‹ Réduction des Luxations à l’Anesthésie Locale: (Solution de Cocaïne à 1/300 Adrénalinée)Chapitre 13 sur 19 · VOIES D’ACCES · texte numérisé non relu

VOIES D’ACCES

Les voies d’accès sont les voies habituelles; le seul principe est d'éviter les gros vaisseaux et les troncs nerveux à moins que l’on ne veuille faire le blocage complet d’un plexus, le plexus brachial par exemple dans la luxation de l'épaule. Nous avons, en effet, pensé que pour cette luxation on pourrait faire une anesthésie tronculaire que l’on pourra compléter, s’il le faut, par des injections péri-articulaires. En nous aidant de quelques schémas, aussi simples que possible, nous essaierons de présenter la technique spéciale à suivre dans chaque cas particulier pris parmi les luxations les plus courantes :

MEMBRES SUPÉRIEURS I. — Luxation de l’épaule.

Quelle que soit la variété de luxation, l’idéal est évidemment le blocage du plexus brachial qui peut s’obtenir par plusieurs voies : |

1° Voie axillaire (dangereuse en raison du paquet vasculonerveux) ;

2° Voie sous-claviculaire (d’une technique trop délicate) ;

3° Voie sus-claviculaire qui est le procédé de choix dû à Kulenkampff et que nous allons décrire d’après Pauchet :

La première côte disposée dans un plan transversal incliné en avant croise la clavicule à son tiers interne et les deux os forment un angle aigu ouvert en dehors et en à: rière. Dans cet angle on trouve :

En dehors et en avant, l’artère sous-clavière;

En dehors et en arrière, le plexus brachial.

AT TEE

De- chaque côté de la clavicule, repérer les articulations sterno-claviculaire et acromio-claviculaire. Entre les deux prendre le milieu de la clavicule. Repérer ee nes droit ou gauche, suivant le côté à anesthésier, l'artère sous-clavière dont on sentira le battement. Faire à ce niveau un

houton à la Reclus. (Voir figure I.)

Artère sous-clavière

Clavicule

(Fig. 1.) D’après PAUCHET.

Enfoncer l’aiguille au ras de l’ongle, à travers le bouton, doucement en bas, en dedans et en arrière, jusqu’au contact de la première côte, point de repère profond que l’on doit sentir sous l'aiguille. £

Ne pas enfoncer l'aiguille au-delà de trois centimètres. Si le malade accuse une sensation de piccotements ou d’engourtlissement, une « douleur signal >» fulgurante ou un soubresaut, l’aiguille est bien placée. Pousser de 5 à 10 cen-

ne

Lg ae

timètres cubes de la solution très lentement. Repérer le bord externe de la côte et pousser une deuxième injection équivalente. L’anesthésie sera complète au bout de cinq à dix minutes.

« L’anesthésie du plexus brachial, par voie sus-claviculaire, dit Pauchet, est le procédé de choix. Il s’appuie sur trop de points de repère squelettiques pour qu’il soit dangereux. Le point étant posé à l’angle costo-claviculaire, il n’est plus question d’artère et l'aiguille va droit sur la côte si elle n’a pas, chemin faisant, obtenu des paresthésies. »

Quant aux dangers qu’amènerait toute ponction d’artère et même de la plèvre, suivie d'infections, ils ne provoqueraient qu’un léger malaise passager, car au bout de quelques instants tout rentre dans l’ordre sans laisser, dans aucun cas, de troubles tardifs pleuro-pulmonaires pouvant être imputés à l’anesthésie.

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