‹ Réflexions sur l'HystérieChapitre 11 sur 33 · DNS · texte numérisé non relu

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Les observations de Bourguignon nous laissent mal à l’aise. Il n’est pas question de sa technique, mais du choix de ses malades et des raisons qui l’invitèrent à considérer les uns comme des simulateurs à chronaxie normale, les autres comme des hystériques authentiques à chronaxie plus ou moins troublée. Quel était l’état physique, l’état psychique et moral des uns et des autres ? Le problème vaut qu’on s’en occupe d’abord, car il est fort possible, sinon certain, que les troubles antérieurs à l’apparition des accidents « simulés » ou « hystériques .» et ceux qui continuaient à évoluer en même temps que ces accidents, aient eu une influence sur les variations de la chronaxie, nulles chez les premiers, apparentes chez les seconds. Est-ce que les mêmes précautions furent prises à l’endroit de ceux que l’on présente comme hystériques et de ceux que l’on nous donne pour des simulateurs ? Si « le flagrant délit » est le seul critère qui permette de ranger dans la catégorie des « simulateurs » les sujets qui se présentaient comme des hystériques, est-on assuré que l’on ne maintient pas dans le deuxième groupe les simulateurs qui ne se sont pas fait prendre ? Le groupe des hystériques comprendrait alors des « simulateurs » et des «hystériques ». Les chronaxies étant troublées chez les uns et chez les autres, le problème de leur différenciation devrait être remis à l’étude.

Il était écrit que la vieille hystérie profiterait des ae tes découvertes pour se rajeunir. On l’a assimilée, nous l’avons vu, à des maladies assez nouvellement décrites.

L’électro-encéphalographie devait à son tour lui fournir sa contribution. J. Bert et Courbon nous enseignent que la grande majorité des hystériques présentent la triade symptomatique suivante : 1° présence du rythme 6 dans les tracés de repos; 2 apparition d’une hypersynchromie neuronique lente à l’hyperpnée; 3° entraînement prédominant pour les fréquences lentes à la stimulation lumineuse intermittente. Ces observations concordent, nous disent les auteurs précités, avec celles d’Happenstal-Hill et Siader, quant au rythme 6, chez 58 % des névrosés de guerre. Mais la triade se rencontre également chez les

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épileptiques et chez les enfants, chez les sujets présentant des dysendocrinies principalement hypophysaires, le rythme ®, selon Denis Hill, chez les sujets à comportement violent et agressif, mais également labile et puéril; selon Corriol et Caïn, chez presque tous les enfants caractériels et notamment chez les impulsifs, les instables, les pervers.

Nous apprenons par Klotz et Borenstein que la spasmophilie avec ses caractères connus, hyperexcitabilité neuro-musculaire (signe de Chvosteck, hyperréflectivité tendineuse des membres inférieurs), hyperexcitabilité psychique (hyperémotivité et raptus anxieux: labilité de la régulation calcique, troubles trophiques (ongles, cheveux, dents); épreuve de l’hyperpnée provoquée positive reproduisant le symptôme dominant; épreuve du traitement par le dihydro-tachystérol (A.T. 10 associé au calcium) — positive — donne naissance à diverses manifestations : épilepsie, dépression simple ou mélancolie; contractures paroxystiques des extrêmités réalisant le spasme carpo-pédal d’Escherich, crises névropathiques allant de l’hyperémotivité et des crises de larmes à la grande crise de Charcot. Que cette spasmophilie donne à l’E.E.G. un tracé perturbé, indiquant une dysrythmie cérébrale à l’hyperpnée, dysrythmie qui disparaît avec les autres signes par le traitement spécifique de la spasmophilie.

