‹ Réflexions, sentences, et maximes morales de la Rochefoucauld (volume 2)Chapitre 17 sur 205 · LXV · texte numérisé non relu

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II n'y a point d'éloges qu'on ne donne à la prudence; cependant elle ne sauroit nous assurer du moindre événement1.

1 . Var. L'auteur s'est essayé plusieurs fois avant d'arriver à une préci • 6ion si parfaite. Voici comment il s'exprimait dans sa première édition : » On élève la prudence jusqu'au ciel, et il n'est sorte d'éloges qu'on ne lui donne; elle est la règle de nos actions et de notre conduite, elle est la maîtresse de ia fortune, elle fait le destin des empires; sans elle on a tous les maux, avec r!!c on a tous les biens ; et, comme discit autrefois un poète, quand nous avons la prudence, il ne nous manque aucune divinité : Nullum numen abesl, si mi f.rn lenlia (Juvénal, Sat. X}, pour dire que nous trouvons dans la pru- &£«..<: tout le secours que nous demandons aux dieux. Cependant la prudence

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Un habile homme doit régler le rang de ses intérêts et les conduire chacun dans son ordre. Notre avidité le trouble souvent, en nous faisant courir à tant de choses à la fois, que, pour désirer trop les moins importantes, on manque les plus considérables.

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