‹ RéflexionsChapitre 37 sur 109 · SUR LE MAGNIFICAT · texte numérisé non relu

SUR LE MAGNIFICAT

C'est ici le premier cantique et k première prophétie de la nouvelle alliance ; c'est le monument éternel de Thumilité d'une vierge élevée au rang sublime de Mère de Dieu. Que ce mo* ment, où le Saint-Esprit parle au cœur de Marie, et lui inspire de manifester ses^sentimtns à tous les siècles , doit paroître précieux ht tous les fidèles ! Marie porte dans s^on sein celui qui s'est anéanti pour notre amour, et ^Ue n'est occupée , comme son Fils , que du désir de s'abaisser aux yeux de Dieu. Saints anéantissemens de l'un et de l'autre! C'est la première leçon qui est donnée aux chrétiens , c'est comme la première pierre de l'édifice du salut. O mon Dieu , j'entre dans ce divin cantique , plein d'admiration pour Marie , et d'indignation contre moi-même! je Fài récité mille fois sans jamais en pénétrer l'esprit, et sans m*appli^er les" instructions qu'il contient. Donnez-moi , Seigneur , aujourd'hui l'intelligence de ces grandes vérités , afin que je devienne un fidèle disciple de Marie, et un fervent imitatieur de Jésus-Christ.

SUR LB HAeinVIG AT . 1 30

i« Mon ame glorifie le Seigneur.

Marie pratique déjà ce que son Fîls devoit apprendre aux hommes , qut Dieu est esprit , et qu'il veut être servi en esprit et en vérité (i). Il ne s'agit plus de sacrifices sanglans , de cérémonies légales ; c est Thomme intérieur qui doit glorifier le Très-Haut : et quelle étendue à cette expression dans la- bouche de Marie ! Si Ton pouvoit supposer qn*elle eût été, comme les autres filles d'Âdara y portant encore ce poids d'ameur-^ropre , qui nous courbe sans cesse vers^ nous-méines , ne seroit-il pas resté dans son cœur une secrète complaisance des merveilles qjae le Saint-Esprit avoit opérées dans elle? en exaltant même les miséricordes du Seigneur n eût-elle pas cherché à^ faire connoître les vertus qui avoient attiré sur elle les regards du Très-Haut? Âh! depuis l'origine du monde aucune créature ne s'est trouvée dans une position aussi glorieuse. Mais si Marie est la seule que Dieu choisit pour donner au monde un sauveur , elle est aussi la seule qui sok inaccessible aux impressions de Vamour-pfopre ; son ame concentrée dans Dieu seul ne rend hommage qu'à la haute majesté de Dieu. N'apprendrai-je donc jamais par cet exemple à m'oublier moi-même, et à ne voir qu'en Dieu la source de lojite grandeur ?

Page 1