VINGT-DEUXIÈME RÉFLEXION
Nécessité indispensable de la prière , sans laquelle, quelque efTort que Ton fasse , il est impossible de penser sérieusement à son salut.
u'esi-ce qu'une âme, ô mon Dieu!
dans le monde, sans oraison ? Je ne parle pas de celles qui ne sont chrétiennes que de nom, et qui, n'étsuit occupées que de leur corps et de leurs plaisirs, vivent plutôt comme des bétes brutes que comme des créatures raisonnables.
Mais je parle de ces personnes qui font quelquefois des réflexions sur elles-mêmes, et qui pensent pourquoi vous leur avez donné une intelligence supérieure aux animaux, et une domination sur vos autres créatures ;
Qui pensent s'il y a un Dieu ; c'est-à-
dire qui prennent plaisir à se convaincre qu'il faut être fou pour en pouvoir douter ;
Qui pensent comment il se peut faire qu'il y ait des personnes qui croient l'histoire d'Alexandre et de César, et qui puissent douter de celle de Jésus-Christ ;
Qui pensent si son Eglise qu'il a établie par douze pauvres pêcheurs, et fondée sur une infinité de miracles faits à la vue de toutes les nations, peut être révoquée en doute ;
Qui pensent si tant de millions de mar* tyrs, qui l'ont cimentée par leur sang, ne sont pas autant de témoins et de confesseurs de sa vérité ;
Qui pensent si toutes les prophéties de l'ancienne loi sur l'avènement et le règne de Jésus-Christ, dont nous voyons l'accomplissement, doivent passer pour des fables ;
Qui pensent si tant de mystères incompréheasibles à la nature humaine ne sont pas les purs effets de la toute-puissance de la grâce de Jésus-Christ, et de son amour infini envers sa créature ;
Enfin, qui pensent si tout ce qui se passe au dedans de nous-mêmes, cette conduite par laquelle Dieu nous conserve et nous châtie en même temps que sa lumière éclaire nos esprits, et que sa grâce touche si tendrement nos cœurs, sont des coups de hasard ou de cette adorable Providence, laquelle lie produit rien d^nutile, et qui ne serve à l'avantage et au bien des élus.
C'est donc pour ces personnes qui, au milieu des ténèbres de leur entendement, ne laissent pas d'être éclairées par les lumières de ces indubitables vérités, mais que la vanité aveugle bientôt après, que je pense, aussi bien que pour moi, qu'une âme dans le monde, sans prière, sans réflexion et sans consulter Dieu sur sa conduite, est comme un vaisseau sans pilote et sans gouvernail au milieu de l'orage, ou conjme une personne qui croit être bien éclairée, et qui cependant prend souvent le mensonge pour la vérité;
Que c'est une créature qui croit connoîtro Dieu, avoir la foi, l'espérance et la charité, et qui d'ordinaire ne connoît point d'autre Dieu que ses passions ;
Que c'est un voyageur dans une terre étrangère, sans guide et sans bousHole, qui ne fait qu'errer et s'éloigner de p\ué en plui de sa patrie;
Que c'est une personne qui est thm ïti précipice, et qui rejette la fteule cordi; qui l'en peut ûrer ;
Enfin,' que c'est uneinMrnsée qui pr^uA élever un palais magnifique; MUf^ (otuU^ ment; car le moyen de bàlir Y^Atlmt 4ét notre salut sans penser qu'il y a» un IfitcH^ H le moyen de garder sa 1/n et %^ f^mmtiêf^ démens sans les méditer ?
Le moven de doofier ujtj ffein kt ri^'/i/e langue et à toutes OiOis y^i^H^ A:ét^ fe |/(jin ntfiâe de leor peuriks^ait iw*/^^ ie \^/^tt% 4n oeL et le OK^eu de X^ÀAfxj^t ^îa i \m'^if^ rcr? Le mc^eu de u'csAs*^ y^i c^s^k ^. 'V^
94 REFLE7C10NS
verainement malheureux par la mort qui s'approche, si, pour se consoler, on ne pense pas qu'il y a une autre vie, une éternité, un Dieu, et si l'on n'y met pas toute son espérance?
Enfin, le moyen d'être une véritable chrétienne et d'aimer Jésus-Christ sans le connoître, sans penser qu'il est mort pour nous, et sans méditer sa vie, ses actions et ses saintes paroles ?