REFLEXIONS, ETC
cez mon humble prière, parce que je vous ai choisi pour le bien-aimé de mon âme, et que votre miséricorde surpasse toutes vos autres œuvres.
Enfin, Seigneur, ayez pitié de moi, parce que je suis pauvre et misérable , et que vous êtes infiniment riche et miséricordieux.
DE
LA DUCHESSE DE LA VALLIÈRE
BT
108 LETTRES AU MABÉCELAX
bonheur , mais je n'y suis pas encore parvenue, et j'ai besoin des conseils de mes amis pour ne me laisser pas aller souvent à ces troubles que vous connoissez; cependant, je vous assure que je me souviens fort bien de nos dernières conversations, et j'ai la vanité de vous dire que j'en ai profité, et que je fais, ce me semble, des merveilles. Je voudrois que vous en pussiez juger, car souvent on se flatte sans s'en apercevoir. Je vous écris avec liberté, parce que je sais que la voie par où va ma lettre est sûre; vous savez que toutes ne sont pas de même. Ne m'oubliez, pas , je vous prie , et soyez persuadé qu'on ne peut être plus sincèrement que je le suis, votre très-humble servante.
Versailles, ce 4 novembre 1673.
n ne sauroit être plus reconnoissaate que je le suis, monsieur, des peines que vous continuez de prendre pour moi. Je désire de toute mon âme pouvoir y répondre de la manière que vous le souhaitez ; mais, en quelque lieu que je sois, j'ai grand'peur de n'être pas digne d'obtenir aucune grâce. Avant tout, il faut se mettre en état d'en demander.
Vous me donnez une grande joie de m'assurer que je serai reçue quand j'aurai la force de me tirer d'ici. Je crois que c'est en savoir assez pour le temps présent. Je tâcherai de vous faire une visite à votre rc-
bonheur , mais je n'y suis pas encore parvenue, et j'ai besoin des conseils de mes amis pour ne me laisser pas aller souvent à ces troubles que vous connoissez; cependant, je vous assure que je me souviens fort bien de nos dernières conversations, et j'ai la vanité de vous dire que j'en ai profité, et que je fais, ce me semble, des merveilles. Je voudrojs que vous en pussiez juger, car souvent on se flatte sans s'en apercevoir. Je vous écris avec liberté, parce que je sais que la voie par où va ma lettre est sûre; vous savez que toutes ne sont pas de même. Ne m'oublie/, pas , je vous prie , et soyez persuadé qu'on ne peut être plus sincèrement que je le suis, votre très-humble servante.
LE:rTRE IL
Versailles, ce 4 novembre 1673.
n ne sauroit être plus reconnoissante que je le suis, monsieur, des peines que vous continuez de prendre pour moi. Je désire de toute mon âme pouvoir y répondre de la manière que vous le souhaitez ; mais, en quelque lieu que je sois, j'ai grand'peur de n'être pas digne d^obtenir aucune grâce. Avant tout, il faut se mettre en état d'en demander.
Vous me donnez une grande joie de m'assurer que je serai reçue quand j'aurai la force de me tirer d'ici. Je crois que c'est en savoir assez pour le temps présent. Je tâcherai de vous faire une visite à votre rc-
tour, et j^espère que Dieu nous assistera Tun et l'autre.
Je suis si foible que je ne mérite pas les grâces qu'il me fait; mais j'ai une grande confiance en sa bonté et dans les prières que vous me promettez. Remerciez, si l'occasion s'en présente, les personnes charitables dont vous me parlez, et croyez que je suis bien persuadée que, sans vos bons avis, je ne serois pas aussi ferme et aussi résolue que je le suis. Je sens vivement tout ce que je vous dois, et je ne l'oublierai de ma vie.
sur mon sort ; je ne sais pas pourquoi Ton parle, car je n'ai rien fait qui soit mar- ^ que ; je crois que c'est Dieu qui le permet pour m'attirer à lui plus vite. C'étoit là l'occasion, et je Vaurois saisie avec empressement ; mais je ne sais si , avant de faire \ aucune démarche , je ne suis point obligée j de me guérir. Je vais consulter nos mères là-dessus , et puis je finirai tout de suite, si elles le jugent à propos. Priez pour moi, et croyez que je ne vous oublierai jamais devant Dieu.
