V. — L'atelier, l'école et le syndicat
La logique nous imposerait tout simplement l'association de l'école et de la mine, de l'école et du chantier, de l'école et de l'usine électrique, de l'école enfin et des usines de transformation, soit métallurgique, soit chimique.
Il s'agit bien de confondre ainsi l'éducation avec l'apprentissage, mais en donnant à la science la direction du travail. On imaginera sans peine que la géométrie, le levé des plans, l'application des forces, la résistance des matériaux, la mécanique des machines simples, seront plus clairs dès qu'on les verra utilisés. De son laboratoire aux sous-stations du métropolitain, un bon maître saura bien jeter un filet d'expériences... Par là cette polytechnique de l'enseignement, dont parlait Proudhon, se trouverait réalisée; aucune opposition, aucune incompréhension ne sépareraient plus la théorie de la pratique. Atelier scolaire et atelier industriel se compléteraient, autant pour le bien de l'apprenti que pour le bien du compagnon; autant pour le bien du savoir que pour le bien du travail.
A qui remettre le soin d'une organisation définitive? Le choix des ateliers types, l'établissement d'un plan d'études, la fixation d'un emploi du temps, l'exacte adaptation de chaque métier ou de chaque famille de métiers à leur science centrale, la double progression parallèle du labeur et de la notion; — voilà où le meilleur instituteur est incompétent; voilà où le syndicat, où la Bourse du Travail ont le devoir d'intervenir.