‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 137 sur 183 · De Tkik.^ llb. X, n» H, col · texte numérisé non relu

De Tkik.^ llb. X, n» H, col

^ POUR LA PRomsiav. Ht

an air délié, ou un feu subtil ; m fttn% âtmle une vapeur qui aime Dieu, un feu qui Cfm» noît EKeu, un air fait à son image^ O émet voilà le comble de tes maux ; en te cherduitt tu t'es perdue; et toi-même tu te mécfm^ nois. En ce triste et malheuret» éut^ écotp^ tons la parole de Dieu par la boodie Je MM prophète : Com^riimini, êicut in ptofun' dum recesseratis ^ filil Israël*. O ime^ reviens à Dieu dans le fond do cœ&r, ulUm que tu t^étois éloignée de lui *.

^T. Kt. en effet, dn^ens, dans ort

profond et de Dieu et d elle-même ^ oa elle est plongée, ce grand Dieu sait l^ien

i. ISAI., xxx, 6.

2. L'éditîoa de Vemilles porte : O âme, revUm à DUu autant du fond que tu {en étais si profon^ dément retirée. Cette phrase a-t-eUe été fidèlement transcrite par les éditenrs de Bofsoet ? Dans Tineertitude, j*ai cm ponvoir y snbstjtoer la tradoction da ▼erset d'Isaîe par Le Maistre de Sacy.

la trouver. Il fait entendre sa voix, quan<l U lui {iluît; au milieu du bruit du monde, daiu son plus grand éclat, et au milieu de toutes ses pompe&, il en découvre le fond, c'est-à-dire, la vaiiité et le néant. L'àme, honteuse de aa servitude , vient à considérer pourquoi elle est née; et recherchant eu elle-même les restes de l'image de Dieu , elle songe à la rétnbliren se réunissant àson auteur. Touchée de ce sentiment, elle commence à rejeter les choses extérieures. ■ O richesses , dit-elle, TOUS n'avez qu'un nom trompeur : tous venez pour me remplir; mais j'ai un vide indai où vous n'eutrez pas. Mes secrets désirs , qui demandent Dieu, ne peuvent pas être satisfaits par tous vos trésoi^; i\ feul que je m'enrichisse par quelque chose de plus grand et de plus intime. " Voilà !ft richesses méprisées.

L'âme considérant ensuite le corps auqael elle est unie, le voit revêtu de mille omemeos étrangers. Elle en a honte, pr« qu'elle voit que ces oruemens sont un pié°e

pour les autres et pour elle-même. Alors, elle est en ëtat d'écouter les paroles que le Saint-Esprit adresse aux dames mondaines/ par la bouche du prophète Isaïe : « J'ai vu les filles de Sion la tête levée, marchant d'un pas affecté, avec des contenances étudiées, et faisant signe des yeux à droite et à gauche ; pourcela, dit le Seigneur, je ferai tomber tous leurs cheveux * . » Quelle sorte de vengeance ! Quoi j falloit-il foudroyer et le prendre d'un ton si haut pour abattre des cheveux ? Ce grand Dieu , qui se vante de déraciner par son souffle les cèdres du Liban, tonne pour abattre les feuilles, des arbres ! Est-ce là le digne effet d'une main toute-puissante ? Qu'il est honteux à l'homme d'être si fort attaché à des choses vaines, que les lui ôter soit un

1 . Et dixit Dominas : Pro eo quod élevai» suntfilim Sion, et ambulaverunt extentocol/o, et nutibus ocidorum tbant^ et pla,udebant^ ambitlabant pedibus suisy et cûm» posito gradu incedebanty decalvabit Dominus verlîcem filiarum Sion, et Dominus crinem earum nudabit, IsAi., III, iO, 17.

pljce ! C'est pour cela que le prophète passe encore plus avant. Après avoir dît ; • Je ferai tomber leurs cheveux, je détruirai, poursuit-il, et les colliers, et les bracelets, et Uts anneaux, et les boîtes à parfums, et les vestes, et les ■"- ">"-"x , et les rubans, et les s si déliées * : • vaioes

broderies, el i

couvertures c|

Ciir le int

lin déno ;me

mens de /a

purler, à suivre p:

diverses, parure

inventées. A ce»

l'âme Ljui s'est sentie loi

ces orncmens, comraeiKv

;hent rien, et le reste.