Ces travaux font suite à ceux de Baruck, orientés d’ailleurs dans une autre voie, et surtout à ceux d’auteurs argentins, américains, allemands. Ils sont d’un grand intérêt. Remarquons pourtant qu'ils ne s'adressent qu’à une faible portion du syn-

drome hystérique et laissent de côté toutes les autres manifestations ; remarquons aussi qu’en mettant en évidence l’analogie électrique des symptômes réunis sous le nom de spasmophilie, Klotz et Borenstein démontrent du même coup la non-spécificité des anomalies que l’E.E.G. leur a permis de décrire en ce qui touche l’hystérie considérée avec raison jusqu’à maintenant, comme différente de l’épilepsie et de l’angoisse. Retenons, cependant, la notion qui nous est offerte. Peut-être existe-t-il chez les hystériques une aptitude à réagir, différente de celle

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que l’on pourrait observer chez les gens absolument normaux. Cela n’expliquerait pas toute l’hystérie, mais une sorte d’orientation anormale qui favoriserait l’apparition de certains accidents : ceux-C1 pour se produire exigent l’intervention d’autres facteurs. Au demeurant, la question n’est pas au point. Jean Delay et Verdeaux pensent que le diagnostic étiolagique de certaines crises nerveuses n’est résolu par l’E.E.G. que dans la mesure où la méthode permet d’affirmer l’épilepsie, c’est-àdire d’éliminer l’hystérie qui ne possède pas de critère électrique.

Pour H. Gastaut, l’E.E.G. n’apporte pas toujours un élément de diagnostic certain : « un petit nombre d’épileptiques conserve des tracés normaux, malgré leur activation, tandis que bien des hystériques présentent des anomalies encéphalographiques voisines, sinon identiques, à celles qui sont observées chez les épileptiques ».

Dans un remarquable travail où l’on trouve réunis les résultats de quatre années d’études personnelles et une synthèse des recherches E.E. graphiques entreprises dans le monde sur les névroses, M. J. Faure a montré :

4° Qu'il existe, à l’état statique « une certaine correspondance entre les perturbations et l’intensité du conflit névrotique, indépendamment de la forme clinique réalisée ». Mais « qu’il n’y a pas de correspondance étroite et constante entre la forme clinique et le type de tracé. Que toutefois, certaines formes de névrose réalisent certains types, avec une certaine prédilection. Que le tracé des névrosés n’est pas fixé et varie dans son type ».

2° Que l’hystérique (14 %) affectionne le rythme 6, d’allure rythmique, en particulier dans la dérivation basale, réalisant ainsi le type IIT basal et IV cortical.

Que l’hystérique peut encore réaliser le type cortical Lau beau rythme alpha dans toutes les dérivations. Cependant que l’hystérique peut parfois — bien que rarement — présenter un type spécial, à rythme rapide bêta 45 et 18 c/s survenant.

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en « spindles » associé à des fréquences lentes 0 à 6 c/s soit isolé soit superposé à du delta à 2,5 et 3 c/s erratique.

Si l’on admet l’existence :

a) D’un système réticulaire intralaminaire thalamique, régulateur et synchroniseur, et celle,

b) D'un système réticulaire bulbo-mésencéphalique et hypothalamique désynchronisateur de l’activité cérébrale,

les tendances électro-encéphalographiques des hystériques apparaissent comme une tendance à la synchronisation excessive à l’hyperactivité du système réticulaire intralaminaire thalamique.

4°,L’auteur insiste d’autre part sur le fait que les tracés électro-encéphalographiques ne sont pas spécifiques de la manifestation hystérique, qu’ils indiquent seulement qu’on trouve souvent chez l’hystérique un terrain névropathique sur lequel la névrose peut se développer à l’occasion, comme pourrait s’y greffer une autre manifestation pathologique. Il est, en cela, en plein accord avec l’observation clinique.

Psychasthénie, inhibitions corticales, encéphalomyélite épiémique et troubles diencéphaliques ou des noyaux centraux, épilepsie, schizose et schizophrénie, tels sont les mots qui ont été prononcés au cours de cette rapide revue des théories organicistes de l’hystérie. Les auteurs qui les ont fait servir à l’édification de leur thèse comptent parmi les plus grands de la médecine et de la biologie. Leur désaccord nous met dans une grande perplexité. Encore, avons-nous volontairement évité de citer d’autres revues et d’autres ouvrages, d’autres théories que l’on trouvera résumés et commentés dans le travail de Ey. Ce dernier, nous le prions de nous excuser, si nous ne donnons pas ici un aperçu de sa théorie. Nous ne nous sommes pas senti le droit d’en publier le texte avant lui.

Quant aux études sur la chronaxie, elles ne nous fournissent pas la certitude que nous désirons. Celles qui concernent

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