‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 134 sur 183 · ITiii,,vi · texte numérisé non relu

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chesses sont un moyen d'avoir presque sûrement tout ce qu'on désire. Par les richesses, l'ambitieux se peut assouvir d'honneurs; le voluptueux , de' plaisirs; chacun enfin de ce qu'il demande. Tous les mauvais désirs naissent dans un cœur qui croit avoir dans l'argent le moyen de les satis faire. Il ne faut donc pas s'étonner si la passion des richesses est si violente , puisqu'elle ramasse en elle toutes les autres. Que l'âme est asservie ! de quel joug elle est chargée ! et pour s'être cherchée ellemême, combien est-elle devenue pauvre et captive ?

Mais peut-être que les passions plus nobles et plus généreuses seront plus capables delà remplir. Voyons ce que la gloire lui pourra produire. Il li'y a rien de plus éclatant, ni qui fasse tant de bruit parmi les hommes, et tout ensemble il n'y a rien de plus misérable ni de plus pauvre. Pour nous en convaincre, considérons-la dans ce qu'elle a de plus magnifique et de plus grand. Il Il 8

n'y il poinl de plus grande gloire que celle des conquéraiis; choisissons te plu.s renommé d'entre eux. Quand on vent parler d'un grand conquérant, chacun pense à Alexandre,Ce .sera donc, si vous voulez, Alexandre qui nous fera voir la panvreté des rois conqu('ians. Qu'est-ce qu'il a souhaité ce grand Alexandre, et qu'a-t-il cherché par tant de travaux et tant de peines qu'il a souffertes lui-même, et qu'il a fait souffrir aux autres ? Il a souhaité de faire du bruit dans le monde, durant sa vie et après sa mort. Il a tout ce qu'il a demandé ; personne n'en a tant fait : dans l'Egypte, dans la Perse, dans les Indes, dans toute la terre, en Orient et en Occident, depuis plus de deux mille ans on ne parle que d'Alexandre. Il vit dans la bouche de tous les hommes, sans que sa gloire soit effacée ou diminuée depuis tant de siècles ; les éloges ne lui manquent pas, mais c'est lui qui manque aux éloges. Il a eu ce qu'il demandoit; en a-t-il été plus heureux P tourmenté par son ambition du-

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rant sa vie , et tourmenté maintenant dans les enfen, où il porte la peine éternelle d'avoir voulu se faire adorer conmie un dieu, scHtparson orgueil, soit par politiijue ? n en est de même de tous ses semblables. Ceux qui d^irent la gloire, la gloire souvent leur est donnée. « Bs ont reçu leur récompense, » dit le' Fils de Dieu* ; ils ont été payés selon leurs, mérites. « Ces grands hommes , dît saint Augustin , tant célébrés parmi le» Gentils et j'ajoute trop estimés parmi les chrétiens, ont eu ce qu'ils demandoient : ik ont acquis cette gloire qu'ils désiroient avec tant d'ardeur; et vains, ils ont reçu une récompense -aus^si vaine que leurs désirs. 9 Quœrebant non apud Deum^ sed apud Aomines gloriam... ; ad quant penfenien^ tes perceperunt mercedem suam , çani ,

Vous voyez, messieurs, l'âme raisonnable

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