‹ Réflexions sur l'HystérieChapitre 9 sur 33 · ARR E · texte numérisé non relu

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cin si, Sans signaler sa présence, il voit sa jeune malade se moucher ou se gratter la tête de sa main paralysée ? Combien de temps durera la punition ? Elle est douce. Un grand mystique ne se contenterait pas d’un châtiment symbolique, il se couperait la main, à l’occasion. Et si la guérison survient à l'heure choisie par notre jeune fille, que devient la libido refoulée, quand, du moins, le psychanalyste n’est pas remonté jusqu’à la source et partant, n’a pu procéder à la critique — suivie d’absolution — de l’événement traumatisant ? Il serait imprudent de soutenir que dans les cas où l’analÿse a été faite et bien faite, la guérison en est la conséquence. En l'espèce, le résultat n’est pas une preuve de l’excellence de la théorie et de la méthode. Les hystériques guérissent par les moyens les plus divers, parfois les plus‘ saugrenus. Elles guérissent aussi sans que personne se mêle de les analyser, de les persuader, de vaincre leur résistance par insinuations ou par affirmations péremptoires. Et il y en a qui tardent à guérir, parmi celles qui ont fourni leurs plus beaux matériaux à nos psychanalystes. C’est ailleurs que dans un refoulement supposé qu’il conviendra de chercher la raison d’être des faits qui nous sont soumis.

2° Les théories organicistes

Nous avons choisi ces termes parce qu’ils ont un caractère assez flou et nous autorisent à grouper sous leur”étiquette des opinions très dissemblables. Lorsque pour désigner l’hystérie on parlait d'affection « sine materia », tout en cherchant à découvrir ses causes traumatiques émotives ou toxiques; quand on voyait en elle l’épanouissement de dispositions morales, psychiques, imaginatives résolument pathologiques, l’accord était loin de se faire, on le sait, entre les observateurs ou plutôt les interprétateurs. Nous voici entrés maintenant dans un domaine où règne une confusion plus grande encore. Toutes les affections neurologiques, les plus anciennement connues, et surtout les plus récemment inventoriées, semblent vouloir attirer

à elles l’hystérie pourtant dépouillée d’une partie de ses charmes. Cette attraction rappelle celle qu’exerçait l’aimant dans le transfert des sensibilités. J

Rendons justice à Pierre Janet. S’il a déclaré que l’hystérie n’était au fond qu’une forme de psychasténie, il entendait par là que la première se rapprochait de la seconde par un symptôme commun : la dépression. Or, lui qui avait créé le mot de psychasthénie connaissait bien la chose, et mieux que tout autre. Il savait bien qu’il s’agissait 1à d’une sorte d’asthéne générale dont on ne pouvait pas localiser l’origine en un point du système nerveux. Retenons son avis. Peut-être auronsnous l’occasion de vérifier sa justesse.

En-ce qui concerne les autres théories, Ey dans un travail riche en aperçus de toutes sortes et en bibliographie, nous offre des documents nombreux. Ils nous permettront de donner de la question un court résumé d’ensemble, sans nous faire une obiigation de remonter toujours aux sources.

L'opinion de Solher d'après laquelle l’hystérie consists « dans un engourdissement ou un sommeil localisé ou généralisé, passager ou permanent des centres célébraux », fut reprise et physiologiquement amplifiée par J. Pavlov. « L'activité normale de l’écorce, dit cet auteur, activité de synthèse et d’analyse au moyen des réflexes conditionnels et de leur système provoque une induction négative dans les centres sous-corticaux ne libérant électivement que ceux dont le fonctionnement est rendu nécessaire par les circonstances. Par contre, l’inhibition de l'écorce induit l'excitation de l’activité sous-corticale. Il existe donc une base physiologique suffisante pour concevoir chez les hystériques l’inévitabilité des accès affectifs ou convusifs, soit des automatismes en rapport avec la localisation, le degré de l’intensité et le déplacement de l’inhibition dans l'écorce. Si l’inhibition corticale est assez forte, alors, selon nos expériences, au lieu de nécessiter une induction positive (excitation) elle irradie, s’étend sur d’autres parties du cerveau, ce qui donne comme résultat le Semen parfois le sommeil léthargique,

