‹ Réflexions sur l'éducationChapitre 63 sur 109 · V. — L'Antiquité, l'Agriculture et l'Education physique · texte numérisé non relu

V. — L'Antiquité, l'Agriculture et l'Education physique

A la ferme, c'était un ordre admirable d'écuries, d'étables, de poulaillers, de pigeonniers, de laiteries, de pressoirs et de granges. Le ciel étincelait, le soleil peignait à terre de magnifiques ombres. Les machines tranquilles patientaient sous les hangars. Un peuple multicolore d'enfants nous saluait gaîment parmi les hommes.

— Voici notre école primaire, dit M. Elslander. Il est bon que l'enfant, en qui l'humanité se recommence, assiste à tous les travaux de l'humanité primitive, sous l'aspect qu'ils ont encore à la campagne.

J'allais protester, mais Fani me devança:

— Où apprend-on à lire?

— Labourer, semer, faner, moissonner, battre, moudre, pétrir, cuire le pain, tondre la laine, récolter les œufs et le miel, répliqua M. Elslander avec enthousiasme, ça vaut mille fois mieux que lire. On n'apprend pas à lire.

Fani haussa les épaules, Saert dit: — C'est dommage. — Mais Godefroy s'écria du fond du cœur: — Oh, veine!

M. Elslander l'embrassa soudain. Nous visitâmes tous les bâtiments, puis le potager, le verger et le moulin; et nous revînmes par les ateliers de vannerie, de poterie, de menuiserie où les garçons et les filles étudiaient, par expérience, l'arithmétique, la mécanique et la géométrie... — Et dans la grande cour, les faucheurs partant, Godefroy me demanda avec les yeux étincelants du désir:

— Oh m'sieu, je peux-ti aller avec eux?

Je le lui permis, et M. Elslander me considérant indulgemment me dit:

Une visite à Eslandcr 1Ô1

— Voilà qui vous réfute. Un converti au bout d'une heure !

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