en raison de la couGauce qu'on lui témoigne.
Pardonnez-moi ces plaintes, que m'arrache le souvenir de tant de désagrémens, et gardezvous de les croire dictées par un esprit de mécontentement ou de révolte; je n'ai rien exa- , géré. Je sais que , dans la capitale , sous les yeux d'un prince qui eût désapprouvé des actes aussi arbitraires, on a gardé plus de ménagemens avec les officiers; mais dans lesprovinces, où le Ënux'Zèle n'avait point d'obstacle à craindre , toutes les mesures ont paru légitimes quand nous en avons été l'objet. Loin de moi l'idée de prétendre justifier les factieux et les
rebelles; que ceox-làsoieat en butte k tonte U sérérité des lois : mais que ceux qui ne partagent pas leurs seatimeus , ne partagent pas non ^us la dé&Teur qui doit en être le résultat.
Mais tous ces abus vont iinir; la modération s'assied sur le trône , à c6té du raeîUear des Rois. Déjà il a voulu que les officiers non employés participassent aux incompensés honori" fiqnes qu'il accorde à son armée; et par la plus magnanime bonté , il consent à récompenser des services dont il n'a point été l'objet. Malbeor à celui d'entre nous qui, aprè^ cela » ne serait pas toujours prêt à le défendre I Crojez-moi, si jamais il a besoin de nous, il nous verra rivaliser de dévouement et de fidélité avec ceux qui, plus benreux, ont été appelés à l'honneur de le servir. C'est au moment du danger qu'il apprettdra à nous dîstingner de ces serviteurs n dévoués , qui ne savent &ire éclater leur zèle que par des délations. Oui , que la patrie , que le trône soient menacés, et l'on nous verra , ou-v Uiant toute animostté particulière et des sujets de mécontentement peut-être trop réels y ne nons souvenir que des dangers de la France^ et lui ofirir encore une fois on sang qui a déjà coulé pour elle; un sang que nobs serons toujours prêts à répandre pour défendre notre
souveraia et notre indépeadance nationale.
Ce jeune homme parlait avec véhémence.
Son visage s'était animé d'une expression fîère, au mpment où il manifestait des sentimens si nobles et si touchaos. Je l'avais écouté avec trop d'intérêt, pour songer à l'interrompre. Je lui pris la main , et , la serrant entre les miennes, je lui dis en le quittant : Henreux le souverain qui commande à de pareils sujets I heureux le pays qui compte beaucoup de pareils citoyens! qnelqnes revers qui l'accableot, il ie relèverai une nation conipos^^e de semblables élémens n'est point foite pour jouer un rôle secondaire sur la scène du monde ! sa gloire a pu souffrir une éclipse; mais elle reparaîtra un joar plus brillante et plus pure!
Après avoir quitté cet intéressant jeune homme, je me retournais encore involontairement pour le voir y et je répétais du fond du coeur:
Dl m«Ucm piû, uroreaiqa* boitibiu îUtuii'I