nom) ; mais Dieu est si bon et si miséricor — dieux qu'il m'envoie des consolations san^* nombre, et chaque instant m'enflamme d9 son amour si fortement, que je n'imagine plus d'autre plaisir que l'espoir d'être à lui sans réserve. Quelles grâces! monsieur le maréchal, et par où les ai-je méritées? Il faut me sacrifier entièrement pour reconnoître ces faveurs infinies, et pour réparer le nombre d'années que j'ai passées à l'ofifenser. Je sens partout que^ malgré la grandeur de mes fautes, que j'ai présentes à tout moment, l'amour a plus de part à mon sacrifice que l'obligation de faire pénitence. J'ai vu M. de Condom, et lui ai ouvert mon cœur 5 il admire la grande miséricorde de Dieu sur moi, et me presse d'exécuter surle-champ sa sainte volonté; il est même persuadé que je le ferai plus tôt que je ne crois. Depuis les deux jours que je ne l'ai vu, le bruit de ma retraite s'est si fort répandu que tous mes amis et mes proches m'en ont parlé. Ils s'attendrissent d'avance
sw uion sort ; je ne sais pas pourquoi Ton parle, car je n'ai rien fait qui soit mar- ^ T^Cjje crois que c'est Dieu qui le permet pour m'attirer à lui plus vite. C*étoit là Toccasion, et je Vaurois saisie avec empressement; mais je ne sais si, avant de faire \ aucune démarche, je ne suis point obligée j de me guérir. Je vais consulter nos mères là-dessus, et puis je finirai tout de suite, si elles le jugent à propos. Priez pour moi, et a*oyez que je ne vous oublierai jamais devant Dieu.
Versailles, ce 29 novembre 4673.
e suis sans doute bien plus heureuse que je ne mérite de l'être, surtout après avoir fait tout ce qu'il falloit pour me rendre éternellement malheureuse. Qui jamais a mieux éproufé que moi l'effet de ces paroles : Où le péché a abondé j la grâce a surabondé ? Ef de quelle manière encore la grâce est-elle venue en moi? Je ne l'ai point cherchée; elle m'a prévenue en m'inspirant le dégoût du monde et des faux plaisirs dont mon âme s'étoit enivrée. Je tremble à la vue de l'état afGreux dans lequel j'étois, et je frémis d'y retomber. Je suis la plus criminelle des créatures; serois-je encore la plus ingrate? Non, mon
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Saint- Germain en Lnyc, ce 6 décembre 1673.
ous serez surpris d'apprendre par d'autres que par moi les bruits qui courent dans le monde sur ma retraite aux Carmélites ; cela s'est pu-, blië depuis dix a douze jours, sans que j'aie rien fait que ce que vous avez vu avant votre départ. Je crois que Dieu l'a permis pour me mortifier ; cependant je ne sais pas encore quand je sortirai d'ici. On me fait mille difficultés sur le temps ; qu'il me paroît long , et que j'ai d'impatience de voir arriver le moment ? Je vous jure que j'agis de bonne foi, et je me sens, par la grâce de Dieu, plus vivement touchée et plus ferme que jamais. L'on me traite avec beau-
coup de bonté : cela m'engage à plus de \ roénagemens pour exécuter avec douceur ce que j'ai très-vivement résolu. M. de Con- <Jom, que je consulte «ur ce que je dois faire, nie donne ses conseils ; ce qu'il me dira sera ma règle. En vérité, tout ce que je vois augmente en moi l'envie que j'ai de me consacrer entièrement à Dieu . La mère Agnès * aura la bonté de vous instruire un peu plus particulièrement que moi de tout ce qui se passe à mon sujet. Je suis si pénétrée de reconnoissance des bontés de Dieu, que rien ne seroit capable, à l'heure qu'il est, de me faire changer de résolution. La lettre que vous m'avez écrite me fait peine ; vous me paroissez moins tranquille que quand vous êtes parti. Cependant, puisque Dieu vous choisit pour le lieu où vous êtes, offrez-lui vos peines, et bien loin de vous en affliger, goûtez le plaisir de sentir qu'elles viennent
1 . Tante du maréchal de Bellefonds. (Voir la notice la concernant, à l'Appendice, t. II, p. 241 )
persévérer. J'espère cependant que le Seigneur sera touché de mes larmes, et qu'il ne rejettera point le^ prières de ses serviteurs fidèles , dont vous êtes du nombre , qui réclament pour moi sa miséricorde.
