V. — Telle Révolution, telle Education
De trois choses l'une :
— Ou vous appellerez Révolution une émeute politique, moins que rien; un tumulte d'un jour, grandiose et criard, glorieux, superficiel, et qui le lendemain laissera la même vie (ou pire) recommencer avec les mêmes hommes (ou pires) : — et je n'ai rien à dire, ces révolutionnaires-là n'ayant pas besoin d'éducation.
— Ou vous appellerez Révolution une théorie sociale, pas grand' chose; une doctrine et un dogme, syndicalistes si vous voulez; et Révolutionnaires tous ceux qui achèteront cette petite société de poche : — et je me tairai encore, car ces fanatiques-là, l'éducation dont ils ont besoin, ils ne peuvent pas la recevoir dans une école de liberté.
— Ou enfin vous appellerez Révolution une invention plus étonnante que la machine à vapeur; une organisation technique, intellectuelle, morale du tra-
L'Ecole et la Révolution 15
vail sur la terre; vous essayerez de la commencer aujourd'hui dans l'école, dans l'atelier, dans le syndicat, avec la collaboration constante des travailleurs; — et alors j'estime que les écoliers et les apprentis peuvent vous aider.
Et leurs maîtres aussi.
Février 1912.
Principe d'une éducation syndicaliste