‹ RéflexionsChapitre 96 sur 109 · SUR L'ÉDUCATION. ' 33 X · texte numérisé non relu

SUR L'ÉDUCATION. ' 33 X

gage de la flatterie ? Ceux qui l'emploient n'écouteDl que leur intérêt ou leurs passions. Dans. le fond de leur cjœur ils savent que tout ce qu'ils disent n'est qu'un tissu de mensonges, et qu'il faut être dupe ou aveugle pour les croire sur Ijeur parole*

Le troisième principe seroit de rechercher par préférence ceux qui disent la vérité , qui jugent de fout avec connoissance de cause , qui satent blâmer ce qui est réprëhensible^ et ne donner que des louanges modérées à ce qui n'est ,que médiocrement estimable. Des personnes de ce caractère approchent rarement les grands / parce que les grands ne veulent point de censeurs, et qu'ils croient qu'on leur manque quand on n'admire pas toutes leurs démarches. Le roi Achab prie Michée , il le conjure , au nom de Dieu , de lui dire la vérité ; le prophète, la lui dit sincèrement, et Achab le fait mettre en prir son (i) : exemple sensible, qui prouve quel est le sort de la vérité quand elle se présente aux grands de la terre. Il faut faire sentir à de jeur nés élèves combien cette haine de la vérité est odieuse , et dans quel abime de maux elle précipite les grands.

Le quatrième principe , qui a rapport surtout aux jeunes personnes qui entrent dans le monde , seroit de les armer contre les louanges qui ont pour objet les grâces de la figure , et les agrémens de la représentation. Cet article est difficile : car le dernier sacrifice qiie fait une

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dame du monde , est celui des prétentions en ce genre. Jusque dans l'âge qui avertit d'abandoivner ce reste d'amour-prapre , on est encore Susceptible de retour, on déguise les ravages du temps le mieux qu'on peut , et le premier menteur qui viîent faire hommage est encore bien reçu. On pourroit indiquer pour reniède un sentiment assez avoué de tout le monde, c'est que les hommes qur s'épuisent en éloges vîs-à*fis de ces idoles, au fond les estiment très- péU, et qu'ils ks estiment même d'autant moins qu on fait plus d'accueil à leurs mensonges. Mais ce remède profane ne suffit pas pour guérir un mal ausst opiniâtre que la vanité. Il faut que la religion porte les grandiSi coups , que la piété , l'humilité, et les grands principes de Jésus-Christ mettent en fuite tous les adulateurs.

Un autre écueil pour la vérité , dans les personnes^ du monde ) est' le système qu'affiles se fonf à elles-mêmes , ou qu'on leur suggère, d'allier te service de Dieu avec les maximes du siècle. Ce système est plus pernicieux que le libertinage déclaré ; il y a assez peu de personnes , surtout parmi l^^s damés du premier rang , qui af-: fichent l'irréligion y h galanterie , le scandale ; ibais un très-graiid nombre se piquent d'être fidèles à l'Evangile , et à ce qu'on appelle les devoirs de la société; ceSl-à-dire, qu'à certaihs jours elles Soqt à Dieu , et le reste du temps aux fètea, au plaisirs, aux assemblées où Ton étale le luxe et la vanité ; c'est-à-dire , qb'àprès avoir entendu dans les temples Thisloire d*un Dieu

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mourant sur la croix, elle vont entendre aux «pectacles les leçons da démon ; c est-à-dîre i qu'après avoir satisfait à la loi qui prescrit Tas^ sîstance au divin sacrifice, elles consacrent la plus grande partie du jour à la parure , au jeu , aux visites inutiles ; c'est-àrdire , que n admettant pas dans leur compagnie des libertins de profession , elles traitent sans scrupule avec des hommes qui n'ont qu'une probité factice , et des mœurs au moins équivoques ; c'est-à-dire encore , que n affectant pas un luxe indécent , elles jouissent de toutes les délices de la vie« Fausseté de conduite , que la morale la plus inr idulgente ne peut excuser. Jésus- Christ a dit qu on ne peut servir deux maîtres , que le monest son ennemi , qu'il faut se renoncer soi'-mér me jet porter sa croix. Fausseté qu'il est néeessaire de détruke , dès )a jeunesse , par la science «xaiete de l'Evangile, qui est le dépôt unique de la vérité* Pour faire plus d'impression sur ces jeunes esprits , renvoyez-les au jugement des personnes du monde qui sont rentrées en ellesmebies , et qui servent Pieu dans la sincérité de leur cœur , après avoir abandonné le système monstrueux de l'accord entre Dieu et la mon* danité. Que disent-elles ces sages interprètes dé la vérité ? que ce prétendu mélange est une illusion pure , une dérision du christianisme » un renversement de la morale de Jésus-Christ ^ une source intarissable de remords pour le dernier moment de la vie.

L*amour de la vérité prescrit une infinité de

devoirs dans les diverses circonstances où ron se trouve : de jeunes élevées ne seraient pas encore à portée de les suivre en détail; il suffit de les en avertir en général , et de les former à Tamour de la vérité par les pratiques suivantes.

i.^ Les accoutumer à se faire une idée juste de tout ce qu il leur importe de savoir : leur dire , par exemple , ce que c*est que le temps , qui passe comme l'ombre et se dissipe comme la fumée; ce que c'est que l'éternité, qui na point de fin ; ce que c'est que Dieu , qui a toujours été et qui sera toujours ; ce que c*est que le monde , qui roule comme un cercle parmi les milliers de changemens et de révolutions ; ce que c'est que la vie de l'homme, qui n'a pas un moment sur lequel il puisse compter ; ce que c'est que la mprt , qui n'arrive qu'une fois , et dont les suites sont étemelles ; ce que c'est que notre ame , pour laquelle Jésus - Christ a répandu son sang; ce que c'est que le péché, qui prive pour jamais de la vue de Dieu ; et ainsi d'une infinité d'autres points de là dernière importance.

2.^ Lfs inviter à demander les raisons de ce qu'elles ne savent pas , et leur répondre dans des termes clairs et expressifs , employant des comparaisons pour rendre la réponse plus sensible : ainsi Jésus-Ghrist comparoit-il l'Ëglise à un champ oi^ le bon grain se trouve mêlé avec le mauvais, jusqu'au temp;s de la moisson, c est-à-dire de fa &:i dçs siècles , où se fera

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la séparation des justes d'avec les pécheurs.

3/ Leur inspirer une grande estime pour la vérité qui vient de Dieu ; et leur insinuer qu elle est dans le monde avant la fausseté ; que ce qui est faux tâche toujours d'imiter ce qui est vrai, qu'ainsi il y a de fausses religions parce qu'il y en a de vraies , défausses maximes de morale parce qu'il y en a de vraies , de faux dévots parce qu'il y en a de vrais , et ainsi du reste. Ce prin-. cip€ tait qu'on s'attache au vrai et qu'on méprise le faux , .comme on recherche la vraie monnoie et qu'on rejeté la fausse.

4.* Leur dire qu'un des grands caractères de Jésus - Christ est d'être la vérité , comme il Ta déclaré lui-même ; qu'ainsi il faut s'attacher à lui comme étant seul incapable de se tromper et de tromper les hommes.

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