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dien Syria. L'ancien Eros cle la Grèce , emblème de l'amour divin, était étranger aux passions, n'avait ni flèches ni carquois. L'Eros moderne emprunta cette armure à l'Indien Rama, qui réunit en lui les attributs des deux Eros, et que les Indiens regardent comme le fils du Ciel et de. l'Illusion.
L'Indien Ganesa aux deux visages , dont l'un tourné en avant , l'autre en arrière , est le type du Janus d'Italie. On lui consacrait le seuil des maisons, et de là vint l'expression latine januà. Les Indiens tracent encore aujourd'hui le nom de Ganesa sur leurs portes. Je laisse de coté divers traits qui lui sont propres , ainsi qu'à Janus. Les Grecs parlent beaucoup de Bacchus ou Dioni/sus. Les Indiens le nomment Ram : dans son expédition , il fut accompagné par Hanuman , fils du dieu du vin Pawar, roi des singes , qui lui prêta un puissant secours. Le Pan des Grecs perfectionna la syrinx *, à laquelle il ajouta six tuyaux. Hanuman aimait aussi beaucoup la musique. Silène jouait encore, chez les Grecs, un rôle considérable , à la suite de Bacchus ; il l'accompagnait monté sur un âne.
§ VI. — Comparaison cV Hercule avec Jésus- Christ. L'identité des dieux de la Grèce avec ceux de l'Inde
* Flûte, ainsi appelée du nom de Syrinx, nymphe d'Arcadie , aimée de Pan, et métamorphosée en roseau.
( Note du Traducteur. )
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ainsi établie à l'avance , on doit s'attendre également à ce que les divinités, qui, d'après la théogonie indienne, séjournent parmi les hommes, et leur enseignent la loi divine , se reproduisent dans la théogonie des Grecs , toutefois , comme on le suppose aisément chez ce peuple ami des arts , sous une foule de formes et d'apparences diverses. Le Krishna des Indes emprunte les deux sexes en Grèce, multigjiant encore ses formes dans chaque sexe, comme le prouvera un coup-d'œil rapide jeté sur la mythologie grecque. Je ne m'arrêterai qu'aux formes les plus connues.
Wischnou s'incarna sous celle de Krishna ou Kichou. Kichou était encore enfant, quand, de même que l'Héraclès (Hercule) des Grecs, il tua l'horrible serpent Kalyva. Les Indiens le représentent, tantôt lorsque le serpent semble le blesser au talon, tantôt lorsqu'il écrase la tête de son ennemi.
Voyons maintenant les opinions qui concernent Hercule :
i° Suivant elles , Hercule descend de Zeus. Il se distingua du reste des hommes par ses forces physiques, parcourut la terre, punit l'injustice, détruisit les animaux qui désolaient une contrée , procura la liberté à tous les hommes , ne put jamais être ni vaincu ni blessé , s'acquit par tous ses bienfaits , une gloire immortelle.
2° Hercule avait à peine huit mois , quand Junon envoya deux énormes dragons à son berceau , pour faire périr l'enfant. Pendant que Alcmène implorait
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le secours d'Amphitryon , Héraclès se leva et étouffe les deux serpens avec ses mains.
3° Lorsque Hercule eut passé de l'enfance à l'adolescence, à cet âge où les jeunes gens commencent leur carrière et annoncent si , dans le cours de leur vie f ils suivront le chemin de la vertu ou celui du vice, il alla dans un lieu solitaire et s'assit, plein d'incertitudé*sur le chemin qu'il choisirait. Alors il vit s'avancer vers lui deux femmes d'une taille élevée, dont l'une avait un extérieur à-la-fois libre et décent , une beauté naturelle que relevait une extrême propreté, un regard modeste , un maintien réservé, des vêtemens blancs. L'autre avait un embonpoint qui annonçait l'abondance et la mollesse; le fard remplaçait les couleurs qu'elle avait perdues ; elle se tenait droite afin de paraître plus grande, levait et portait les yeux au loin ; sa parure était ménagée de manière à faire ressortir sa beauté : en outre, ses regards se reportaient à chaque instant sur elle-même , elle examinait si elle ne fixait les yeux de personne , et surveillait jusqu'à son ombre qui se dessinait sur la terre.
