PEUT-IL ÊTRE TOUJOURS IMPARTIAL
seront appliqués par eux, qu'ils en soient ou non signataires ; et il serait absurde de la part des peuples civilisés d'appliquer des conventions qui ne le seraient que par eux, c'est-à-dire unilatéralement. La loi du talion les contiendra toutes ; les lois auront toutes un caractère de partialité, et elles seront variables selon la conduite du peuple barbare ou sauvage avec lequel on est en rapport.
En général, ces lois partiales auront toutes un fond commun: elles seront le plus humaines possible et ne chercheront pas à faire le mal inuülement.
Ne croyons pas d’ailleurs que le peuple prétendu non civilisé ne nous paiera pas quelquefois de retour; comme exemple, il est classique de citer le peuple abyssin : après l'attaque italienne, de nombreux soldats de cette nation devinrent prisonniers des Abyssins ; on n’osait même pas penser au sort fait à ces malheureux, tombés entre les mains de sauvages ennemis. La campagne terminée, peu brillamment pour les armes de nos alliés d'aujourd'hui, les Abyssins, de leur propre imiliative, libérèrent les prisonniers de guerre; tous furent unanimes pour vanter la courtoisie et l’ernpressement dont ils furent l'objet de la part du peuple lui-même ; puis-je ajouter que le peuple abyssin, considéré comme barbare, me paraît avoir atteint un degré de civilisation plus avancé que certaines nations européennes ?
Cet exemple n’est d’ailleurs qu'une exceplion.
Revenant à mon idée directrice, je veux donc que le fond des lois appliquées chez les peuples non civilisés soit une grande humanité; à côté, on trouvera une certaine partialité en faveur de ce peuple, qui variera selon l'accueil qui aura été fait à nos lois internationales ; mais jamais la même loi ne pourra s'appliquer impartialement chez tous, car la plupart du temps nous ne jouirions pas des avantages de la réciprocité.
S II. — Peuples chez lesquels le droit international public peut s'appliquer impartialement.
À côté des peuples barbares et sauvages, nous trouvons les peuples civilisés ; parmi eux on en trouvera certains constituant des nations amies, d’autres formant des nalions ennemies ; toutes ou la majorité sont liées par des conventions de droit international publie, car la plupart les ont signées, et une nation qui se respecte duit, comme tout individu, faire honneur à ses engagements; les conventions, traités ou accords internationaux devront s'appliquer impartialement entre Etats, amis et ennemis, qui les ont adoptés.
Mais la question se complique; en effet, lorsqu'un conflit s'élève au sujet d’un fait prévu et réglé par le droit international public, les conven-