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excellemment saint Ambroise, il ne lui fait aucun mauvais traitement ; et plus fSîché, au contraire, de la lassitude qu'elle a soufferte dans son égarement, que de Tinjure qu^elle lui a faite, il la soulage dans son retour, il le rend facile, il la porte. P^r^tor enim legitur^ ovem lassant gessisse^ non abjecisse. Mais enfin, admirez jusqu'où Ta la bonté de ce Pasteur. Ayant rapporté cette brelns dans sa maison , il appelle ses voisins et ses amis , pour venir prendre part à sa joie. Vous diriez qu'il gagne bien plus au retour de sa brebis que sa brebis même, qu'il lui est arrivé à lui seul un avantage considérable. Quasi sibi adhuc magnum obtiguset beneficium. Ce sont là, messieurs, les principaux mouvemens de la charité qu'exerce le Pasteur de notre Evangile à l'égard de sa brebis ; et voilà une image fidèle de ce que Jésus-Christ fait en notre faveur toutes les fois que nous revenons à lui. Quelle reconnoissance ne devons-nous pas tous avoir ponr une bonté si tendre et si généreuse?
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Mais souvenez- vous, ma très-chère sœur, que vos obligations à cet égard sont fort particulières, tout ce que le Pasteur fait dans la parabole à F égard de sa brebis, se renouvelant dans votre vocation par des mouvemens singuliers de la grâce de Jésus-Christ. Car lorsque vous avez conçu le dessein de renoncer au monde, que vous exécutez fidèlement aujourd'hui , n'est-ce pas ce Pasteur charitable qui vous est allé chercher, qui vous est allé dégager ? Et cum invenerit eam. Quand les voies du Carmel, jugées si rudes par tous les gens du siècle, s'aplanissent devant vous, et que toutes les pratiques de la religion vous semblent douces, n'estce pas proprement le Pasteur qui vous rapporte sur ses épaules et qui facilite votre retour? Imponit in humeras suos gau^ dens.
Ex enfin , si tout le monde est touché de votre exemple, et si nous nous assemblons aujourdliui, non-seulement pour nous en ré}ouir, mais pour en profiter, n'est-ce pas
encore le souverain Pasteur qui invite ses amis , les hommes avec les anges , à venii prendr'e part à la joie qu'il sent de votre retour ? Et çenîens domum^ conifocat amicos et vicinos.
Oui, oui, anges ^u ciel, rëjouissez-vous en cette occasion singulière, avec nous. Jésus-Christ nous Ta promis dans notre Evangile même. Gaudium erit in Ccelo coram angelis Dei * . Célébrons de concert un des plus beaux triomphes qu^ait jamais remporté la grâce, et admirons enfin tous ensemble : la force de la grâce, qui est allée tirer cette âme des engagemens de la cour et du monde ; la douceur de la gi'âce, qui lui aplanit d'abord toutes les difficultés de la religion; la fécondité de la grâce, qui nous intéresse dans sa vocation, et qui la propose comme un exemple puissant à tout son siècle. C'est le sujet des trois points de ce discours.
\. Luc, XV, 10. *
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Pour peu qu'il a chrétieu soit instruit dés maximes, de l'Evangile, il ne sauroit douter de la difficulté qu'il y a de se sauver dans le monde; mais s'il étoit encore nécessaire de l'en convaincre, il me semble qu'il suffiroit de lui dire que , pour se sauver dans le monde, il faut être pauvre dans l'usage des biens, humble dans la posses sion des honneurs , modéré dans la jouissance des plaisirs. Or, de bonne foi, ces choses sont-elles aisées à accorder ?
Que s'il est difficile de faire son salut dans le monde , quelle apparence , mes frères, de le pouvoir faire dans le grand monde, dans ce qui s'appelle la cour, où les divers obstacles qui sont répandus ailleurs dans les conditions différentes des hommes , se réunissent et se rassemblent avec bien plus de force ? La cour, où toutes les pompes sont étalées, où tous les plaisirs sont dans leur centre, où toutes les grandeurs sont à leur comble ? La cour, où l'on peut dire que les passions sont déchaînées ,
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les occasions présentes, les exemples perni* cieux ! Ah ! qui peut se consei^ver vivant dans un séjour où, comme dit si bien saint Â.mbroise , la mort entre par tous les sens, jusque dans la substance de Tàme ? où les yeux ne sauroient s'ouvrir qu'ils ne reçoivent des exemples capables de troubler l'esprit ; où Toreille ne peut rien entendre que ce ne ^oit un poison qui se glisse aussi' tôt dans le cœur? Ubi respexit oculuSy et sensum mentis avertit; ubi audiçit auris^ et intentionem cordis inflexit.
La cour étant un air si contagieux, quel peut donc être le secret de n'y pas périr ? Messieurs, si voulez que je m'explique sincèrement, je n'en sais guère que celui de n'y pas demeurer. Il s'est trouvé des saints à la cour, il est vrai , mais ils sont rares; et . quand les Pères en ont parlé, ils ne les ont pas trouvés moins admirables d'avoir conservé leur innocence à la cour, que les trois enfans de Babylone d'avoir gardé leur félicité au milieu des flammes. Ah ! mes
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frères, il y a là trop de cowhnK à pour là vertu ; il n'y a pasde mcMncfltsoà elle ne soit réduite à la dore Dccetfîté de laiacie ou d'être vaincue ; (iiaipie degré de tortMÊae^ de biens, de crédit, qu^un hnmair y pevt acquérir y ne sert <pie d'^un nouvel obtfacfe à son salut. Et là-dessus, mesâeurs, 3 ne m'est pas libre de balancer : FugUe^ A^^ de medio Babjrlonis^, Si vous me le demandez, le seul moyen assuré aux gens de la cour de se sauver, est la fuite.
Cependant , chose étrange ! quelque in* dubitable que puisse être ce moyen ^ qui voyons-nous de nos jours avoir assez de prudence pour s'en servir? Pour se résoudre à quitter le grand monde, il faut que l'esprit se désabuse, il faut que le cœur se détacbe; car Terreur dans laquelle vivent les gens du monde sur l'estime des choses qui leur passent devant les yeux, et rattachement qu'ils ont pour ces choses, leur en rendent la sé-