‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 146 sur 183 · LK COMTE DB GUIGHB · texte numérisé non relu

LK COMTE DB GUIGHB

tfesloigiiét d'énxy^t son principal but estoit tenir toutes les avenues; car pour moy qui n'a- ▼ois d'autre intérêt en ce temps-là que celui de- Màdamey apparemment que si la chose eust esté de mon invention, c^eust esté de concert avec elle ;, et M. de Vardes me fit jurer de ne la luy jamais dire. Il est vray que je ne pus lui tenir ma. parole, et que je le dis à Madame, avec cette restriction x^éanmoins, qu'elle me jureroît de n'en parler jamais à Montalet^ ; et j'advertis M. de Vardes que je n'avois pu me taire à Madame, et que je l'en advertissois ne le voulant pas tromper. Madame eut ensuite la mesme foiblesse pour-Montalet que j'ft vois eue pour elle ; et voilà la raison des mesnagemens de Vardes pour cette fille, avec quoy elle luy a chanté mille pouilles en face, sans qu'il ait osé souffler, parce qu'elle savoit son secret ; d'ailleurs, il raisonnoit ainsi : que le Roi voudroit satisfaire la Reine, on en tout ou dans ses parties, et quUI sacrifieroit madame de La Vallière, ou qu'il voudtoit sauver les apparences. Pour le premier, c'estoit

•I . Mademoiselle de Montilais. Il est question d*e11e dans la notice, cbap. i.

absolument leur compte, dans la vue qu'ils avoient déjà pour La Mothe^, sur ce que le Roy luiparloit quelquefois,lorsquellesuivoit la Reine ; et s'il demeuroit dans ses premiers sentiments pour Mademoiselle La Vallière, après Pesclat qui l*eust fait sortir de chez Madame, il falloit de nécessité que la chose passAt par les mains de madame la comtesse de Soissons, comme estant le seul lieu où le Roy pût aller souvent et commodément. Et pour m'engager à faire ce qu'ils désiroient, il me disoit qu'il n'y alloit au Roy que de changer de maîtresse; que celle-ci m'avoit voulu perdre; qu'elle continueroit apparemment, ayant dit au Roy que j'estois entré avec elle dans des choses personnelles esloignées du respect que je lui dois , dont je la prens de bon cœur pour juge et pour témoin. Et me disant ceci 9 avec les circonstances fâcheuses, ils me montroient des obligations pour me porter à les reconnoître. Il est vray que j'en devois chercher d'autres voyes, et cent fois en ma vie ce m*a esté un coup de poignard que la louange qu'on me

4 • HademoiscUe de La Mothe-Hoadancoarf . Voir la no« tiee, chap. i.

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