votilu descendre dans

act de tous les orne-

attachant, pour aÎDsi

L vengeance toutes les

me vaine curioûté a

eiiaces du Saint-Esprit,

Je longtemps attachée à

rentrer en ellt-

I . la du i/la auferci Domimii omamenlum coi lorum, el !iiiiii/bi. fl torques, el mmiilio, el c cl milrai, el •UstriHiinelia, el periicelidat el mu tl ol/acloriala, et inaai-fs, et anunlos, et gei franle pendenlel , et mutaloria, el patliisla, ellial et aeui, el ipecata, el s'indanes, et villai^ el li

lui., ui, IB, 19, 30, 3l,3J.a3.

rocm uk wmÊmwMmim^ (4S

même. « Quoi! ScigngTy «iit^eile, ^om voulez détruire ioaie cetse ▼aine pamre? Pour préremr T€»tre cttlêier je cxmuoeneerai moi-même à mtM àtftmiier^ Cmyocift rfame un état où 3 m^j ak pio» fiiMmement cpie celui de la Tcrta. »

Ici cette âme dégoifée du monde^ ^'a^pî^ sant que ces mtwwmmi moïKfwettA dswM le» hommes quelque dign^^ ^ ▼enanc a cniV' sidérer les faouoeurs ^pt le niifHide ▼ancey elle en oonnott aassitik le fend. Elle ▼<>«( Torgueil quHs inefpirefliftr et dt^envfre dan» cet orgueil^ et les dispoi», et ks ^pXfumtt^ et tous les maux qu'il entraîne, £Ue voit m même temps que si ces boonenr» ont i^pei' que diose de solide, e'est qn it» oMigend de donner au monde un grand exemple, Jfais on peut, en les quittant, donner on exemple plus utile ; et il est beau, quand on les a, d^en faire un ai bel usage. Loin donc, honneurs de la terre : tout rotre éclat couvre mal nos foiblesses et nos défauts; il ne les cache quà nous seuls, et les fait II 9

SEKMOn

loitre à tous les autres, ■ AIi ! j'aime niK^ux avoir la dernière place dans la maison de mon Dieu, que de tenir les plus hauls ranj^s dans la demeure des pécheurs'. >•

L'ànie se dépouille, comme vous Toyei, des choses cx""'''''"if " ; elle revient de son

égarement, et c d'elle-même corps si tendre, t-ou point de p licate ? Au coût nient 4ue l'âme s't plus (lungereux séf.

trouvé une victime

ice à être plus proche ra-t-elle toucher à ce î,si ménagé? N'auracelte complexion dél'est à lui pi'incipaleprend , comme à son ;teur. ■. J'ai, dit-elle, depuis que ce corps

est devenu mortel, il sembloit n'être devenu pour moi qu'un embarras, et un attrait qui nie porte au mal; mais la pénitence me fait voir que je le puis mettre à un meilleur usage. Grôce à la miséricorde divine, j'ai en lui de quoi réparer mes fautes passées. >• Cette

1. Ekgi abjectui eue in domo Dci mci, niagis qaaa habitare in labemacidii ptccatorain. Pg. lxxxiii, 1 1.

pensée la sollicite à ne plus rien donner à ses sens : elle leur ôte tous leurs plaisirs ; elle embrasse toutes les mortiBcations ; elle donne au corps une nourriture peu agréable; et afin que la nature s^en contente, elle attend que la nécessité la rende supportable. Ce corps si tendre couche sur la dure ; la psalmodie de la nuit, et le travail de la journée y attirent le sommeil ; sommeil léger qui n'appesantit pas Tesprit, et n'interrompt presque point ses actions. Ainsi toutes les fonctions, même de la nature, conunencent dorénavant à devenir des opérations de la grâce. On déclare une guerre immortelle et irréconciliable à tous les plaisirs ; il n'y en a aucun de si innocent, qui ne devienne suspect. La raison, que Dieu a donnée à l'âme pour la conduire, s'écrie en les voyant approcher : « C'est ce serpent qui nous a séduits. » Serpens decepit me^. Les premiers plaisirs qui nous ont

i. Gehes., m, i3.

14 s . SERMON

trompes sont entrés dans notre cœur avec une inineiiinoccute, comme un ennemi qiû ^ déguise pour entrer dans une place qu'il veut révolter contre les puissances légitimes. Ces désirs, qui nous sembloîent innocens, ohl remué peu à peu les pussions les plus violi;ntes, qui nous ont mis dans les fers que nous avons tant de peine à rompre.

