ACTE I
inonde aux voiles et aux mystères. La naanie qu'on a d'en faire des réalités est ce qui gâte principalement la vie. C'est pourquoi je serais désolé de connaître par son nom humain cette gracieuse vision qui m'est apparue ce soir sous les arcades sacrées. C'est le seul souvenir que je veuille garder de cet instant, mais vous y ajouterez, madame, une douceur de plus, si vous daignez vous charger de ma légère aumône.
MADELEINE
Donnez I (Elle prend les plices d'or.)
Merci.
MADELEINE
Mais si vous vivez de poésie, monsieur, vous devez faire assez maigre chère. La poésie ne court pas les chemins I
MAURICE
Quand on en a le sentiment dans le cœur, je crois qu'on la trouve un peu partout.
MADELEINE
Vous devez être un homme heureux avec ces idées-là.
MAURICE, s'inclinini.
J'ai des moments heureux !
MADELEINE
C'est beaucoup. Ce prieur a la réputation d'un esprit élevé et d'un noble cœur, n'est-ce pas? Le connaissez-vous?
MAURICE
Personnellement, fort pou. Mais il m'inspire, comme à tout le monde, une grande vénération. Je viens souvent le soir ici, à l'heure où il quitté la chapellel... Le soir, vous l'ignorez sans doute, madame, mais les cœurs faibles sont plus faibles encore et plus troublés... Eh bienl la vue seule de ce vieillard, qui a traversé toutes les tentations de la vie et qui les a vaincues, me pénètre de je ne sais quelle sérénité... Mais, mon Dieu! madame, j'abuse de votre bonté... Je me retire... Que le ciel vous rende la douce émotion que j'emporte d'ici ! (n salae ponr se retirer.) MADELEINE, se lerani.
Pardon! monsieur, no puis-je savoir? Y aurail-il de l'indiscré-
tion?... (te prieur par^t sur la cenil de U chapeUe.) (Monique.) C'eSt 06 Vieil-
lard?
MAURICE
Oui, madame... Vous me demandiez, madame?...
MADELEINE
RienI adieu I (Maurice la salue et s'ëloigoe par le fond à gaucbe )