‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 88 sur 183 · VINGT-QUATRIÈME RÉFLEXION · texte numérisé non relu

VINGT-QUATRIÈME RÉFLEXION

Une âme que Dieu a fait revenir à lui le doit remercier tous les jours de lui avoir ouvert les ^eux pour connoître sa misère. — Écrire les résolutions qu'on a prises dans le temps de sa conversion, afin d'y voir les obligations sur lesquelles on sera jugé au terrible jugement de Dieu.

h ! Seigneur , qui ne faites jamais de miracles pour rien, n'estce pas pour voir accomplir dans mon âme les desseins de votre grâce que vous 'm'avez rendu la vie, c'est-à-dire, afin qu'une totale conversion de mon cœur me fasse passer d'un état de mort et (comme

parle le Pi'ophète-Roi) , des terreurs de l'enfer, dans les saintes dispositions où s^endorment dans le Seigneur tous ceux qui n'ont pas attendu ce dernier moment pour se convertir et pour mettre leur confiance en \os miséricordes?

Oui, Seigneur, je reconnois vos grâces dans vos justices même , et un continuel regard de votre Providence sur mon âme, dans tous les accidens de ma vie.

Car voilà pourquoi vous m'avez affligée, pourquoi vous me troublez, et changez sitôt mes désirs et tous mes sentimens, que je ne me reconnois quasi plus moimême.

Et voilà ce qui fait aussi qu'après avoir protesté avec une fidélité inviolable de vous servir, de vous aimer, et de mourir plutôt mille fois que de retomber jamais dans mon égarement, j'écris ce papier, de ma propre main, comme un registre de vos miséricordes , de mes plus intimes résolutions et de toutes vos adorables vérités.

Afin que, toutes les fois que je m^oublierai inoi->-méme, je me retrouve dans ce crayon que votre grâce me fait tracer sur le modèle de ce que je dois être ; afin que, toutes les fois que ma foi sera chancelante, mon espérance refroidie et ma charité quasi morte, et que je ne sentirai plus dans mon cœur que ^ la corruption de ii^a nature, je rappelle en mon âme, par la lecture de ce papier, le souvenir et le sentiment de vos bontés et de votre grâce.

Afin que, quand les faux brillans du monde m'imposeront de ces espérances vaines qui m'ont tant de foi^ trompée, je vienne mVn désabuser en les pesant au poids de leur juste valeur, c'est-à-dire en les regardant comme je les regarde présentement , et comme je les regarderai certainement à l'heure de ma mort.

Afin que, si je puis jamais oublier ce spectacle de mon agonie et de votre justice , où , ainsi qu'une pauvre criminelle sur l'échafaud, j'avois impatience de voir bienlôt

parle le Prophète-Roi) , des terreurs de l'enfer, dans les saintes dispositions où s'endorment dans le Seigneur tous ceux qui n'ont pas attendu ce dernier moment pour se convertir et pour mettre leur confiance en \os miséricordes ?

Oui, Seigneur, je reconnois vos grâces dans vos justices même , et un continuel regard de votre Providence sur mon âme, dans tous les accidens de ma vie.

Car voilà pourquoi vous m'avez affligée, pourquoi vous me troublez, et changez sitôt mes désirs et tous mes sentimens, que je ne me reconnois quasi plus moimême.

Et voilà ce qui fait aussi qu'après avoir protesté avec une fidélité inviolable de vous servir, de vous aimer , et de mourir plutôt mille fois que de retomber jamais dans mon égarement, j'écris ce papier, de ma propre main, comme un registre de vos miséricordes , de mes plus intimes résolutions et de toutes vos adorables vérités.

Afin que, toutes les fois que je m'oublierai inoi->'niême, je me retrouye dans ce crayon que votre grâce me fait tracer sur le modèle de ce que je dois être ; afin que, toutes les fois que ma foi sera chancelante , mon espérance refiroidie et ma charité quasi morte, et que je ne sentirai plus dans mon cœur que la corruption de nia nature, je rappelle en mon âme, par la lecture de ce papier, le souvenir et le sentiment de vos bontés et de votre grâce.

Afin que, quand les faux brillans du inonde m'imposeront de ces espérances vaines qui m'ont tant de foi^ trompée, je ^enne m'en désabuser en les pesant au poids de leur juste valeur, c'est-à-dire en les regardant comnae je les r^arde présen- ^ment , et comme je les regarderai certainement à llieare de ma mort.

Afin qœ^ â je puis jamais oublier ce spectacle de mon agmiie et de votre justice , ou, ainsi qu'une pauvre criminelle sur Té- ^nafaud, j'avcHS impatience de voir bientôt

finir tous ces apprêts de mort, je me reconnoisse encore en lisant cet écrit dans ce même lit où les médecins d^un côté et les prêtres de l'autre parloient aussi peu sûrement sur ma vie que sur mon âme , et où , comme une pauvre bête, je ne pouvois rien pour mon salut.

Oui, Seigneur, j'écris de ma propre main cet abrégé de vos miséricordes et de la vérité de vos jugemens sur tous les pécheurs, afin d'y pouvoir lire tous les jours l'arrêt de mon éternelle réprobation, si j'abuse davantage de vos bontés , et une certitude lie mon salut et de l'éternelle jouissance de vous-même, si je vous suis fidèle.

O Dieu de mon salut, qui tenez mon âme et mon éternité entre vos mains; vous qui venez de me retirer de la poussière du tombeau, qui me couronnez de miséricordes, et qui remplissez mon âme de tant de saints désirs, afin de la renouveler comme la jeunesse de l'aigle; vous qui nous promettez que votre colère ne sera pas éternelle en-

SUR LA MISÉRICORDE DE DIEtr. 103

vers ceux qui vous craignent, que vous ne leur rendrez pas ce qu'ils ont mérité par leurs péchés, et qu'autant que l'Orient est éloigné de l'Occident, vous avez éloigné de vous leurs offenses ; vous qui assurez que , comme le père a pitié de son propre enfant, vous avez compassion de nous , parce que vous savez notre foiblesse, que nous ne sommes que poussière, et que nos meilleurs sentimens ne sont que passagers dans notre àme ]

Enfin, vous, ô mon Dieu ! qui tirez de l'énormité de nos crimes le sujet de vos miséricordes , et qui seul pouvez nous convertir, convertissez mon cœur ;

Parce que mon âme est humiliée, et que Taffliction de vous avoir déplu me perce de crainte et de douleur ;

Parce que mon âme a mis toute sa confiance en vous , et qu'elle ne fait plus icibas que languir après votre aimable présence.

Mais plus que tout cela, mon Dieu , exau-

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