Quand elles s'approchèrent d'Hercule , la première s'arrêta; mais la seconde, se pressant d'avancer, marcha droit vers lui , et dit : « Je vois , mon cher Hercule , que tu es incertain sur le chemin que tu dois embrasser pendant ta vie. Consens à voir en moi une amie, et je te mettrai sur la voie la plus commode et la plus agréable., où les plaisirs viendront te chercher enfouie, où nul obstacle n'arrêtera tes pas; ni la
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guerre ni les affaires n'y fatigueront ton esprit; libre de tout souci, tu ne songeras qu'aux liqueurs et aux mets propres à flatter ton palais, aux objets et aux sons propres à charmer ta vue et ton oreille, aux parmm s et aux choses qui provoqueront de délicieuses sensations ; sans cesse entouré d'enfans d'une beauté ravissante , étendu sur la couche la plus molle , tu goûteras le bonheur sans l'acheter par aucune peine. Le moyen de parvenir à cette félicité préoccupe-t-il ton imagination? Ne crains pas qu'il t'en coûte, pour l'obtenir , la moindre fatigue , la moindre inquiétude : non , ce que les autres n'acquièrent qu'au prix d'un pénible travail, tu en jouiras doucement , saisissant à ton gré les objets que ta main peut atteindre ; car je donne à mes amis le pouvoir de s'emparer de tout , et partout où ils le trouvent ». Hercule l'interrompit pour lui demander son nom. « Mes amis, répondit-elle, me nomment Félicité ; mes ennemis , qui cherchent à me rabaisser, m'appellent Yice ». Cependant sa compagne s'était approchée ; elle s'exprima en ces termes s « Je viens aussi vers toi , Hercule , parce que je connais la famille à qui tu dois le jour, et que, dès ton enfance , j'ai étudié tes penchans; c'est ce qui me fait espérer que , si tu choisis mon sentier , tu étonneras l'univers par de grandes et éclatantes actions , qui propageront mon culte, et me feront glorifier davantage par tous les hommes de bien. Je ne te séduirai point par de voluptueuses illusions , je te montrerai les choses telles qu'elles existent et que les dieux les ont
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établies. Les dieux , en effet , n'accordent le bonheur et la gloire qu'aux efforts et au travail : si tu veux qu'ils te soient favorables, commence donc par les servir ; veux-tu être aimé de tes amis , sache mériter leur attachement ; desires-tu que la Grèce entière retentisse du bruit de ta vertu , rends-toi utile à toute la Grèce; demandes-tu à tes terres d'abondantes moissons, que la culture prépare leur fécondité ; comptestu sur tes troupeaux pour doubler tes richesses, prodigue-leur des soins constans; te sens-tu l'ambition de la gloire guerrière , voudrais-tu être en état de protéger tes amis, de vaincre tes ennemis, alors, attentif aux leçons de maîtres habiles , apprends la science des combats , exerce-toi à la mettre en pratique ; aspires-tu à posséder les forces du corps , accouîume-ie à obéir à la raison , habitue-le à braver îa fatigue , à ne point redouter la sueur. » Alors commença une lutte entre le vice et la vertu. *
Quel est le chrétien auquel cette double voie que contemplait Hercule, ne rappelle point l'histoire de la tentation de notre divin Sauveur, quand, avant de commencer son enseignement public , il se retira dans la solitude et y fut visité par le démon ?
4° Parvenu à l'âge viril, Hercule entreprend les
* XÉnophon. Pensées remarquables de Socrate , liv. n, cliap. i. (Bessarione cardinale Nlceno interprète. ) Ce morceau se trouve également dans la Vie de Socrate , par M. Charpentier : nous avons préféré en présenter une traduction nouvelle.
( Note du Traducteur. )
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douze travaux. Le nombre douze était , chez les anciens , un nombre sacré ; mais comme le soleil fut honoré en Grèce et à Rome, non-seulement sous le nom d'Hélios ou d'Apollon , mais encore sous celui d'Héraclès, il est certain que ses douze travaux ou aventures désignent les voyages du soleil à travers les douze signes.
5° Hercule succombe enfin dans sa lutte pour l'humanité ; mais , du milieu des flammes de son bûcher élevé sur le sommet de l'OEta, il s'élève à la céleste demeure.
6° Ajoutons que Héraclès, fils de Jupiter, était le principal objet des mystères de la Grèce ; que sa naissance , ses actions et sa mort y étaient solennellement célébrées. Cette idée dérive tout-à-fait de l'Orient; elle indique d'une manière, tantôt positive, tantôt confuse, le Désiré « qui parcourt sa carrière en héros, et « qui enfin offre sa vie pour expier les péchés du « monde. »
§ YIX. — Dieux divers. — Apollon,
Lorsque Wischnou, dieu qui venait se mêler aux hommes , se fut incarné sous la forme de Rrischna ou Kichou, dans la partie septentrionale de l'Inde, il passa sa jeunesse au milieu de bergers et de bergères. De là le surnom de l'Apollon des Grecs : m&yé-, pasteur.
On trouve, et cette image date de très haut, Kj-
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chou représenté jouant de la flûte. Devant lui se tiennent, l'oreille attentive, un homme, un enfant, une panthère et un serpent redressé; l'homme est élans l'attitude de la prière. Probablement cette allégorie, si ancienne dans l'Inde, s'appliqua plus tard à Orphée, duquel la fable rapporte qu'il entraînait sur ses pas les arbres et les animaux par les accords de sa lyre.
Les Indiens ont neuf Muses , qu'ils placent à la stiite du dieu du soleil. Or, nous savons qu'on honorait aussi le soleil sous le nom d'Apollon.
L'Apollon des Grecs tire donc son origine de l'Inde. Voyons ce que l'on racontait de lui, en Grèce.
i° Apollon est fils de Jupiter et de Latone. On lui attribue l'invention de la guitare et de la musique. Il inventa également la médecine, parce qu'il avait le don de la divination, au moyen de laquelle les malades obtenaient autrefois leur rétablissement.
2° Le gardien du temple prophétique, le serpent Python, s'opposant à ce qu'il pénétrât dans la caverne, il le tua et s'empara du temple.
3° Apollon fut réduit à la servitude sur la terre. Il se retira à Phère chez Aclinète, dont il garda les troupeaux, et doubla la fécondité des génisses qu'ils renfermaient.
4° Apollon était aussi l'un des principaux objets des mystères. On y personnifiait un dieu bon qui, surtout, honorait le genre humain de sa présence, et que l'on adorait sous l'emblème du soleil.
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Ce culte, en conséquence, était à-la-fois celui du soleil; on le mit en harmonie avec le cours de cet astre. Il se rapporte particulièrement à des êtres emblématiques, tels que Héraclès, Apollon, Dionysus, Osiris, Mithra : toutefois, surtout chez les Grecs qui représentaient une idée sous mille formes diverses, ce culte se rapportait aussi à des êtres du sexe opposé, honorés, dans les mystères, sous les noms de Vénus et d'Adonis, d'Xsis, de Cybèle, de Cérès.
Tout ce système est le débris d'unv, antique tradition, que l'addition de symboles et de détails étrangers a rendue presque méconnaissable.