‹ Réflexions sur l'éducationChapitre 45 sur 109 · IX. — Abréviations et suppléments · texte numérisé non relu

IX. — Abréviations et suppléments

Ce que j'ai dit de l'apprentissage agricole et de l'apprentissage industriel, vous l'appliqueriez sans

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peine à un apprentissage commercial, à un apprentissage nautique, à un apprentissage militaire, à un apprentissage administratif, à un apprentissage médical, à un apprentissage artistique, à un apprentissage ecclésiastique...

J'en oublie sans doute: quelques mots suffisent.

L'école de commerce, c'est le comptoir. Ajoutons la coopérative. Envoyons-y les jeunes gens qui le voudront, qu'ils y apprennent, théorie et pratique, la géographie économique, qui leur permettra de commander les produits; la psychologie et les langues vivantes, au moyen desquelles ils feront une réclame honnête; la finance enfin, (mais il n'y a que vous, Delaisi, qui puissiez nous en donner le manuel), s'ils veulent la réformer par des ententes internationales et des grèves d'actionnaires.

L'école de navigation, c'est le navire. Et aussi, car nous tenons à notre plancher, le port. L'écolier devient mousse, le mousse écolier; la barque, la voile, le filet (fixe ou tournant, hélas!), la chaudière du chalutier, pénètrent dans la classe; la classe émigré sur l'eau dans ces bâtiments flottants. Océanographie, cosmographie, météorologie, physique, histoire naturelle: et la science disloque la routine.

L'école militaire, c'est la guerre. Mais vous n'avez pas oublié l'équation: guerre, lisez grève. « En 1891- 1892, écrivait Charles Guieysse, quand les bûcîierons du Cher se révoltèrent contre la faim, ils allèrent à la mairie demander comment on fait grève. » C'est à la Bourse du Travail de leur ville, à la section syndicale de leur village ou de son canton, que leurs fils l'apprendront, du secrétaire ou de l'instituteur. A la théorie, les bleus! Ils tourneront le fricot à la soupe communiste; et la chasse aux renards (dont je ne voudrais pas qu'As abusent) fait un assez bon service en campagne. Quoique en ville). Quant au sabotage, je n'en suis pas;

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destruction volontaire d'effets de grand ou de petit équipement, militaires ou industriels: conseil de guerre.

(Je n'entends pas résoudre ainsi toute la question. L'école du soldat elle aussi est théorique et pratique à la caserne même. Vous savez que le socialisme de Jaurès est militariste, ou milicianiste. Charles Andler nous apprenait récemment que le socialisme allemand devient impérialiste, colonial, et pour tout dire, bismarckien. La prodigieuse médiocrité de la politique extérieure du syndicalisme est apparue à l'occasion des guerres turques... Mais tout cela ferait un autre sujet, beaucoup plus grave.)

L'école de l'administration, c'est l'administration. Je pense que nos ministères se dissoudront, j'ai déjà brièvement indiqué comment. La comptabilité d'une coopérative ou d'un syndicat même minuscules prépare celui qui la tient à des entreprises plus complexes. Que la société politique se résorbe dans la société économique; et la mairie, la sous-préfecture, la préfecture, les services publics passeront légitimement de l'autorité à la compétence. Affaire de temps et d'industrie; collaboration du droit, de l'économique et de l'histoire.

L'école de médecine, c'est l'hôpital. Tous mes remerciements au docteur Leredde, sans qui, craignant un peu de décider si l'on peut enseigner la médecine à des adolescents, je n'aurais pas osé pousser jusque là mes généralisations. « L'école actuelle, juge-t-il, enseigne la médecine aux étudiants dans les salles de cours et par les livres. L'école de demain enseignera la médecine en apprenant à l'étudiant à observer et à expérimenter, à l'hôpital, au contact du malade, et au laboratoire, au contact des objets d'étude et d'expérience. Elle remplacera le professeur par le maître, l'étudiant par l'apprenti, la salle où l'étudiant est assis sur des bancs par l'atelier où il est debout: à l'ensei-

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gnement passif de l'école ancienne succédera l'enseignement actif de l'école nouvelle. »

L'école du divertissement, c'est le théâtre. A vous cette fois, Fédération du Spectacle, et dites-nous seulement s'il convient d'y ajouter, de temps en temps, le cirque et les musées. Déjà n'ont-ils pas, conférences éducatives, représentations classiques, quelque chose de scolaire, voire de pédologique? Leur annexant franchement une histoire, une psychologie, et ce qu'il y faudrait de corporellement technique, on formera de bons acteurs, de bons musiciens, de bons danseurs, de bons acrobates, enfin de bons artistes; — jusqu'à ce que, nos goûts et nos mœurs ayant changé, notre art change.

Enfin, l'école de la religion, c'est l'église. Vous pouvez traduire encore: notre religion veut nous réunir en une société vraiment humaine, notre église ouvrir un temple au travail. Quelles seront nos fêtes, quels nos rites, quels nos prêches, aux poètes à venir de nous le dire. —

Mais sans doute, on les enseignerait à nos enfants comme on les enseigne aux séminaristes, science et labeur, (théologie et liturgie), dans la langue de la foi, dans la pratique de la sainteté, dans la discipline de la prière.

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