‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 12 sur 183 · PREFACE. XI · texte numérisé non relu

PREFACE. XI

« en quelque sorte convenable à mes offenses^ c vous iH)ulez que^ par des devoirs indispensables^ « je reste encore dans le monde pour y souffrir « sur ce même échafaud où je vous ai tant ofc fenséy ma pénitence vous en sera d'autant plus m. agréable^ et à moi plus utile y que j*y aurai « moins de goût et de part, •» Bossuet retranche la belle et énergique expression que f ai soulignée l J^en demande bien pardon au grand écrivain ; je suis, cette fois, sans aucun scrupule pour sa pénitente. Madame de La Vallière dit encore, en parlant dune maladie ou elleavoit manqué mourir : « Pendant que votre justice {cest toujours à « Dieu qu'elle s'adresse) me teuoit le poignard « sur la gorge. » Bossuet efface; n'est-ce pas d!* une sévérité excessive? Pourquoi a- 1- il passé le fatal crayon sur cette autre phrase, qui convient si bien, ce me semble, au style mystique et que Fénelon auroit gardée : « Faites, 6 mon Dieu ! « que par des actes continuels de foi, d'espérance fc etde charité, j'accoutume mon cœur à devenir « un oratoire où en tous lieux et h tous momens « je vous prie. » Et la phrase suivante, n'est-elle pas digne de Bossuet lui-même? « O Dieu! en- K ricliissez la pauvreté de mon amour par la

c magnificence da TÔtre. b £ossuet Fa pourtant remplacée par eeile -ci : ■ Enricbisses la paoTreté de mon cœor par la magnificence de tos dons. ^ Je le dis hardiment : c'est Pexpression de madame de La VaUière qui est Vexpression éloquente. Le terrible Bossuet ne souffre pas que madame de La VaUière parle de ses désirs passionnés aT aimer Dieu; qu'en s'adressant à ce Dieu qui devoit remplacer le Roi dans son coeur, elle dise: La volupté de votre amoor ; <7 met agréable où madame de La VaUière a mis délicieox. // ôte jusqvûà certains de ces termes familiers qui donnent quelque chose de si vrai au stylCy qui fixent en quelque sorte t heure et le moment où la main de r écrivain les traçoit, L'ouvragCy en un moty corrigé par Bossuet , est toujours très-agréable; il a gagné en correction ^ en pureté y en dignité; peut- être n^ est- il plus délicieux. Madame de La VaUière auroit pu récrire ainsi à la fin de sa pénitence. On y poit la Car^ mélite. On ri y voit plus ou presque plus la femme si modeste et si touchante jusque dans ses fautes y la pénitente déchiréCy la Madeleine tout nouvellement convertie y arrosant de ses larmes et essuyant de ses cheveux les pieds du Dieu

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