‹ Réduction des Luxations à l’Anesthésie Locale: (Solution de Cocaïne à 1/300 Adrénalinée)Chapitre 9 sur 19 · SE ES · texte numérisé non relu

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Mais, ces solutions furent très vigoureusement combattues par Reclus qui les trouvait « lentes, fugaces, inefficaces; de plus, leur masse énorme, la quantité de liquide injecté infiltre les tissus, voile la région, détruit les rapports anatomiques, égare l’opérateur ».

En 1906, Braun, dans son livre sur l’anesthésie locale, signale les services qu’elle peut rendre dans certaines fractures, clavicule et côtes, par exemple.

En 1907, dans Le Centralblatt, Guido Lerda rapporte plusieurs cas de fracture réduite depuis deux ans dans le service du professeur Isnardi, ne mentionnant aucun accident dans les trente cas observés. Il préconisait l’emploi de la cocaïne et se servait de la solution suivante :

Chlorhydrate de cocaïne........ 0 gr. 50 Sérum physiologique .......... 100 cc.

Solution d’adrénaline au 1/100 C gouttes

« Pour les fractures de Dupuytren, disait-il, en dépit de chirurgiens qui prétendaient que la réduction n’en est possible’ qu'après chloroformisation, jy suis arrivé avec la cocaïne.. Aussi je pense que l’anesthésie locale rendrait de grands services dans la chirurgie de guerre. »

En 1909, Charrier reprend la question et émet l’idée que dans les luxations cette méthode pourrait être utile. Un essai de Lannelongue n’est pas suivi pourtant de succès. (Il s’agissait d’une-luxation, vieille de un mois, pour laquelle la réduction ne fut possible qu’après chloroformisation.)

En 1908, M. le Professeur Quenu préconisa l’anesthésie locale à la cocaïne dans la réduction des fractures, surtout pour faire disparaître la contracture musculaire « qui est

‘le principal obstacle à la réduction et au maintien de la

réduction de certaines fractures et qui est le résultat de l’intolérable douleur que provoque le moindre mouvement ». Supprimer la contracture en faisant disparaître la douleur par l’anesthésie locale, tel était le résultat obtenu par ’injection d’une solution de cocaïne à 1/200° dans les foyers

209 = , . . s = pi de fracture. Les quinze cas ainsi traités donnèrent d’excel-

lents résultats. à

En 1909, Driout, dans sa communication à la Société de médecine de Nancy, relate deux observations de luxation dans lesquelles il a eu recours à l’anesthésie locale à la cocaïne pour réduire; le premier cas concernant une luxation du coude sur un homme de 32 ans, fut réduite sans aucun effort après injection de solution de cocaïne à 1/100°. Par contre, le second malade, âgé de 31 ans, était atteint d’une luxation de l’épaule dont la réduction ne put être réalisée même après plusieurs injections de cocaïne, pour laquelle il fallut recourir à l’anesthésie générale. Et il ajoute : « La seule raison de cet échec est dans la contracture musculaire, donc, dans l’insuffisance de l’anesthésie. Il aurait fallu faire plusieurs injections dans les muscles aussi puissants que le deltoïde et le biceps. >» Driout prévoyant l’avenir de cette méthode, se méfiait de la toxicité de la cocaïne; d’après lui, les indications de l’anesthésie locale constantes dans les fractures seraient beaucoup plus rares dans les luxations, mais, ajoute-t-il, « l’anesthésie locale peut rendre des services en évitant les inconvénients et les dangers de la chloroformisation ».

Mais c’est à Quenu que revient le mérite d’avoir réduit à l’anesthésie locale plusieurs luxations. Il présenta en 1909, à la Société de chirurgie, cinq malades atteints de luxations réduites par cette méthode et dans la thèse qu’il inspira à Boulay se trouvent relatées neuf observations qui se décomposent ainsi :

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