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IV. — L'industrie et la science

Les manuels de technologie, autant que je les connaisse, distinguent dans un ordre évidemment factice

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les industries extractives, les industries préparatoires, soit métallurgiques, soit chimiques, les industries de l'alimentation, des transports, du logement et de l'ameublement, du vêtement et de la toilette, enfin les industries répondant aux besoins intellectuels.

Je récapitulerai cette liste, et vous verrez que chacune de ces industries se parfait par la science. Notre civilisation tout entière est une physique, n'importe quel ouvrier est physicien; mais l'essentiel n'est pas cette analyse que chacun fera. Ni même ce reclassement auquel on pourrait aboutir, et qui distinguerait en technologie un ordre de préparation, un ordre de transport et un ordre de mise en place; ou encore un ordre de la matière, un ordre de l'outillage et un ordre de la construction. C'est Yensemble qu'il serait utile et beau de concevoir.

Il est évident que la mine, la carrière, le four, la tourbière, le marais salant, la forêt des bûcherons et des charbonniers; — que le haut fourneau, l'usine hydroélectrique, l'aciérie, le laminoir, la forge; — que la verrerie, la briqueterie, la poterie, la céramique; — que la minoterie, la boulangerie, l'abattoir, la boucherie, l'épicerie, la raffinerie, les chais, la distillerie, la brasserie, la parfumerie, la pharmacie; — que les roules, l'emballage, la charronnerie, le roulage, l'automobile, les ponts, les canaux, la navigation, les ports, les chemins de fer, l'aéronautique; — que le bâtiment avec son chantier, sa terrasse, sa maçonnerie, son treuil, son mât-grue, sa charpente, sa couverture, sa plomberie, sa serrurerie, sa menuiserie, son ébénisterîe, sa peinture, ses arts; — que la voirie avec son architecture, son pavé, ses égoûts, son gaz d'éclairage, ses installations électriques; — que la filature, le tissage, la teinture, la coupe, la parure, la fourrure, les jouets, la passementerie, la plume et la Heur: - que la fonderie des caractères, la composition, la linotypie, l'imprimerie,

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les arts graphiques, la lutherie, le décor, le théâtre;

— que l'entretien de toutes ces œuvres, leur nettoyage, leur réparation, leur démolition, leur renouvellement, l'invention, le montage, la graduation des machines;

— que ce travail innombrable et immense enfin applique les lois de la pesanteur et de l'hydrostatique, de l'optique et de l'électricité, du magnétisme et des combinaisons, et ainsi la physique actuelle et une physique future, science intégrale du monde; — mais aussi, qu'il y ajoute; — qu'à l'analyse du laboratoire, distinction des forces, séparation des éléments, il juxtapose une division du travail selon l'aptitude et l'habitude, donc selon l'éducation; — qu'à la synthèse précautionneuse du savant il superpose une coaction moins dirigée, une entente instinctive, puis rationnelle, des hommes, un choix, une intention, des inventions : donc des personnes, donc l'éducation encore ;

— bref, que par l'industrie la physique devient une psychologie, le chaos un monde; et le monde, une humanité.

Longue phrase: insuffisante encore, je le sais bien, à déployer dans toute sa complexité l'effort de l'adulte, donc celui de l'éducation qui doit y préparer l'adolescent. Explique-t-elle au moins que la mission d'un enseignement professionnel, entre la science et le travail, est de rétablir dans le citadin cette plénitude d'humanité détruite par la spécialisation et la machine. Ici, qu'on se reporte à ce que j'ai dit de la Nature dans l'apprentissage agricole. Par l'apprentissage industriel il faut que la Ville devienne pour l'artisan ce que la Campagne est ou fut pour le Paysan; une seconde Nature, (une vaste Facture), qui, pensée et action, fasse ou refasse en lui l'Homme.

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