‹ RéflexionsChapitre 95 sur 109 · SUB L'&DUCATI · texte numérisé non relu

SUB L'&DUCATI

toutes les {(races que la nature leur a données, et its-y ajoutent tout Part que l'intérêt leur suggère. Ils désarment facilement ceux qui sont en courroux contre eux« Un enfant qui supplie est un objet si touchant ! on ne tient pas contré des caresses , contre des larmes, contre des promesses où Ton, ne soupçonne point de supercherie. Cet âge , quand Û na pas été gâté par le. monde et par W mauvais exemples, est le règne de la candeur , de la simplicité ,> de l'ingénuité ; pourquoi ne toumeroit - on pas its dispositions si aimables à rechercher Tuniique et souverain bien, qui est Dieu et Jésus-Christ ? Pourquoi n'apprendroit-on pas à ces esprits , encore si dociles , quelque chose de ce qui a fait tous les saints , savoir Tusage et Texercice de la présence de Dieu ? Saint Paul commençant à prêcher aux Athéniens (i),. leur dit d abord q|ue nous vivons, que nous avons nos mouvemhis et noire existence en Dieu. Ces idolâtres étoient beaucoup plus loin de la vérité que ne le sont des enfans nés et élevés dans le sein du christianisme. Cependant TApotre les entretient , sans autre préliminaire, de la présence de Dieu. C'est ^u il faut d'abord rappeler les hommes à ce ^u ils. sont , toujours Touvrage de Dieu, toujours dépendans de Dieu , toujours dans la main de Dieu, toujours plongés , en quelque sorte, dans k plénitude de Dieu. Les anciens patriarches disoient : f^ive Dieu , en la présence duquel je suis: ^zsoXt sublime qu'il faut inculqjuer

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aux plus petits enfans. Qu'ils se sôuviennictit que Dieu les voit dans leurs petites sociétés , dans leurs jeux , dans leur travail , dans leurs études, dans leurs repas ^ dans toutes les situations où ils peuvent se trouve^, mais surtout dans le temps de la prière. Us s'accoutumeront peu à peu à une sorte db réserve et de circonspection ; ils se reprocheront plus vivement leurs fautes , parce qu elles aiuront un Dieu pour témoin. Et Dieu , qui donne l'intelligence aux petits et aux humbles , prendra soin de les instruire lui-mèhie ; il se communiquera à ces jeunes esprits, avec une abondance de lumières qui étonnera les âmes les plus avancées dans là perfection.

ÂMOfiR DE LÀ MÉRITÉ.

' l¥ ne sagit pas ici précisément de la vérité dans les actions , de cette vertu qui rejeté le mensonge, l'hypocrisie , le déguisement. On traitera de cet objet important dans rârticle de la sinciriH. On entend ici, par amour de la vérite j l'inclination qui porte à aimer et à rechercher ce qu'il y a de plus certain et de plus solide en toutes choses. Il importe beaucoup de cultiver cette inclination quand elle se trouve dans de jeunes personnes , et de réformer les dispositions contraires quand- on les remarque en elles.

Il est rare dé trouver des esprits naturellement faux , qui prennent'tou jours le contre-pied de la vérité, et qui s'égiireront lors même qu'ils^

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paroisseût vouloir tenir le droit chemiiu De tels esprits ont besoin de guides continuels, et jamais il ne faut les abandonner à eux-mêmes , si Ton veut qu'ils évitent des chutes déploraUes. On raisonne ici pour les esprits ordinaires, dans qui l'on aperçoit de Tamour pour la vérité , mais qui seroient exposés , par mille circonstances , à donner dans le faux , et à se perdre malgré leuris lumières naturelles^

Les grands sont plus en danger que les personnes d'un ordre inférieur à ne point connoître la vérité ; et c'est ce qu'on ne peut trop répéter aux jeunes personnes que leur naissance met au-dessus du vulgaire. Si , dans ces conditions éminentes , la vérité se cache aux hommes, c'est qu'on les flatte , qu'on les séduit par des éloges , qu'on admire jusqu'à leurs travers , et qu'on érige même leurs passions en vertus. Cornmrent lèveroient-àls ce voi^e ? ils sont aveugbés par leur amour-propre, et ils n'ont pas le bon esprit d'approcher de leur personne des amis vrais et intrépides qui leur dessillent les yeux. Mais , dans ces mêmes conditions , les femmes ne sont pas moins exposées que les gommes à être séduites par le langage de la fausseté. On' peut même dire qu'à certains égards elles courent encore de plus grands risques. On est sur le pied de leur rendre beaucoup de respect. On ks flatte sur leur esprit , sur leur figure , sur les agrémens de leur personne , sur leurs talens àcquis ou naturels. £n un mot, ce sont des espèces de divinités sur la terre ; elles reçoivent avec

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complaisante reûcens qu'on brûle à leurs pîeds, elles s^enivrent des louanges qu'on ielir donne , elles croient les mériter de plus en plus en ajoutant les artifices aux avantages dont la natxire les a comblées ; et il se forme ainsi autour déciles un tourbillon de fausseté que les années peuvent à peine dissiper.

Il faut mettre , s'il est possible , dans les enfans de cette condition , des principes qui les prémunissent contre cet écueiL Le premier de ces principes seroit la connoissance d'eux- mêmes f et en général du cœur humain , la persua* sion intime des misères et des foiblesses attachées à rhumanité , la conviction de notre ignorance , de nos erreurs , de nos préjugés déraisonnables ; en un mot , ce principe seroii celui de rhumilité chrétienne , vertu qui , par excellence , est fondée sur la vérité , vertu qu*on ne doit qu'à Jésus-Christ. Toute la philosophie anr cienne l'a méconnue** Aussi quels travers dans les plus grands hommes! L'oubli de soi-même en a porté plusieurs à vouloir être des dieux ; l'or* gueil se réfutant ainsi , sans s'en apercevoir , par la plus insigne folie.

Le second principe seroit la défianeé à l'égard de tontes sortes d'éloges. Dieu seul en mérite , parce que Dieu seul possède des perfections pures él sans mélange. L'homme brille aujourd'hui, et est demain dans le tombeau , et jusqu'à ce qu'il entre dans cette région des morts , il se déshonore par mille actions qui ne méritent que du méprisr Mais d'ailleurs comment se fier au lai^

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