‹ RedgauntletChapitre 55 sur 152 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

avec ton argent un de ces scribes ardents comme des chasseurs à la poursuite de leur proie , et son adresse tirera Darsie Latimer d'entre les mains des hommes de violence , et ton àme n'aura rien à se reprocher à l'égard de ce jeune homme. Mais il me répondit et dit : Je ferai en ceci ce que j'ai résolu. Et il est parti, et n'est pas revenu, et je crains qu'il ne revienne jamais^^ car bien qu'il soit pacihque , ainsi qu'il convient à un homme qui regarde toute violence comme une offense envers lui-môme, néanmoins ni les flots de la mer , ni la crainte du piège , ni l'épée nue brandie par l'ennemi dans le chemin , ne lui feront abandonner son projet. C'est pourquoi le Sohvay peut l'engloutir, ou le glaive de l'ennemi le dévorer , — néanmoins j 'espère mieux en Celui qui dirige toutes choses , qui commande aux flots de la mer, surveille les desseins des méchants , et peut nous racheter comme un oiseau est délivré du filet de l'oiseleur.

Ce fut là tout ce que Fairford put tirer de missGeddes; mais il apprit avec plaisir que le bon quaker son frère avait de nombreux amis parmi les gens de sa profession dans le Cumberland, et il se flatta que, sans s'exposer à autant de dangers que sa sœur paraissait le craindre, il pourrait découvrir quelques traces de Darsie Latimer, il revint à Dumfries, après avoir laissé à miss Geddes son adresse en cette ville , et l'avoir instamment suppliée de lui faire parvenir immédiatement toutes les informations qu'elle pourrait recevoir de son frère.

De retour à Dumfries, Fairford profita du court intervalle qui lui restait jusqu'à l'heure du dîner, pour mander à M. Samuel Grifliths, par les mains duquel la pension de son ami avait été régulièrement transmise, ce qui était arrivé à Latimer, et l'informer de l'incertitude où l'on était sur sa situation actuelle , le priant de lui faire immédiatement connaître telles parties de son histoire qui pourraient le diriger dans les recherches qu'il était sur le point d'entreprendre dans les comtés frontières, recherches qu'il jurait de ne pas abandonner qu'il n'eût eu des nouvelles de son ami, mort ou vif. Le jeune avocat se sentit l'esprit soulagé quand il eut expédié cette lettre. Il n'imaginait aucune raison (jui put faire qu'on en voulût à la vie de son ami ; il savait que Darsie n'avait rien fait qui pût légalement compromettre sa liberté; et bien que môme dans ces dernières années il eût couru de singulières histoires d'hommes et de femmes qui avaient été enlevées, et qu'on avait tenus cachés dans des solitudes et des îles éloignées , dans des vues particulières , ces sortes de violences avaient été principalement exercées par le riche sur le [)auvre et par le fort sur le faible : au lieu que dans le cas actuel ce JM. Herries, ou lledgantlet, passible, comme il l'était pour plus d'une raison , des atteintes de la loi , serait nécessairement le plus faible dans toute lutte à laquelle cette alTiiire pourrait donner lieu. Il est vrai que son anxiété lui disait t(jut bas (jue la cause mémo qui rendait cet oppresseur moins redoutable pouvait lui donner l'éner-

REDGANTLET.

gie du désespoir. Néanmoins, se rappelant son langage , où se révélait d'une manière si (■rapi)ante le genlilliomme, et même l'homme d'honneur, Alan Fairlord arriva à celle conclusion quehien que lledganllet, dans son orgueil féodal , pût se porter à des actes de violence familiers à l'aristocratie d'un autre temps, il ne pouvait être capable d'aucune action de cruauté réfléchie. Dans cette conviction , il se rendit à l'invitation du prévôt Crosbie le cœur beaucoup plus léger qu'on n'aurait pu s'y attendre '.

Foifez la note F, fin du volume.

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