‹ Rédemption: comédie en cinq actes et un prologueChapitre 29 sur 127 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

On entend au dehors un brjiit d'applaudissements et des clameurs enthousiastes. Deux Gardons de théâtre entrent d'abord portant des bouquets, et se tiennent de chaque cô:é do- la porte; puis entre MADELEINE, en to.lette de théâtre, portant um énorme bouquet; elle est suivie de GERTRUDE, qui porto aussi des bouquets.

MADELEINE

Merci, merci! mettez tout ça la! ( Les domestiques déposent les bouquets

sur le divan et sortent. } Ils soot tous fous, ma parolel lis Ont failli m'ae-

sommer. (eIIo dépose deux bouquets sur la toilette.) GERTRUDE.

C'est qu'aussi mademoiselle a joué comme un ange, ce spirl

MADELEINE, ût&nt sa mante.

Voyons, ma bonne, est-ce que je ne joue pas toujours comme un ange?

GERTRUDE

Oh! bien certainement, mademoiselle.

MADELEINE, passant à gauche.

Eh bien, alors; qu'est-co que" tu chantes? (eiio se laisse tomber snr le canapé.) Ouf ! que je suis lasse! — Gerlrudel

GERTRUDE

Mademoiselle 1

Quel dommage que tu ne sois pas sorcière, ma pauvre fille !

GERTRUDE

Pourquoi, mademoiselle ?

MADELEINE

Parce que tu ferais ta fortune en une minute. Dis-moi le nom d'un jeune homme que j'ai rencontré ce soir à la porte d'une église, et je te donne cent mille florins!

GERTRUDE

Quel jeune homme, mademoiselle?

MADELEINE

Puisque je te le demande... Un étranger probablement... S'il était de Vienne, je Taurais vu quelquefois au théâtre... oui... je l'aurais certainement remarqué... il ne ressemble pas à tout le monde... On voudrait avoir un frère comme lui. Âhl je suis folle! (EUe M lève.) Voyons, enlève-moi ces épingles... c'est bien... Maintenant, tu peux t'en aller... Je vais arranger mes cheveux, mettre mon rouge, et quand il sera tiemps, je t'appellerai pour ma robe.

(sue retourne k m toilette.)

GERTRUDE

Mademoiselle a encore une pièce?

Oui... un acte, à la fin... Va... (on frappe.) Vois donc qui est là !

GERTRUDE

Mademoiselle, il y a lord Sheffied, le duc d'Estival et le prince Erloflf.

MADELEINE

Entrez, messieurs, entrez!

Page 1