De mon côté, si ma voix pouvoit être entendue de Dieu^ je vous assure que vous lui offririez d'un cœur égal le bien et le mal qui vous peut ari'iver. Je ne doute pas que vous ne le fassiez , mais il est bon de vous le dire encore, pour vous y faire mieux penser. Espérons donc, et prions sans cesse ; avec cela Ton va loin. Dieu n'abandonne point ceux qui veulent absolument se donner à lui. Je suis pénétrée de ce que je vous dis, et cela me console dans mes afflictions. Mes affaires n'avancent point, et je ne trouve nul secours dans les personnes dont j'en pouvois attendre ; il faut que j'aie la mortification d'importuner le maître, et vous savez ce que c'est pour moi. Le monde, à ce que l'on dit , désapprouve mon procédé , mais j'aurois grand tort de m'en plaindre.
DE BELIJEFœi]>S. 121
Pourquoi le inonde m'^argneroit-il, quand je n'ai pas craint d'ofTenser Dieu à la face <lu monde? Je yousayouerai cependant que j'y suis sensible ; c'est un effet de TaniGurpropre, qui veut que les autres nous approuvent, quand même nous sommes forcés de nous condamner. Mais qu'est-ce que les discours des hommes, en comparaison de mes actions? Je voudrois y être cent fois plus sensible encore, afin d'en faire un sacrifice à Dieu qui (ùt plus digne de lui. Si vous étiez ici, vous me seriez d'une grande
consolation ; je sens tout le besoin que j'ai
de TOUS. Recommandez-moi du moins à Dieu; j'attends tout de sa bonté; il m'a trop fait de grâces pour m'abandonner.
LETTRE VII
Saint-Germain en Laye, ce S6 janvier 4674.
e viens de recevoir votre lettre, qui mV donné une grande con« isolation; mais je suis en peine de celles que vous m'avez écrites par M. de Condom ; il est bien fâché de n'avoir eu que celle d'aujourd'hui à me rendre. Faites, je vous prie, ce que vous pourrez, pour savoir ce que sont devenues les autres ; je serois mortifiée de les perdre, elles me sont trop utiles , et je vous assure que celle que je viens de recevoir m'a fait un bien admirable par les conseils que vous m'y donnez. Je tâcherai d'en profiter, et de répondre de mon mieux aux grâces que Dieu me fait. Quoique je ne doute pas de
votre persévérance au service du Seigneur,
je ne laisse pas d'être ravie quand je vous vois
dans ses seutimens si pleins d'amour de Dieu.
Je vous ai écrit par madame de Scliom-
terg une grande lettre ; je ne sais si vous
l'avez reçue. Celle-ci est bieiï décousue;
pardonnez-le-moi, je vous prie ; mais le
temps me presse , et j'ai , ce me semble ,
tant de choses à vous dire, que cela me
trouble et m'embarrasse. J'espère que Dieu
me fera dans peu achever mon dessein ; je
l'en conjure de tout mon cœur ; il nous
donne un grand exemple à suivre dans la
personne de M. de Grenoble * . S'il est au-
' dessus de nous de pouvoir marcher comme*
lui à pas de géant, du moins suivons-le des
yeux. Priez-le de nous recommander à Dieu,
1 . Etienne Le Camus, né à Paris, en 1632, d'une famille de robe, mena d'abord une vie très-dissipée. Plus tard, il se convertit. Nommé évéque de Grenoble en 1671, il édifia son diocèse par la vie la plus austère. Il fut ensuite fait cardinal en 1686, et mourut e^ 1707.
Tun et l'autre, et soyez bien persuadé que je ressens vivement les bontés que vous me témoignez.
LETTRE VIII
Versailles, ce 8 fémer 1674.
ous craignez pour moi y et vous avez raison, puisque je suis encore I ^^i^^^ ici. Que voulez-vous ? je suis la * foiblesse même. Cependant je travaille à' sortir du péril; c'est peut-être trop nonchalamment, je le dis à ma honte; mais je vous assure que c'est de bonne foi, et avec dessein que ce soit au plus tôt.
