XVIII
La modération est une crainte de tomber dans l'envie et dans le mépris que méritent ceux qui s'enivrent de leur bonheur : c'est une vaine ostentation de la force de notre esprit; et enfin la modération des hommes, dans leur plus haute élévation, est un désir de paroître plus grands que leur fortune.
Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d'autrui.
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La constance des sages n'est que l'art de renfermer leur agitation dans leur cœur.
Ceux qu'on condamne au supplice affectent quelquefois une constance et un mépris de la mort qui n'est, en effet que la crainte de l'envisager; de sorte qu'on peut dire que cette constance et ce mépris sont à leur esprit ce que le bandeau est à leurs yeux 2,
1. Var. La modération des personnes heureuses est le calme de leur humeur adoucie par la possession du bien (1G65 — n° 19)
2. Yar. Ceux qu'on fait mourir afEectent quelquefois des constances, des froideurs, et des mépris de la mort, pour ne pas penser à elle; de sorte qu'on peut dire que ces froideurs et ces mépris font à. leur esprit ce que le bandeau fait à leurs yeua: (1665 — n" 21).