‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 84 sur 183 · VINGTIEME RÉFLEXION · texte numérisé non relu

VINGTIEME RÉFLEXION

L*âme doit souvent prendre pour sujet de son oraison la misère où le péché l'a réduite, et il est bon de commencer par le souvenir de quelque mystère de la passion de Notre-Seigneur.

élas ! le moyen de méditer ce que ^ c'est que Thuniilité, lorsque je me sens encore tout absorbée dans mon orgueil, et que je ne puis faire autre

chose que vous prier d'enchaîner ma vaine gloire et mon ambition, qui, comme des chevaux furieux, entraînent mon âme dans le précipice de votre indignation?

Le moyen, au milieu de mille passions et de mille vanités qui occupent mon âme lorsque je viens à vos pieds, de vous entendre, de vous goûter, et de pouvoir faire autre chose que de gémir sur elle-même, pour me voir encore environnée, avec le Prophète-Roi, de ces chaînes de péchés qui lui faisoient sentir, comme il le dit lui-même, sa captivité et sa concupiscence , pendant que la douceur de votre grâce lui fàisoit sentir l'amour de votre loi?

Le moyen de s'élever vers le ciel, lorsque nous sommes encore si fortement attachés à la terre, et de méditer vos grandeurs et vos excellences, lorsqu'on se sent encore si fort enveloppé de ses misères propres, et dans un si grand et si pressant danger, que Ton ne peut faire autre chose que de vous crier miséricorde, et vous dire comme vos

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apôtres : « Seigneur, sauvezr-nous, car nous périssons! »

Cependant, mon Seigneur, comme le souvenir de votre passion ne doit jamais s'effacer de notre âme, faites, ô mon Dieu! que je commence toujours ma prière par le regard d'un mystère si plein d'amour, qui, attristant mon cœur par la vue de vos souffrances i le rendra plus susceptible des impressions de vos grâces, et plus capable de descendre avec fruit jusque dans le néant de lui-même.

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