CHAPITRE X
LA LUNE (i)
Je ne parle pas ici des influences de la lune sur notre globe et sur ses habitans (2) ; je vais seulement rapporter un fait qui me paroit singulier, et qui peut donner à réfléchir aux médecins.
Pour n'être pas absolument seul, j ai bâti à côté de mon hermitage d'Emile-Montmorency, deux maisonnettes. L'une, comme je l'ai dit, est déjà louée au petit-fils du docteur Franklin (3), l'autre, je l'ai prêtée à une famille de pauvres gens qui habitent cet endroit l'hiver et l'été, ce qui donne du voisinage à mon jardinier pendant la mauvaise saison. Une petite fille de cette cabane est demeurée sourde à la suite de la petite vérole naturelle. Cependant, sa surdité suit les phases des lunes; l'enfant entend passablement quand il n'y a pas de lune; la nouvelle lune l'assourdit un peu; le premier quartier davantage; à la pleine lune elle est absolument sourde et au dernier quartier sa surdité diminue. Ce fait est remarqué chaque mois par cinq ou six de ses parens.
Maîtres ! expliquez ce rapport de nos organes avec les phases des lunes; il y a longtemps que les femmes semblent être assujetties à ses influences, surtout pour ce qui touche à la génération.
(i) L'observation qui suit est plus sûre que celle sur les mouches. (G.) {2) Voyez à ce sujet le chapitre XXXVII du 4« volume, (G.) (3) Voir sur ce personnage la note du tome I, p. 146.
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