‹ Réflexions, sentences et maximes morales de La RochefoucauldChapitre 4 sur 135 · Essais de Philosophie morale · texte numérisé non relu

Essais de Philosophie morale

2. Vauvenargues répète cette pensée en deux eniiroits, presque dans les mêmes teimes.

la veine orgueilleuse court et s'enfle encore. L'homme est tellement réhabilité de nos jours, qu'on n'oserait lui dire tout haut ni presque écrire ce qui passait pour des vérités au xyii® siècle. C'est un trait caractéristique de ce temps-ci. Tel rare esprit qui, en causant, n'est pas moins ironique qu'un La Rochefoucauld i, le même, sitôt qu'il écrit ou parle en public le prend sur un ton de sentiment et se met à exalter la nature humaine. On proclame à la tribune le beau et le grand dont on fait des gaietés dans l'embrasure d'une croisée, ou des sacrifices d'un trait de plume autour d'un tapis vert. Le philosophe ne pratique que l'intérêt et ne prêche que l'idée pure^. Les Maximes de La Rochefoucauld ne contredisent en rien le christianisme, bien qu'elles s'en passent. Vauvenargues, plus généreux, lui est bien plus contraire, là même où il n'en parle pas. L'homme de La Rochefoucauld est exactement l'homme déchu, sinon comme l'entendent François de Sales et Fénelon, du moins comme l'estiment Pascal, Du Guet et Saint- Cyran. Otez de la morale janséniste la rédemption, et vous avez La Rochefoucauld tout pur. S'il paraît oublier dans l'homme le roi exilé que Pascal relève, et

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