Educ de custodia animam rneam.,,, Psalm. CXLI
2. Ego autem in te speraçij Domine, D'ixi : Deus meus es tu : in manihas luis sortes mem. Ptalfli. \xx, ib.
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rompre et opposer à son orgueilleuse volonté rhumilité, la patience et la charité.
Dans quelque état que nous soyons, nous pouvons également travailler à notre sanctification. Ce n'est ni la santé, ni la maladie, ni la tristesse, ni la joie, qui peuvent nous rendre agréables à Dieu ; c'est Fusage que nous en faisons. Quand notre corps seroit, comme celui de Job,^ couvert de plaies et gisant dans la poussière, Dieu sait pro« portionner les chàtimens au crime, et le courage à la foiblesse. Disons-lui, dans l'abondance de nos larmes : Seigneur^ dé- Iwrez^moi * ; ou , dans les transports de notre amour : Seigneur ^ mettezrmoi près de uous , et , quelque puissant que soit Vennemi qui m attaque^ je suis prêt à combattre^,
Notre âme est^lle comme affaissée sous
i. D Domine y lihera animam meam, Psalm. cxiv, 4. 2. Lihera me Domine y et pone me juxta te^ et cujuS' \fis manas pugnet contra meJoBj xyn^ 3.
le poids des souffrances et presque réduite au désespoir, transportons-noiis au jardin des Olives; suivons-y Jésus-Christ, traîné ignominieusement , lé corps percé, déchiré, tout sanglant, et, par cette foiblesse si douloureuse du Fils de Dieu, nous recouvre-^ rons de nouvelles forces. Mais si Tennemi nous attaque de nouveau, où irons-nous? Â la Croix, où cet Homme-Dieu , attaché par le péché des hommes et délaissé de sa propre puissance , nous mérite des grâces contre lesquelles tout Tenfer ne peut rien. O Croix de mon Sauveur, adorable Croix ! je t'embrasse, je m'attache à. toi tout entière pour lui être unie à jamais ! O Croix triomphante ! ô jour de miséricorde ! le règne du péché est aboli, lé temps de grâce est arrivé, et là nature est réparée « Nous étions assis dans les ténèbres et dans Tombre de la mort ; la lumière a percé l'abîme, et nous voyons le jour du Seigneur. Je vois sa Croix, comme un trophée de victoire, s'élever jusqu'aux luies ; je le vois lui-même assis à la di'oite
de Dieu son Père, tout rayonnant de gloire et de lumière. Qui me donnera des ailes pour voler jusqu^à lui ? Mais toute notre force ici-bas est dans la Croix de Jésus - Christ. Arborons ce glorieux étendard; entrons dans la voie. J'y cours, le souffle de Dieu m'emporte ; je l'ai parcourue ; je touche au but. Jérusalem , ouvre tes portes ; portes éternelles, ouvrez-vous ; et vous, ministres du Très-Haut, présentez-moi devant son trône : que je l'adore, que je le contemple, que je m'absorbe en lui, et qu'enivrée des délices de ses Saints, je ne cesse de chanter avec eux, dans l'éternité, ses louanges et ses miséricordes.
Je vous avouerai qu'il est des momens où la grâce agit si puissamment en moi, que je suis comme transportée hors de moimême, que je ne me connois plus. Faut-il que mon esprit soît enfermé dans un corps si fragile et si plein d'imperfections? Tout ce que je pouvdis espérer du Seigneur, c'est qu'il me fît miséricorde 5 et je suis comblée
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de ses grâces ! Je devois gémir toute ma vie sous la main du Tout-Puissant, et il ne Tétend sur moi que pour réjouir mon âme par ses bienfaits! Mais que notre pensée est prompte et facile à se laisser séduire ! Je puis prendre pour transport de reconnoissance et d'amour ce qui, peut-être, est Veffet de la présomption et d'une complaisance criminelle. J'ai donc à remercier Dieu de tous les états par lesquels il me fait passer, et je ne dois pas moins le gloriBer lorsqu'il abaisse mon âme sur sa propre foiblesse, pour me tenir dans le respect et dans le silence, que lorsqu'il l'élève et la fait triompher. Adieu ; continuez- moi toujours vos bontés , et pensez que je ne reçois aucune grâce à laquelle Vous n'ayez part, et dont je n'attribue le mérite à vos soins et à vos prières.
LETTBES AU MARBCHAL
LETTRE XXXVm.
Ce 6 avril 1677.
e commence demain une retraite où j 'espère, par la miséricorde de Dieu, recevoir de nouvelles grâces et de nouvelles lumières. Plus on a reçu de sa bonté * infinie , et plus il semblç qu^on a lieu d'en espérer. Je ne lui demande pas de ces grands dons, ({ui ne sont faits que pour les grandes âmes qu'il a mises dans le monde pour Téclairer-, je ne pourrois pas les contenir , mais je lui demande quHl incline mon cœur^, selon sa parole, à rechercher sa loi, à la méditer nuit
i . Inclina cor meum in testimonia tua, Psalm. cxviii, 36.
et jour ; qu'il m'exerce dans sa justice pour me rendre plus digne de sa miséricorde ; qu'il retranche de mes jours ces jours de honte et d'opprobres où je n'ai vécu que pour l'outrager.
Seigneur, détournez mes yeux des vanités du monde; fermez-les pour jamais à tout ce qui peut me distraire de votre sainte loi. Ne vous éloignez pas, ô mon Dieu ! Si vous m'abandonnez , je ne verrai plus que mes crimes. Je suis pénétrée de crainte et d'horreur ; demeurez avec moi ; que • deviendrois-je sans vous? Soutenez mon corps tremblant, affermissez mes pas et conduisez-moi dans la voie de la paix.
Et vous qui m'avez arrachée de la ville de perdition pour me transporter dans la cité sainte, soyez fidèle à vos promesses ; invoquez sans cesse pour moi le Dieu des miséricordes, pendant que je ne cesserai de lui demander des grâces pour vous. Mon salut est attaché au vôtre ; ne séparons point nos intérêts.
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