‹ Recueil politiqueChapitre 8 sur 63 · L'ÉPURÉ · texte numérisé non relu

L'ÉPURÉ

J'avais une place , je n^en si plus , et comme je puis m'en; passer, jene:me soij^cie pas d'en ravoir une ; mais je m'intéressa toujoars à ceux qui en ont. -Je voudrais qu'ils pusseDt être désormais plus tran-r quilles qu'ils ne Vont été , sans en excepter mon successeur » contre lequel je n'ai point de rancune, écoutçz donc ce quej'ai à TOUS dire.

Y rétaisreceveur particulier dans une Tille de province. le m'occupais plus de mon état que des affaires publiques^ et quoique je prisse à celles-ci l'intérêt qu'on doit y prendre , à moins d'être un sot ou iin misérable , je ne m'étais jamais écarté de cette

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(48f) modération qai est dans moa caractère et dans mes priacipes. TaTaisété assez lié avec madame de ^, Venve d^igiii ancien préadent à mortier. Cette dame , dans les dernièrea circonstances, s'était établie directrice de ropinîon publique; elle donnait le ton à tontes le» coteries , et. elle avait fini par ne plus Tooloir me reccToir chez eUe> attendu , disait-elle j que j'étais trop modéré. ;■■■'■-■■•.■ ^ flbeà'-iibtàséi' éH éâdéiit' là loi^ue les alfiéseriïrètent en France ets'apprôchèteût de noH-é Tflle.'La préildénté' endbctrin'à sil'bletï quelques fémnfé^ déses 'amies, qu'elle Wà'dëtérmin^' à aliëif attL^dévànt à*eût'ef & lei tycevôir'à^ecr tôùtésierf dérHonsnnttîotty' possibles -de joie et" de cordialité.

Je m'fenfétiiài'chea'inttt'pbur ne point être' téiiibiii'id^''oètIë''iFâi-cé'indfiCBtile; La pré^èt^té', à lai )tête de H-d^pdtdtibiii; alla îîom^liMéaEér'Të^ V'diti4tièâf5'à la pôtt'é dé ta Ville:- Ilib'càroiièl q^î coiiiWHhaait Wc(j« Iduijb rfi^niït'à rife etf vôyaiitetïtté'ambaà-

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( 49 ) lâda d*UD6 nouvelle espèce > et , sans cesser de :fumer sa pipe j il leur dit : Vms iat gut , et paasa outre.

lia présidente , attribuant cet accueil à la différence des mœurs et des usages, renteibien vite en ville pour donner des coii- <eils au make sur la répartition des logèmens à Sûre entre les babitaps. Il résulta de ces conseils, qae j'eus cinquante soldats à. loger, attendu, disait-ou, que je ne m'étais pas montré, ^^^l"^ ce jour-là', enpalv lant des alliés , j'avais dit les ennenûa.

Xa présidente Vbuint que le colonel logeât chez elle , pour plusieurs raisons. D'abord cela la dispensait d'en loger d'autres , et un' seul hâte est toujours plus facile -à contenter , et moins dispendieux que pluaieurs» Ensuite elle croyait avoir droit à ses égards. Cétait en outre un appui , une protefjtion qui devait .au|^enter l'influ^iee qu'elle exerçait déjà sur l'opiuion. - , Malheureusement', on avait oublié de lui dire que le colonel avait six adjudâns, dix domestiques et quinze ordimnances ,

(50) dont il était iBsépaiwWct. Lorsqno la pré»dente vit cette auile à laquelle elle ne é'irttendait pas» elle alla réclamer à la muoidpalité ; mais le colottel , qui avait dé^ Tiâlé la maisop, H qui la trouvait à son pé^ s'installa définitivemept ; et lorsque la pr*ndente revint avec des billets pour les ordonnances , elle le trouva à table avec ses adjudans. Le colonel kii «igpifia qu'il ne se séparait jam^s de son monde, et que 1a mtùson lui convenant , il entendait que toute sa suite y restât. Il fallut se résigner; les domestiques commençaient déjà à faire tapage, parce qu'on ne Iqur ouvrait pas les portes. lie colonel, auquel on s'eu plaignit y tombft sur eux , et après qu'il leur eut donné une trentaine de coups de oanne, tout rentra dans l'ordre. La présidente se consola un peu en voyant cet acte de justice , qui lui fit penser qu'elle n'aurait qu'à se louer des procédés de son kdte ; mais le soir la seèiie {Rangea. Le cetonel , après fivoirsQupé, se soula ; )ea «djudansen firenfr fiutant ; puk enfin y les domestiques et les

C i>i ) brdoDnaDces. Alors commença dans la maU son UQ vacarme ^poMTantable; qq se fit cktnQQr leo cleâ de la' «aVe , on boiiispilla lç9 ««rrantes , et U (vendeute n'eut que le temps de «e sauver à la mairie , où elle wrira tout éplorée , en demandant assi»tanoe ^t protection. Le malheur voulut quft )e.me trouvasse là ; et comme j'avaia sur le cœur la gratification de cinquante aoldata , doot i'étaU redevable ji s» sollicitude; je lui dis avec un air un peu moqueur;. Qoe le« r preuK thevaliers de la sainte alliance avaient des procédés bien étranges envers les dames qui «.mettaient en frais pour les recevoir^ lia présidente , qui. comprit mon intention, me jeta on coup-d'oeil terrible. Depnis ce temp»-là, Meseieiirs» elle ne respira qii« vec^eance ; et c'est sans donte à cette mauvaise. {ilaisaateHe que j'ai dû les désftgré^ men» trô* -sérievs que j'éprouvai pajr la saite.