L'âme, délivrée par ces réflexions de la captivité des sens, et détachée de son corps pai- la mortification, est enfin revenue à elle-même. Elle est revenue de bien loin, et semble avoir fait un grand progrès : mais enfin, a' étant trouvée elle-même, elle a trouvé la source de tous ses ninux. Cal donc à elle-même qu'elle en veut encore, Déçue par sa liberté, dont elle a fait un mauvais usage , elle songe h la contraindre de toutes paris. Des grilles affreuses, une retraite profonde, une clôture impénétrable, luie obéissance entière, toutes les actions réglées, tous les pas comptés, cent yeux qut vous observent ; encore, trouve-t-elle qu'il

n'y ç^ ^ pî*s assez pour l'empêcher de s'égarer. EHe se met de tous côtés sous le joug ; elle se souvient des tristes jalousies du monde, et s'abandonne sans réserve aux douces jalousies d'un Dieu bienfaisant, qui ne veut avoir les cœurs que pour les remplir des douceurs célestes. De peur de retomber sur ces objets extérieurs, et que sa liberté ne s'égare' encore une fois en les cherchant, elle se met des bornes de tous côtés; mais de peur de s'an*êter en ellemême, elle abandonne sa VQlonté propre.

Ainsi, resserrée de toutes parts, elle ne peut plus respirer que du côté du ciel ; elle se donne donc en proie à l'amour divin ; elle rappelle sa connoissance et son amour à leur usage primitif. C'est alors que nous pouvons dire avec David : « O Dieu, votre serviteur a trouvé. son cœur* pour vous faire cette prière*, v L'âme, si longtemps égarée

\ . Invemt sen-us tuus cor snum, ut orarct te oratione hac. II. Reg., vu, 27.

IdO SERMON

dans les choses extérieures, s'est eutin trouvée elle-même; mais c'est pour s'élever audessus d'elle, et se donner tout à fait a

Il n'y n rien de plus nouveau que cetétat où l'âme, pleine de Dieu, s'oublie elle-même. De cette union avec Dieu, on voit nalire bientôt en elle toutes les vertus. Là est la vmtable prudence; car on.apprend à tendre à sa fin, c'est-à-dire à Dieu, par la seule voie qui y mène, c'est-à-dire par l'amour. Là est la force et le courage ; car il n'y a rien qu'on lie souffi'e pour l'amour de Dieu. Li' se trouve la tempérance parfaite ; car on m peut plus goûter les plaisirs des sens, qui dérobent à Dieu les cœurs et l'attention des esprits. Là on commence à faire justice à Dieu, au prochain et à soi-même : à Dieu, parce qu'on luii-end tout ce qu'on lui doil, en l'aimant plus que stn-mème ; au prochain, parce qu'on commence à l'aimer véritablement, non pour soi-même, mais comme soimême, après qu'on a fait l'effort de renon-

1K)UR LA PEOFESSIOII. I5l

cer à soi-même ; enfin , on se fait justice à soi-même, parce qu'on se donne de tout son cœur à qui on appartient naturellement. Mais, en se donnant de la sorte, on acquiert le plus grand de tous les biens, et on a ce merveilleux avantage d'être heureux par le même objet qui kât la félicité de Dieu.

L'amour de Dieu fait donc naître toutes les vertus ; et pour les faire subsister éternellement, il leur donne pour fondement rhumilité. Demandez à ceux qui ont dans le cœur quelque passion violente, s'ils conser-

vent quelque orgueil ou quelque fierté en présence de ce qu'ils aiment ; on ne se soumet que trop, on n'est que trop humble. L'àme possédée de l'amour de Dieu, transportée par cet amour hors d'elle-même, n'a garde de songer à elle, ni par conséquent de s'enorgueillir ^ car elle voit un objet au prix duquel elle se compte pour rien, et en est tellement éprise, qu'elle le préfère à elle-même, non-seulement par raison, mais par amour.

Mais voici de quoi l'humilier plus proftmdemcnt encore. Attachée à ce divin olijct, elle voit toujours au-dessous d'elle deux gouffres profonds : le néant d'où elle est tirée, et un autre néant plus affrtui encore, c'est le péché, où elle peut retomber sans cesse pour peu qu'elle s'éloigne de Dieu, et ijuV-lle l'oblige de la quitter. Elle con'sirlère que si elle est juste, c'est Diea qui la fait telle caiitinuellement. Saint Augustin* ueveutpas qu'on dise que Dieu nom a faits justes; mais il dit qu'il nous fait justesà chaque moment. Ce n'est pas, tlit-il, comme 4in médecin qui ayant guéri son maloile, le laisse dans une santé qui n'a plus he^oiu de son secours; c'est comme l'air qui n'n pas été fait lumineux pour le demeurer ensuite par lui-même, mais qui est fait i<:i continuellement par le soleil. Ainsi, l'àmc attachée à Dieu sent continuellement sa

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