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Si chez un sujet avec l'écorce énergétiquement faible, une tendance, un besoin, un désir s’éveillent, cette tendance partant des régions sous-corticales charge fortement le point correspondant de l’écorce. Or, étant donné la faiblesse de l'écorce, cette forte charge, forte excitation, provoque immédiatement une induction négative (inhibition) qui irradie plus ou moins. Cela nous explique l’absence de contrôle, l’impulsivité, l’émotivité des hystériques. Le même mécanisme peut servir, évidemment, pour expliquer la suggestibilité et l’autosuggestibilité.» Arrêtons là les citations. [1 faudrait tout reproduire de cet intéressant ouvrage. Nous l’avons sous les veux. Après l’avoir relu pour la troisième fois, nous ne sommes pas assuré dé l’avoir bien compris. On n’accuse que notre infirmité naturelle. II nous paraît, cependant, que J. Pavlov se borne à transposer en langage physiologique des notions qui auraient pu être exprimées sous une autre forme, sans les rendre pour cela moins hypothétiques. N’est-il pas vrai qu'avant de s’ingénier à donner du sommeil léthargique, et de la multitude des accidents hystériques des interprétations savantes anatomo-physiologiques, il serait utile d’être renseigné sur la réalité « vraie » de ce sommeil et de ces accidents, sur leur qualité, leur sincérité ?

C’est une théorie analogue que soutient Marinesco. « L’inhibition corticale qui survient chez l’hystérique, nous fait comprendre que l’automatisme sous-cortical peut se déclencher et que de cette facon se déroule tout l’accès hystériqué. D’autre part, il y a chez l’hystérique un trouble de l'induction successive. C’est ainsi qu’on peut expliquer la facilité avec laquelle les hystériques fixent leurs réflexes conditionnels, etc. ».

Voici done l’inhibition corticale promue au rang ce cause efficiente, à condition qu’elle soit accompagnée de fixation des réflexes conditionnels. S’est-on posé la question de savoir si, d’une part, « l’inhibition corticale » ne serait pas susceptible d’aboutir à l’apparition de syndromes différents de cèux que l'hystérie accapare — obsessions, phobies, délires, par exermple, ou même épisodes comitiaux —- si, d’autre part, il est expé-

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dient de l’invoquer chez des sujets qui restent maîtres de la faire disparaître à volonté ? | |

Avec Van Bogaert, le diencéphale est mis directement en cause. L'encéphalomyélite épidémique nous ayant appris à connaître une masse de syndromes moteurs kinétiques ou toniques qui constituent la pathologie méso-diencéphalique et ces syndromes ayant été, parfois à tort, qualifiés d’hystériques, 1l était naturel de chercher ce qui aiderait à prévenir de pareilles erreurs. Il apparaît que le souci primitif de différenciation aboutit à la suite d’analyses et d’observations nombreuses à intégrer sous certaines réserves, l’hystérie dans les syndromes diencéphaliques où l’on n’est pas surpris de son voisinage avec l’épilepsie.

Comment se tirer de ce labyrinthe ? Etudier le problème de l’hystérie en coupes sériées de l’encéphale, cellule par cellule, fibre par fibre, noyau par noyau, est une besogne magnifique et ingrate à la fois. On ne sait quelle partie du névraxe échappera aux investigations des chercheurs.

Pour Claude : « ce qui manque à l’hystérique, c’est le contrôle du moi sur la réalité des perceptions ou des conceptions. ; c’est la tendance à la désagrégation des états psychiques. L’hystérié est conditionnée par une perturbation dynamique et « globale de l’activité cérébrale ». Premier degré d’une dissociation mentale, c’est une « schizose », c’est-à-dire une forme mineure de la schizophrénie. Cétte théorie aurait pu trouver sa place dans un des chapitres précédents. En la résumant ici — combien trop brièvement — on veut souligner le fait que, malgré l’assurance qui nous est donnée qu’elle est une affection « dynamique », par Son apparentement avec la schizophrénie, elle cesse d’être « dynamique » — on eut dit autrefojs, fonetionnelle — pour devenir organique. On n’oserait plus Soutenir aujourd’hui que schizophrénie et démence précoce sont des affections non lésionnelles.

Bien que les observations dont nous allons parler maintenant n’aient pas servi de base à de vraies théories, nous nous devons de les résumer brièvement,

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