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fait notre saint doit extrêmement consoler et encouragor tontes leis personnes sfpiritaelles.
On est donc datas lanoit datant cette purga* tion des sens ; mais ce* n'est que le prélude d'une nuit bien plus obscure , (|ui est celle de l'esprit. Saint 3«an At la Croix traite ce sujet dans son second livre de la Nuit obscure de ViUtie , en y adaptant encore son premier cantique, mais dans un autre sens que quand il s'agissoit de la nuit précédente ; car cette nuit de VesprH est tout autrement pénible et crucifiante que celle des sens, Cependant , comment accorder cet état de peines et de soufirances avec les lumières qui , selon notre saint » sont communiquées à Vame durant cette nuit ? Ah ! madame, il nous falloit un aussi grand maître pour nous expli* quer ce mystère. Cest que les lumières de Dieu font connoître à l'amé toutes ses misères , la concentrent dans la vue de ses foiblesses , l'étonnent par la comparaison qu'elle f^it de la grandeur de Dieu avec çon néant , la remplissent de terreur, de désolation, et d'une sorte de découragement qu'elle n'âvôit point éprouvé jusqu'alors. (< Les personnes qui soiit dans des » épreuves si affligeantes , aiment Dieu au point » de donner mille vies pour lui ; mais ce grand ^. amour ne les empêché pas de croire que Dieu )> ne les aimé point , n'ayant rien qui soit digne » de son ainour , et s'estimant même âissez mé- » prisables pour mériter sa haine , et l'horreur » de toutes les créatures (i). »
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Cependant Tame se purifie dans cette nuit ténébreuse ; les restes du, vieil homme s'y consument ; le feu de l'amour divin s'empare de toutes les puissances de l'homme spirituel ; et notre saint auteur expose dix degrés de cet amour. Selon lui , l'ame tombe dans une sorte d'affoiblissement et de langueur , puis elle s'empresse de chercher Dieu sans interruption ; elle acquiert un nouveau courage dans cette recherche ; elle accepte les soufirances inséparables de ce travail ; elle conçoit des désirs véhémens de posséder Dieu ; elle cpurt , elle vole vers cet unique objet de son amour ; elle passe à une sainte hardiesse , à une 'sorte de familiarité en traitant avec Dieu-; elle l'embrasse , elle s'unit à lui ; elle goûte , dans cette union , des douceurs ineffables. Mais le dernier degré n'est pas de la vie présente , puisqu'il consiste dans la vision béatifique. Ces dix degrés sont expliqués en détail et avec des précautions qui écartent tout danger d'erreur et d'illusion. Par exemple, en raisoimant de la liberté dont l'ame use dans son commerce avec Dieu, le saint avertit qu'elle suppose une inspiration particulière ; sans quoi il seroit à craindre de perdre l'humilité j et de s'écarter du respect profond qui est dû à Dieu en toutes choses. £n parlant du degré où l'ame s'unit à Dieu , il observe qu'il s j mêle de l'interruption ; et que ce n'est point un état fixe, parce que, si l'on y persévéroit, onjouiroit, en quelque manière , dès cette vie , de la félicité des bienheureux ; ce qui n'est donné à per^
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soûne , avatit que d'être délivré des tiens du corps.
Méditons , madame , dans le silence de la retraite , ces deux livres de la- Nuit obscure de Famé, Il n'y a qu*ui^ saint , élevé à une oraison sublime , qui ait pu les composer ; et il n'y a que des âmes \ comme la vôtre , déjà bien exercées dans la science et dans la pratique de Toraison , qui puissent les Bien comprendre; Je' suis , etc.
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ÏX« LETTRE.
Je serai fort court, Madame, sur La vive Flamme de r amour et sur les quarante Cantiques de saint Jean de la Croix. Ces deux ouvrages né sont pas susceptibles d'une analyse suivie. L'un et l'au^ tre exposent les sentimens de l'ame parvenue à l'union- divine , surtout le désir ardent qu'elle: a d'obtenir la vue de Dieu. Ce langage plein de figures, à l'exemple du Cantique des Cantiques , n'est point fait pom~ les ames^ vulgaires ; j'entends celles-^mêmes qui ont quelque usage de Foraison. Il faut avoir bien étudié la doctrine de saint Jean de la Croix , pour le suivre dans* ces deux derniers traités. Quoique le style qu'il emploie soit celui de l'amour le plus enflammé et le plus sublime, quoique ce soient des traits de feu qui s'élancent de ce cœur transformé eh leu , je remarque cependant encore qu il n a-
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bandonne point la méthode d'instruction. II y a , par exemple , dans La vive Flamme de Vamour{i) ,un excellent morceau sur la direction des âmes. Le saint y fait voir combien les directeurs peu versés dans les voies de Dieu retar^ dent les âmes appelées à k contemplation. Il parle , en cet endroit , avec 'toute la force et toute Tautorité que lui donnoient ses ^andes lumières. Vous avez gémi quelquefois, madame, du peu de secours qu'on trouve dans ce siècle , par rapport à la coniiuîte spirituelle. Gela n'est cependant pas trop étonnant quand on a lu ce qu*exige notre saint auteur pour cet emploi. Je suis persuadé que , de son temps même , les directeurs tels qu'il les désire étolent rares ; et c'étoit néanmoins un siècle très -fécond eu saints. Que fant-il donc penser du nôtre , où Ton a pris à tâche , en quelque sorte , de décrier la science spirituelle et les voies de Dieu ? Pour quelques abus qui se sont glissés de temps en temps dans la pratique de Toraison , falloit-il couper jusqu'à ta racine de la théologie mystique ? Je SUIS persuadé que, si on lisoit encore les oeuvres dé saint Jean de la Croix , on reviendroit de beaucoup de préjugés à cet égard. Quoi qu'il en soit , 'madame , )e me suis occupé de ses deux derniers traités : )'y ai reconnu les elfets qu opère , dans une ame Ûen morte à elle-même , le saint amour de Dieu. J'y ai trouvé, ce que saint Augustin avoit remarqué plus de mille ans avant no\is , que cet amour divin
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blesse ^ embrase 9 enivre; c'est comme la substance de ce que saîût Jean de la Crqlx tourne en cent manières différentes. Je suis , dans ce saint amour , votre » etc.