D'autres troupes remplacèrent cdies que •ODiift Bvions d'abco^, «t dans ees Ui^uew elwngei&ens, j'eus loojmHS ie mêmçGQiir

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tîngent à loger. Les élections se firent, et ïl nous arriva bientôt an BODveaa préfet.

Lorsqae fallai |>oar lai présenter mes devoirs , ou me dit qu'il était avec madame la présidente. ¥y retournai dans un antre moment; mais alors on me dit qu*îl ne Voulait pas me recevoir. Je compris qu'on m'»- Vait nui dans son esprit, et je ne cherchai plus à le voir.

Ce fut dans ce moment qu'on commença à parler d'une épuration générale dans toutes les branches de l'administration. La pré* gideute avait un neveu qui avait été garde^ magasin dans les armées, et qoi manifesta publiquement le plaisir qu'il aurait à me remplacer dans mon emploi. C'était dire clairement qu'on m'avaitdénoncé^et qu'on agissait contre moi, ce qui n'était que trop vrai; mais une circonstance me sauva, on plutôt retarda de quelques instans ma disgrâce. Un député qui habitait la ville avait un de ses amis auquel il aVait aussi promis une place , de sorte que ses prétentions contrariant celles de la Résidente , il était pro-

bable que je ne muterais que lorsqu'ilste' raient d'accord , parce qu'aucun des deux ne voulait porterie coup décisif sans ê^re sûr que le remplacement se fit selon ses désirs. La présidente fiiisait valoir les liens du £ang~qai l'unissaient au candidat qu'elle proposait; liensqui méritaient, suivant elle, plus d'égards que ceux de l'amitié. Elle élait en outre appuyée de la recommandation du préfet; mais le député se prévalait de son . caractère et de davantage qu'il avait d'être sur les lieux pour fai[% les démarches et les sollicitat^ns nécessaires. Il est probable que cette contestation eût duré long-temps, et que peut -être on m'eût fait la ^àce de m'oublier et de me laisser tranquille^ si un 'incident bien malheureux pour moi n'y eût mis fin. Le neveu de la- marquise fut nommé chef- d'escadron; alors le député n'ayant plus cette concurrence gênante, ' expédia de suite mon affaire ;' c'est-à-dire , ' que je fus destitué , et que son ami fût nommé à ma place.

i'Ù- appris que c'était là ce qu on appolait

{U) «ne épumâan , et qoë c'était de cette nuttière et par ces re^sâfts qbe «Ëtle opér&tioA s'âlait feite à-peu-prts jpM^toat Ily a dëb gens qui disent gu^ fbll&it quiecklafôtbi&si. A la bonne heaïe; mais tett(»is-&Odft«ti là.

SI le Gouveruefflent f 6Ut être servi aVec déTouedMttt et avec aèlb^-il eM«sietttit4que ceux qu'il emploie puItseAt compter «ur là stabilité de leur état, et qu'ils tt'aietit pc»Qt Bans ce»e à redouter les effets d'an caprice ou d'itMd déMtacto'tiiMi; ÎHôus né Terrônft plus , je reepère> des hom&ûres obscurs revêtue des plus obscur» etnpl^ , éri|;^ e& couspirateuiii et en factieux» recevoir ptirVinflu«ice qu'on leur HippOBait> une ihip^tftance dont ils ne se cMyaîeut guère susceplibles. On ne les verra ^tn dénoncés pour des choses iDdiïïërelites en elles -^ mêmes, maisenveniméeB par la calomnie, pour des fautes cDmmiu» il y & qUinae ou vingt ans, persécutés , iuauhés par Ceux qui Vôulaimt avoir leur emploi : car c'était là le gramt but, c'est le fond des épuratibns.

Lçs députés que nons allons choisir n'au-

(66> ront pas besoin dô ré^îm«f-'cds abus, puîaque la sajgjesiC du Roi y a m» on terme ; juaû Us devront ej^priB^er la Vfdonté iÎEirtne «t inélwaakkblflâ'emp^cher qu'ils ne se reponvolleat^ etQtuùfestejr leoF îw^gHfttton coeMtvi quicoaquM Mlrût l'aii de les regretttr. Ils nou» épargotroBt le ehagr^ d'en?* tendre enGf»e(tds bomiBéë se i^iadre qu'on n'ait pas pouGsé assez' loin la pratique dei épurations^idemainder qu'on l'étende snr Je petit nombre qui a échappé à cette tent* pèle désorganisstrice^ et dire que le Goa-^ Yernement est menacé y parce qu'il n'a pas fait assee de malheureux et de mécontens. Nous n'entendrons plus de ces discours où la Tengeance trompée prenait le langage d'une plate ironie, où on osait présenter,, sous les couleurs de la trahison , l'esprit de modération et de sagei^se qui avait mis fia aux triomphes de la calomnie , de la bassesse et de l'intrigue.

Non, Messieurs, grâce à l'esprit qui va TOUS guider dans les élections, la prochaine session n'offrira plus un spectacle aussi afHi-

( 66 ) géant pour les gens de bien , pour les bons citoyens et poar les amis du Roi.

Nos nouveaux représeutans , en prenant pour base de leur conduite les printÂpes consacrés par la sagesse du i&onarquej feront aus» ' éclater les- sentimens d'honneur^ de loyauté et' de înstice> qui caractérisent de vrais Français.' De pareils sentimens ai leur part nous sont un sûr garant que des discours, «omme ceux que nous venons de citer, ne profimeront plus une' tribune' consacrée aux inspirations de la raison , de la vertu , de l'honneur et du patriotisme.

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