J'arrive des Carmélites; on y prie pour vous et pour moi , et c'est de là que nous devons attendre notre secours.1 Je n'ai plus la hardiesse de vous rien dire de moi-même;
DB BEIXEFCniDS. 125
je suis trop méprisable pour qu'on puisse ^uter les avis que je pourrois donner , et je renonce à le iaire, jusqu'à ce que j^aie prêché d'exemple. U Ëiut commencer par 'à quand on vent bien persuader. Gela ne n^'empêchera pourtant pas de vous rem^cier de vos lettres dans toutes les occasions ; elles me touchent , elles m'édifient et me étonnent des forces pour surmonter ma foil>lesse. Est-il besoin de vous en dire davantage pour vous engager à m'écrire plus souvent ? J
/^ Je suis au désespoir de me voir encore si peu avancée, et vous ne sauriez me faire plus de honte que je ne m'en fais à moi-même ; je suis cependant plus affermie que jamais , et quand on me donneroit tontes les grandeurs du monde, je ne changerois pas l'envie seule d'être carmélite contre leur possession. Je ne tiens plus qu'à un fil; aidez-moi, je vous prie, aie rompre ; grondez, menacez, traitez-moi durement s'il le faut ; faites enfin tous vos efforts pour m'inspirer du zèle et
du courage ; tout me servira , et vous save* que, par la grâce de Dieu, je profite um peu des conseils de mes amis. J^ai tant de confiance aux vôtres, et je m'en suis si bien, trouvée jusqu'ici, que vous devez ne pafi vous rebuter de ma foiblesse. Il est vrai que j'en ai plus que personne ; mais la cbarité vous donnera de la force et pour vous et pour moi. Je n'ai plus qu'un pas à faire; mais j'ai de la sensibilité , et Ton a eu raison de vous dire que mademoiselle de Blois m'en a beaucoup inspiré. Je vous avoue que j'ai eu de la joie de la voir jolie conune elle étoit ; je m'en faisois en même temps un scrupule ; je l'aime, mais elle ne me retiendra pas un seul moment ; je la vois avec plaisir, et je la quitterai sans .peine. Accordez cela comme il vous plaira , mais je leT sens comme je vous le dis. Il faut que je parle au Roi, et voilà toute ma peine ; demandez à Dieu qu'il me donne toute la force dont j'ai besoin dans cette occasion. Quitter la cour pour le cloître, ce n'est point là ce
qui me coûte ; mais parler au Roi, oh ! voilà i»on supplice. Je m'expose à vous telle que J6 suis ; ne m'en aimez pas moins , je vous prie , et que la pitié fasse en vous sur mon ^'^jet ce que l'estime fait en moi sur le vôtre.
Versailles, ce 47 février 1674,
'est le défaut d'occasion, sans doute, qui vous empêche de recevoir de mes lettres 5 vous verrez, par la date, que je 'vous fais réponse exactement , et je vous assure que c'est avec plaisir. J'ai fait lire à M. de Condom, ce soir, les dernières lettres que j'ai reçues, il les admire, et moi j'en suis pénétrée. Enfin, monsieur, j'avance, mon courage augmente, et je crois que Dieu achè-
vera bientôt son ouvrage ; cependant je crains, et je craindrai toujours, jusqu^à ce que je sois absolument hors de danger. Je connois ma foiblesse , et tant d'esprits supérieurs au mien sont tombés de plus haut que je ne ferois, que cela me fait trembler. Je prie Dieu de me garder de moi-même; je le prie de me donner de nouvelles forces pour me soutenir, et de combler en vous la mesure de ses dons. Je me sens si pressée de reoonnoissance pour tout ce que je vous dois, que je ne serai jamais en état d'obtenir de grâces, que celle de votre salut ne soit la première que je demande. En attendant, continuez-moi vos conseils et vos prières, et, s'il plaît à Dieu, tout ira bien; le temps me presse, et je finis.
