‹ RedgauntletChapitre 99 sur 152 · NARRATION DE DARSIE LATIMER · texte numérisé non relu

NARRATION DE DARSIE LATIMER

]l faut maintenant, comme disent les vieux romanciers, que notre histoire laisse là Alan Fairford et ses recherches, et instruise nos lecteurs de ce qui est arrivé à Darsie l^atimer, que nous avons laissé sous la garde précaire de son soi-disant tuteur, le laird des Lacs du Solway, à l'autorité arbitraire duquel il avait cru devoir momentanément se soumettre. lÉn conséquence de cette résolution prudente, et bien qu'il n'eût pas pris un tel déguisement sans quelque sensation de honte et de dégradation, Darsie permit à Cristal Nixon de lui assujettir sur le visage un de ces masques de soie que portaient fréquemment les dames pour se préserver le teint, quand elles devaient s'exposer au grand air durant de longs trajets à cheval. Il se permit des représentations beaucoup plus véhémentes contre la robe d'amazone qui le transformait en femme de la ceinture aux pieds ; mais il lui fallut céder aussi sur ce point.

La métamorphose fut alors complète; car nos belles lectrices doivent être informées qu'en ces temps de rudesse, les dames, quand elles faisaient au costume mascuhn l'honneur d'en prendre une partie , portaient précisément les mêmes chapeaux, les mômes habits et les mêmes gilets que la partie mâle de l'espèce , et ne connaissaient pas encore cet élégant compromis entre le costume d'homme et le costume féminin , qui reçoit maintenant le nom d'habit par excellence. Nos mères devaient paraître d'étranges créatures, affublées de longs surcots à coupe carrée et sans collet, avec des vestes à longues poches qui descendaient sur les deux hanches. Mais elles trouvaient quelque dédommagement dans l'éclat des couleurs, dans les galons et les élégantes broderies qu'offrait alors le costume de notre sexe; et, ainsi qu'il arrive en bien d'autres cas , la richesse des étoffes et des accessoires compensait le manque de symétrie et de grâce des habits eux-mêmes. Mais ceci est une digression.

Dans la cour de l'antique demeure, moitié château, moitié ferme, ou plutôt du manoir dégradé converti on habitation de tenancier c<imbrien , étaient plusieurs chevaux tout sellés. Quatre ou cinq étaient montés par des domestiques ou des suivants de rang inférieur, tous bien

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