‹ RéflexionsChapitre 11 sur 109 · DB SAINT JSAN DE LA. CROIX · texte numérisé non relu

DB SAINT JSAN DE LA. CROIX

très qui font a^ssi profession de piété. Leur paresse consiste en ce qu'elles riechercheal plutôt leur satisfaction que la volonté de Dieu ; qu elles fuient les croix , les humiliations « et généralement tout ce qui appartient à la voie étroite, A V égard de la vanité et de la colère , il est rare que ce ne soient pas des péchés formels dans ces comraençans ; et il en sera- de même des autres articles quand il s'y mêlera de Tobstinalion , de Vimpatience , de la tiédeur , etc. Oh ! madame , qu il est rare que ces aspirans à la perfection ne contractent pas beaucoup de taches dans la pratique même de leurs bonnes oeuvres ! Saint Jean de la Croix traite toute cette matière avec une justesse et dans un détail qui me remplissent d'admiration. Qu'il connoissoit bien , ce grand, homûie « toutes les foiblesses du cœur humain , toutes les armes qu'emploie le démon pour nous combattre , toutes les illusions de nos sens , toutes les erreurs de notre esprit ! Je ne voudrois que ses réflexions sur les amitiés qu'on nomme spirituelles , pour juger de son bon esprit et de sa sagesse. Voici , par exemple , une règle qui me paroît infaillible en cette matière (i) : << Quand l'amitié est vraiment » spirituelle,- elle fortifie l'amour de Dieu à pro- » portion qu'elle croît; et plus on y pense , » plus on se souvient de Dieu , plus on désire » de le posséder : de sorte que les accroissemens 5) se font également des deux côtés. » Telles fusent sans doute les amitiés de saint Basile et de

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saint Grégoire de Nazianze , de saint Jean Chrysostôme et d'Oiynipias, de saint Jean de la Croix et de sainte Thérèse. Mais se trouve-t-il encore de tels aibis ? « O mon Dieu , s*écrioit » saint Augustin (i) , il n*y a de vraie amitié » que celle qui a son principe dans la charité » que vous répandez dans les cœurs en leur » donnant votre Saint-Esprit. » C'est absolument la pensée d( notre saint auteur.

Les eommençans agissent donc et vivent dans les voies de Dieu., d'une manière basse , gros-' sière, commode à leur goût et à leur amourpropre : ils ne sont pas encore dans la nuit des sens; mais quand Dieu tes appelle à ce degré pour les conduire à Tunion , il ne manque pas de les éprouver par des aridités , par des ténèbres , par la soustraction des douceurs spirituelles/Voilà rentrée dans la nuit* Notre saint directeur n'oublie pas de donner des règles pour distinguer cet état de la tiédeur , du relâchement^ delà mélancolie ; et il enseigne la manière de se conduire dans cette nuit trèsobscure. Le principal avis qu'il donne , est de quitter r oraison de discours et la méditation, pour s'abandonner au repos où Dieu met l'ame , en observant de souffrir avec patience les désolations qu'elle éprouvera encore quelque temps» Au reste , les avantages de cette puit sont inestimables : )e vous les ai indiqués , madame , dans ma quatrième lettre, et je ne les répéterai pas ici. J^ajoute seulement que Texposition qu'en

(x) Coofess. 1. 4. c. 4-

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