DE BELLERONDS. 129
Ce 4 mars 4074.
uand vous verrez la date de mes lettres, je serai justifiée auprès de vous de la négligence dont vous m'accusez ; il faut bien qu'on n'ait pas eu occasion de vous les envoyer. Je serois au désespoir que vous me crussiez capable d'oublier mes devoirs, et c'en est un pour moi très-agréable de répondre aux volumes (puisque vous appelez ainsi vos lettres) dont vous craignez que je n'aie été importunée. En vérité, vous avez donc oublié, monsieur, comme j'ai le cœur, même selon le monde ; et, selon Dieu, vous m'offensez encore plus sensiblement. Je croyois que vous me connoissiez
mieux depuis tant d'années , et que voii^ auriez eu une meilleure opinion de moi« Je n'en reconnois pourtant pa§ avec moin^ de plaisir les obligations infinies que je vou^ ai ; mais rendez-vous un peu plus de justice^ et vous jugerez de moi plus équitablement» J'ai pour vous la plus parfaite estime, et d'ailleurs vos lettres respirent si fort l'amour de Dieu, qu'on ne peut les lire sans en être vivement touché. Puis-je en vérité n'être pas ravie en les recevant? et quelle raison pouvez-vous trouver pour excuser l'offense que vous me faites ? Ecrivez, écrivez, je vous en conjure, toutes les fois que vous en trouverez l'occasion, et j'en ferai de même. Fortifiez-moi de vos conseils; voilà le temps qui approche où j'ai besoin de secours plus que jamais. Demandez des prières pour moi ; redoublez les vôtres, et continuez ce que vous avez commencé; Dieu vous recompensera des grâces mêmes que vous m'aurez obtenues de sa miséricorde. Nous avons le père Bourdaloue, qui
im
nous £ut des semiims ailmii'flijies . je vondrois que vois les finteniitsHex, je snk sure ({oe TOUS en «eiâez xbyL Gnmme -vous «tes Gonfiimé dans le Inea, irois en profitetiez I>eauooup nûeizs^ que moi, gui n'ai que le désir de le faire, avec miOe dflfimfe qui mW enopéciieiit. Je &ii&, de penr d'-étre uopomme, et je suis tout à yrou^ La pan- ^ numéduile* mms feût ses oonmlnDeiis^ ^^ «XMiscîenoe est dans le même état qn^à
Wancy.
t. MaMJfipânp Fosgoet, SSk de Jean Foogiiety ^^^^HrdeCliiMiametânSDiilay, préûdeiità ^^^HancBt ae BttSagK, nantie 27 déocaiâire i^5 ^ tMi^nb de B^k^nck, sorte k9§ un 1716.
Ce 19 mars 1674.
nfin, je quitte le monde ; c'est sans regret , mais ce n'est pas sans peine ; ma foiblesse m'y a retenue longtemps sans goût, ou, pour parler plus juste , avec mille . chagrins. Vous en savez la plus grande partie, et vous connoissez ma sensibilité; elle n'est point diminuée, je m'en aperçois tous les jours, et je vois bien que l'avenir ne me donneroit pas plus de satisfaction que le passé et le présent. Vous jugez bien que, selon le monde, je dois être contente, et selon Dieu , je suis transportée. Je me sens vivementpressée de répondre aux grâces qu'ilme fait, et de m' abandonner absolument à lui.
Tout le monde part à la fin d'avril ; je pars aussi, mais c'est pour aller dans le plus sûr chemin du ciel. Dieu veuille (jue j'y avance, comme j'y suis obligée, pour obtenir le pardon de mes fautes ! Je me trouve dans des .dispositions si douces et si cruelles , mais en même temps si décidées (accordez cette opposition qui est en moi), que les personnes à qui j'ouvre mon cœur, admirent de plus en plus l'extrême miséricorde de Dieu à mon égard.
M. le Dauphin fait le voyage; je perds M. de Condom, que j'avois engagé à faire le sermon de ma prise d'habit ; s'il n'est pas revenu dans le temps qu'on méjugera capable de le prendre, je crois que je choisirai le père Bourdaloue. Il nous a prêché une Passion merveilleuse et propre à toucher les cœurs les plus endurcis ; je l'ai même entretenu, il y a peu de jours ; il me plaît fort, et il est tellement pénétré des vérités qu'il prêche, que vous en êtes persuadé d'avance.
