‹ RedgauntletChapitre 94 sur 152 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

mienne, au cas , toutefois, que vous ayez encore le désir de la remettre quand vous en aurez lu le contenu.

Jl rendit alors la lettre à Fairford ; et remarquant que celui-ci hésitait à la lire , il lui dit, en appuyant fortement sur ses paroles : Lisez-la, car e lie vous regarde.

Cette injonction , jointe à ce que le prévôt Crosbie lui avait précé' demment recommandé , et à l'avertissement que Nanty , il n'en doutait pas, avait eu dessein de lui donner sous le voile de son allusion classique , fit cesser l'irrésolution de Fairford. — Si dans leur correspondance ils conspirent contre ma personne, pensa-t-il, je suis en droit de déjouer leur complot ; l'intérêt de ma cx)nservation , aussi bien que la sûreté de mon ami , me défendent d'etre trop scrupuleux.

Dans cette pensée il prit lecture de la lettre , qui contenait ce qui suit :

« Mon cher et dangereux Rude-Ho3ime,

'• Ne cesserez-vous jamais de mériter votre ancien surnom ? Vous en êtes venu à vos fins, à ce que j'apprends-, mais qu'en résulte-t-il ? — Parbleu, que tout-à-l'heure on va crier haro sur vous. Le porteur est un jeune avocat qui a déposé une plaiute en bonne forme contre vous, plainte qui heureusement a été reçue par un magistrat ami. Pourtant , tout favorablement que fut disposé le juge , ce n'a été qp'qvec la plus grande difliculté que cousine Jenny et moi avons pu le tenir au palan. Il commence à devenir timide , soupçonneux et intraita<l)le, et je crains que bientôt Jenny ne lui fronce inutilement les sourcils. Je ne sais que vous conseiller: — le jeune gars qui porte cette lettre est un bon gars, — plein de zèle pour son ami , — et je lui ai engagé mon honneur que sa persojine ne serait exposée à aucun mauvais traitement. — langage inon honneur; remarquez ces mots-là , et souvenez -vous que je suis aussi rude-l^omme et aussi dangereux que mos voisins. Mais je ne l'ai pas assuré contre une courte captivité ; et comme c'est un drôle remuant et actif , je ne vois d'autre remède que de le tenir hors du chemin jusqu'à ce que cette affaire du bon père W* soit heureusement {.prminée, ce que Dieu veuille I — Toujours à vous , dussé-je être encore yne fois

» Cou-en-Pj;ril. »

Qqe pensez-vous du danger auquel vous avez été sur le point devons exposer volontairement , jeune h(jmme ?

— Il me parait aussi étrange , répondit Alan Fairford , que les mpyeps eî^tniordinaires que tout-à-l'houre il vous a plu d'employer pour découyvii* jcs projets (je M. Maxwell.

— Ne vous mettez pas en peine de ma conduite j je suis autorisé à ce

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que je fais , et je n'en crains pas la responsabilité. Mais dites-moi quelles sont maintenant vos intentions?

— Peut-ôtre ne devrais-je pas vous les dire , car votre propre sûreté peut se trouver compromise.

— Je vous comprends; vous voudriez en appeler au gouvernement existant. — C'est ce qu'en aucun cas nous ne pouvons vous permettrcj — nous vous retiendrons plutôt de force à Fairladies.

— Avant d'en venir là , vous songerez prctbablement au risque auquel vous exposerait une telle mesure dans un pays libre.

— J'ai couru de plus formidables hasards , répliqua le prôtre en souriant 5 néanmoins je suis tout disposé à adopter un expédient plus doux. Allons, souffrez que nous en venions à un compromis. — Et il prit, en parlant ainsi, un ton gracieux et conciliant, qui parut à Fairford annoncer un peu plus de condescendance que ne le comportait leur situation réciproque. — Je présume, continua-t-il, que vous consentirez à rester ici en reclus un ou deux jours de plus , pourvu que je vous engage solennellement ma parole que vous verrez la personne après laquelle vous êtes en quête , — que vous la verrez en parfaite sécurité , et , je l'espère , en bonne santé , et qu'ensuite vous serez libres l'un et l'autre de retourner en Ecosse , ou de disposer de vous à votre volonté?

— Je respecte le verbmn sacerdoiis autant qu'on peut raisonnablement l'attendre d'un protestant, répondit Fairford-, mais vous ne pouvez guère compter, ce me semble, que je mette dans la parole d'un inconnu une confiance aussi entière que l'implique la garantie que vous m'offrez.

— Je ne suis pas habitué, monsieur, avoir ma parole contestée, reprit le père d'un ton très hautain. — Pourtant, ajouta-t-il, lorsqu'après un instant de réflexion la nuance d'irritation s'effaça de ses joues, vous ne me connaissez pas et vous devez être excusé. Je mettrai plus de confiance en votre honneur que vous ne semblez disposé à en avoir dans le mien , et puisque nous sommes en telle situation qu'il faille que l'un de nous se repose sur la foi de l'autre , je vais vous faire mettre immédiatement en liberté, et vous faire donner les moyens de remettre votre lettre à son adresse , si vous croyez qu'il soit sûr pour vous , manitenant que vous en connaissez le contenu , d'exécuter la commi.ssion.

Alan Fairford réfléchit un moment. — Je ne vois pas, répondit-il enfin, comment je puis arriver au seul but que je me propose, la libération de mon ami , sans en appeler à la loi et obtenir l'assistance d'un magistrat. Si je remets à son adresse cette singulière lettre de M. Maxwell, dont je viens de connaître le contenu d'une manière si inopinée , je ne ferai que partager sa captivité.

— Et si vous en appelez à un magistrat, jeune homme, vous causerez la perte de ces charitables dames, à qui, selon toutes les probabilités humaines, vous êtes redevable de la vie. Vous ne pouvez obtenir

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