‹ RéflexionsChapitre 78 sur 109 · S^^ ^SS MAXIMES · texte numérisé non relu

S^^ ^SS MAXIMES

toujours des prétentions à Testime de ces sor-* tes de personnes : c'est ce qui fait que quand elles nous reprochent nos fautes , nous sommes très-sensibles à ce reproche , que nous nous excusons , que nous crions quelquefois à l*in-^ justice. Voilà l' amour-propre tout entier. Celui donc qui est bien aise d'être connu plein de défauts , non simplement de ses amis , mais de ses ennemis mémes^ est un homme véritabiement droit , sincère , et d'une humilité évangélîque. 1} faut aimer ÇLtrêmement la vérité pour en venir ta. Si je $uis vrai , je dois être bien aise d'être connu tel que je suis. Il est vrai que la plupart des hommes abuseront de ces aveux , qu'ils prendront les choses au pied de la lettre, et qu'ils me mépriseront en proportion des connoissances que je leur aurai données ; mais ce sera un gain pour moi , parce que le trésor de mon humiliation grossira par ce moyen , et que plus je serai humilié , plus j'aurai de ressemblance avec Jésus-Christ et avec les saints.

XXIIL Je goûte cette pensée : Un* y a point de tyrannie plus grande que celle de la grâci dans une ame ou elle a dessein déformer Jésus* Christ. '

Ce mot de tyrannie doit être pris du -côté de la force et non du côté de l'injustice. La grâce entrant dans une ame , y exerce un empire alhsolu. Plus on est déterminé à se conformer à Jésus-Christ, plus la grâce exige, plus elle presse ^ plus elle commande de sacrifices. Jé^Sr

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Christ est un conquérant qui détruit tout ce qui lui résiste. Oh ! que les hommes vraiment spirituels éprourent bien cette vérité 1 Je crois qu on peut envisager la grâce opérant ces grandes conquêtes dans l'apôtre saint Paul. Il fut non-seulement terrassé une fois , mais toute sa vie conduit avec empire par Famour de Jésus-»- Christ qui le pressoit , qui le subjuguoit , qui lui faisoit entreprendre des choses supérieures aux forces humaines^ Je ne puis bien exprimer l'état de ce saint Apôtre ; il avoît regimbé contre l'éperon , selon l'expression même de Jésus^ Christ, et Jésus^Christ le dompta avec une force qui ne lui permit plus de s*écarter de la route. Quand je me sers de ces expressions , je sais bien que la liberté subsistoit dans cette grande ame , mais c'étoit une liberté que Jésus-Christ guidoit sans cesse. Qu'il étoit libre sous un tel maître I mais qu'il étoit en même temps puis-* samment maîtrisé I Ce cœur , tout rempli de Jésus-Christ, ne voyoit plus que les grands motifs de s'attacher à lui , de se livrer entière-' ment ii lui , de négliger tout pour lui plaire. Seigneur, je vois dans votre Apôtre le plus beau spectacle de la grâce subjuguant la nature, et celui de la nature acquiesçant à cette noble /victoire.

XXIV. Je dois donner au corps tout ce qu'il lui faut pour vivre, et retrancher tout le reste; je dois priver l'esprit de toutes libertés inutiles , et le tenir assujetti à la divine présence.

aiS SUR LES Maximes

Voilà denx mortifications , celle du corps et celle de Tesprit. Je voudroîs , pour le corps , vivre en pauvre , et je gémis de ne Icf pouvoir pas encore. Si notre Seigneur me fait cette grâce , je Teii remercierai comme d'une faveur singuliè* re. Mais je puis priver V esprit de toutes Ubertés inutiles , et le tenir assujetti à la divine présence. Je puis retrandier des lectures frivoles ou curieu* ses; je puis renoncer à des rapports amusans 9 à des conversations stériles ; je puis me renfoncer dans fétude de la religion et dans Texerdce de Toraison ; je puis , avec la gr^ce , me tenir assujetti à la présence de Dieu. Je sens bien que je suis appelé à cette voie ; mais la dissipation de mon esprit et la corruption de mon cœur y mettent de grands obstacles» Seigneur, attachez* moi à'votre sainte présence , j'y trouverai la paix, la réponse à tous mes doutes , la vie de Jésus* Christ.

. XXV. Je suis étonné, dans un sens, de cette parole : Le pur amour est terrible et cruel.

£h! comment Tamour seroit-il/^m^/^? C*est le sentiment qui intéresse le plus le fond de Tame : comment seroit-il cruel? c'est le plus doux et le plus agréable mouvement qui soit en moL Mais , dans un autre sens , je saisis la vérité de c(e principe. Hélas! dans l'amour même profane, que de sacrifices n'exige point cette passion toute honteuse et déraisonnable qu'elle est ! Ce faux amour est pourtant l'amour; il est déplacé, mais c'est l'amour. Misa sa place, et tourné vers

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rons , ô mon Dieu , il est encore l'amoiir » et il tonserve son caractère impérieux ; il demande tout y il exige le sacrifice de tout ; la nature a beau se récrier et résister, îl faut qu'elle cède à ce maître entier et absolu^ Il est terrible^ parce qu*il veut qu on mette à ses* pieds tduCes les in« clinations qui flattent la nature ; plus de vanités ^ plus d'amusemens , plus de retours sur soi-même* Il est cruels parce qu il rompt tous les liens ks plus douiÉ , \^ plus anciens ^ les pins forts , parce qu'il réduii l^aaie à une nudité absolue^ Ce qtie \t regaBrdoi]& comme um avantage, coinme TXBL gainer conme un pilaisir , £trApôtFe(i) , je le regarde présentement comme une cause de perdition , à cause de Taipour de JésQS-Ghrist« Oui , Vamêuf estfôri comme la mort (2) ; il dé* truit tout , îl laisse le vieil homme dans un état de cadavre, et même de cadavre enterré; car , dit l'Apôtre (3) < nous sommes morts et ense- Telis en Jésus^Christ. Ceci ^ mon Dieu- , est le pur christianisme « parce que le christianisme est la loi d^amour. Oh ! je a ai point été chréûtn , puisque Famour ne m'a fait tAtt aucuns sacrifices; mats ye commence aujourdbui. Sei* gneur , quelque l^m^/tf que soit votre amour , je sens qu'il est enicore plus doux, plus conso<* lant , plus insinuant qu'il n'a de terreur et d'empire. Il sollicite vivement , mais il persuade ; il presse , mais il conduit ; il ordonne , mais il ap* planit les difficulté^ da comnandesient.

(i) Philip. 3. 7. ^ (a) Cont 8. 6; — (3) Rom. S. 4.

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