Pour M. de Condom, c'est un homme admirable par son esprit, sa bonté et son amour pour Dieu. Je ne manquerai pas de l'engager à continuer de vous écrire; de votre côté, exhortez-le aussi à n'avoir que le moins de commerce qu'il pourra avec ces gens dangereux.... vous m'entendez bien.
Ses intentions seront toujours de la dernière pureté, mais il faudroit en avoir autant que lui pour en juger équitablement. C'est le voyage qu'il va faire, qui me fait parler ainsi. Vous savez qu'à Tournai on étoit obligé de se communiquer plus qu'on n'auroit voulu, et l'on ne peut être trop sur ses gardes. Il est bien hardi à moi de donner des conseils; mais l'on pardonne tout à une demi-pénitente, qui espère l'être bientôt tout à fait. Je suis très-obligée à M. de Grenoble de me parler comme il fait ; vous savez que la dureté ne me déplaît pas, et qu'elle ne m'a jamais fait peur, malgré la délicatesse de mon tempérament* Je ne l' écouterai plus que pour aimer
Dieu ; et, pour m'aimer pioins, je tâcherai de vous imiter.
Continuez-moi vos prières et vos conseils, et je vous promets, en reconnoissance, de ne vous oublier jamais devant Dieu.
LETTRE XII
Des Carmélites, ce 22 avril 4 674.
1 y a deux jours que je suis ici ; j'y gpi\te une tranquillité' et une satisfaction si pure et si parfaite, que je suis dans une admiration des bontés de Dieu, qui tient de l'enthousiasme. Mes liens sont rompus par sa grâce, et je vais travailler sans cesse à lui rendre toute ma vie agréable , pour lui marquer ma reconnoissance. Je n'entrerai dans aucun
LEITRES AU MARECHAL
détail aujourd'hui ; il vous suffira de me savoir en sûreté. Remerciez notre Seigneur pour moi ; je le prierai avec ardeur pour vous. Faites quelques complimens à M. de Grenoble, de la demi-pénitente, et me croyez tout à vous. Il est trop tard pour en dire davantage ; adieu.
LETTRE XIIT.
Ce iZ juillet IG74.
e prie le Seigneur de nos âmes d'embraser votre cœur du feu de son amour, et de vous inspirer
cette soif ardente dont vous désirez tant
d'être consumé.
J'entre si fort dans vos sentimens, par la
reconnoissance et par l'amitié qui nous
lient, que je ne cesse de demander à Dieu,
avec la plus vive instance, qo'il toi» àtfttm de Y état où vous me mandez que iroo» rCe»^ quoiqu'il ne me poroifie pa» amn dantge» reux qu'à tous. Ueztiéme fooMMionde»»
prit où je tous toî^ soflb pow le wtmtite ausâ méritoire et peiit«élie mtee pfa» i|«r celui de la plus grande (tnrtmt ; <ar, dMW Tun, ramour*propre est à craiftdfie; et pourvu que dans Fastre os foit Aftsle H patient. Ton a tout à espérer. 0 ÊMit ^Artm donner à la Providence* et «^^vn himer conduire sans nous mettre tm pMMr pdir quel chemin. Si c'est par vAm de b ^%t0^ ressp, Dieu noosdMwera le t:fmnf^ hp^xj^ saire pour la soutenir ; « <i'e«t pur b v/>«e de la doocenr, demaïaAafct^^Vwi fimmiSài dn oœor et de FcspriL. aéan de 1m uc»tA$^.. par notre amoor, thf.mmâitç^ de t^jf^m^m^ sanœ qne nons deroa» a «f i^viH^.
En voilà aosex po«r «ta^e immmM jk^^j^ que le ciel comlilt^ V>«ft V^ /.««f% 4^ uf^¥t^^ les grâces, et ^ wt «<iCc -'/•/«MKu^'îat lUi*^ poor T rrpw^irr. ^û- «- iif/i;ijA^Mjrfi#^, yi*t^c
et puisque c'est vous qui m'avez, pour ainsi dire, remise entre les mains du Seigneur, entretenez-moi sans cesse de ses miséricordes et dermes devoirs. Adieu ; je vais de ce pas vous recommander à celui à qui nous devons tout.