SUR LES MAXIMES
des récompenses jsans bornes, qui sontla jonls^* sance de Dieu ipème ; par conséquent récompenses extrêmes. L'esprit de Thomme ne peut conapreudre sur la terre ce que Dieu a préparé à ses élus. La religion donnje aux chrétiens la qualité d'enfans de Dieu ; qualité extrême : qui peut expliquer ce que c*est que l'adoption divine, quelle est la dignité ^e cette adoptioja, quels en sont les droits, et comment Dieu nous co]Qsidèrè en Jésus-Christ, son Fils par nature? La religion impose aux chrétictns l'obligation, de se renoncer, de se haïr : qbligation extrême ^ que la raison ne peut deviner , et que les forces puremejit humaines ne peuvent remplir^ I^a re-. ligion contredit la nature en tout : coutradiction extrême j à laquelle tous nos penchans 3e refusent, et que toutes Icis maximes du monde rejèteut. La religion nous m^t entre les mains un livre dont la doctrine , la morale , les promesses^ les exemples, surpassent toutes les conceptions humaines : livre extrême dans toutes ses vérités , dans son auteur , dans ses écrivaips, dans sa simplicité et dans sa hauteur. La reli-. gion conduit les saintspar des voies extrêmes: le monde ne connoît point ces voies , il les condamne , il les méprise sans les connoître ; il ne sait pas oii elles commencent, comment elles procèdent , à quoi elles aboutissent : exirémifà partout. La religion présente Jésus-Christ sur le Calvaire ; rien de fins extrême : un Dieu q^ souffre et qui meurt ; un Dieu qui satisfait i Dieu pour les hommes; un Dieu qui est iug(s,
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et qui juge le monde ; un Dieu maître de tout et dépouillé de tout ; un Dieu victime et vainqueur du péché. Je me perds, Seigneur, dans ces extrémités ; et je conclus seulement que cette religion est votre religion , puisqu'elle est si extrêmev
XL VL Le plus beau Ime est cetai de Dieu en moi: il m 'apprend ce que je ne trouve point dai\s les autres livres.
Il n'y a proprement que trois livres où la vérité soit enseignée ; le grand livre de la nature, qui nous montre Dieu créateur et tout-puissant; le livre des saintes Ecritures , qui nous fait voir Dieu se révélant aux hommes , s'incamant et satisfaisant pour les hommes ; enfin le livre de Dieu en nous-mêmes , qui nous découvre Dieu nous instruisant , nous attirant à lui , nous unissant à son être tout divin , et nous détachant de ce qui n'est pas^ lui. Ces trois livres ont leurs difficultés , et ne sont bien entendus que par ceux qui ont fa foi : les deux premiers ont besoin du troisfième pour nous intéresser et nous instruire; le troisième est le plus court, il s*accordç parfaitement avec les deux autres , mais il suppose des dispositionsrpour être bien lu. Celui qui voudra le lire dans le tumulte et la dissipation du monde, nj comprendra rien ; et celui qui ne voudra pas faire tout ce que ce livre lui dira , n'en tirera aucun profit. Uoraison et la bonne volonté suffisent après tout pour profiter de ce livre. H faut le feuilleter doucement ,
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et le méditer longuement. Je crois n'y avoir re^ marqué que dix cb^itres^ ;en ^ei ordre.
Dieu et ses attributs.
Jésus-ChrisJt et ses .grandeurs.
Les trois compagnes de Jésus-Christ.
L'amour-propre immolé à Jésus- Christ.
L'oraison de foi.
La (présence de IXieu.
Le temps et l'éternité.
La misère de l'homme.
Le véritable amour.
La véritable vie.
XLVIL // est un Dieu : oh ! que cela , ^en conçu et bien appréhendée^ profite a une orne! combien de lumières naissent de ce principe!
Mon Dieu! que j'approuve ces pensées quand je pense à vous! L^tèyperbole ne peut avoir lieu par rapporta la divinité. Quelque vol que prenne la pensée de Vhoinine^ elle ne parvient jamais au trânedela divinité. Quelque. chose que j' imagine j je me trouve toujours au centre , et je n^ arrive jamais à la circonférence y ç ^e^t^a-dire^ à la divinités Cependant, Seîgrf'îyr,» je.suis. toujours en vqus, et vous êtes to;u jours tn iviou Je ne ^is qu'vn point dans la région que j'habite.; cette r^gîoQ n'est qu'un point .par rapport à toute la terre; la terre n!est qu'un point dans cet univers , .et cet univers n'est pas même un point dans l'immensité de Dieu. Cotie.immensité contient tout, et rien ne la circonscrit ; elle surpasse les espaces, l^s temps , ,les nombres. > les êtres existaos
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et possibles : cependant eUe se rend présente à moi. Quel vesfiect ne lai dois- je pas? qu'elle attention à loi plaire ? quelle irigÛance snr molmême ? // est un Dieu : et ce Dieo est adoré des an^s , admiré des puissances mêoies de Tenfer qui tremblent k son aspeet ; et rhomme seroit insensible à la préseiïeè de celle majesté? L'bomme.serok donc plus aveugle qoe l enfer, et pins mcoBsiiferé que les deimons.
A'LYIII. Rien de si inconnu que Dieu parmi les kommes.
Ce mot n*est- il point la satire du genre humain ? Je sais du moins qu^on ne peut rien dire de plus hudtiliant pour les hommes. C'est leur reprocher de n avoir ni intelligence , ni attention , ni reconnaissance , ni sensibilité , de ne pirendre même aocun intérêt à ce qni doit les toucher le plus. U faut pourtant qne cela soit vrai; car je vois que la plupart des hommes ne cherchent poin4 Dien , qu'ils n'en parlent point 9 qu'ils ne le prieût point , qu ils fuient ceux qui s'en occupent, qu'ils les regardent comme des imbéciles ou! comme des fanatiques. Je vois qu*on s'appMqne à toute sorte de sciences, liors à celle de Dieu ; qu'on n'enseigne point aux enCaos l'art de connoitre Dieu ; qu'on entreprend mille affaires sans penser que le succès dépend de Dieu. Je vois que les dévots ttiémes ne pensent à Dieu et n en parlent qu'avec une sorte d'eflbrt , que leurs discours sont sees , ne coulent point de source , et ne bissent
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que du vide dans l'esprit de ceux qui les écoutent. Je vois que les livres qui traitent de Dieu sont des productions dépourvues de lumière et de sentiment ; beaucoup de mots ^^^t point de substance ; beaucoup d'art et point d* onction: ; beaucoup de méthode , et point d*insinuation. Je vois' qu'on entre dans* ce monde sans pouvoir connoître Dieu, qu'on y vit sans vouloir l'aimer, et qu'on en sort sans avoir riea fait pour le posséder»